Scierie Sirop Bois – Une dernière coupe pour la cathédrale Notre Dame de Paris

Reconstruire à l’identique la flèche de la cathédrale Notre Dame de Paris ainsi que la charpente, a été la décision du Président Emmanuel Macron. L’incendie de cet illustre monument parisien a marqué les esprits le 15 avril 2019. Le chantier est colossal et redonner à la cathédrale son identité d’antan a nécessité et nécessite toujours de recourir aux meilleurs ouvriers. On reconstruit comme avant, c’est-à-dire au XIIIe siècle avec du bois de chêne.

C’est là qu’intervient en tant que mécène la Scierie Sirop Bois installée à Saint-Berain-sous-Sanvignes depuis 1895. Une jeunette par rapport à la cathédrale. Car du chêne, il en faut et en grosse quantité, 1200 m3 soit 1500 arbres. « Nous avons tout de suite donné notre accord pour participer à l’effort national » rappelle Jean-François Sirop qui gère la scierie avec son frère Philippe et son fils David.

Ils sont une quarantaine de scieries en France à couper les meilleurs chênes des forêts françaises. Cette fin de semaine, chez Sirop, marquait la fin du travail, les derniers mètres cubes ont été débités selon des caractéristiques bien précises. Chaque pièce a un numéro de matricule. Une fois la charpente et la flèche reconstruites, il sera possible de tracer chaque poutre, chaque bois, connaître d’où vient le chêne et qui est le scieur.

La Chine, un véritable fléau 

A Saint-Berain, la scierie Sirop a fait ce qu’on lui demandé en pièces, c’est-à-dire 80 m3 de chêne. Désormais le bois va sécher à l’air libre pendant un an. Associer le nom Sirop à la reconstruction de la cathédrale de Paris est un véritable honneur auquel Jean-François Sirop a voulu joindre les propriétaires forestiers qui ont assisté aux dernières coupes.

Cet élan national  a néanmoins fait naître des tensions chez les scieurs, principalement en Alsace. « Ils n’ont pas joué le jeu » regrette le patron. Il va même au-delà de cette guéguerre interne franco-française et pointe du doigt la Chine. « Ce pays pose un gros problème » dit-il dans la froideur d’un matin de novembre. Chaque année, les Chinois achètent davantage de bois en France, « + 30% encore cette année ».

La Chine, non seulement achète de plus en plus de bois mais à tous les prix. « Vous mettez 200 €, les Chinois proposent 250 €. Vous offrez 300, ils mettent 350. Pour 50 € de plus, tout part en Chine ce qui risque ainsi de mettre en péril nos scieries » débite Jean-François Sirop.

La France a quand même évité l’affront de vendre du chêne à la Chine qui aurait très bien pu nous le revendre pour reconstruire Notre Dame de Paris. Mais pour combien de temps ?

Jean Bernard

Saint-Berain-sous-Sanvignes – La scierie Sirop Bois à Notre-Dame de Paris pour des siècles et des siècles – L’infoRmateur de Bourgogne (linformateurdebourgogne.com)

Un commentaire :

  1. Bravo à cette entreprise, d’aider à la conservation de notre patrimoine par sa générosité.

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