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Montceau – Une bonne assiette de Coquillette pour la route

« Quand on partait de bon matin
Quand on partait sur les chemins
À mobylette… »

Sacré Yves Montand. Vous l’avez vu ? Qui, Yves Montand ? Non, Coquillette.

Qui c’est celui-là ?

Un mec avec un casque bol sur une mobylette dans un costume de l’armée russe aux couleurs de sa Peugeot 104. Il ne peut pas passer inaperçu quand même surtout dans les rues de Montceau-les-Mines un jour de marché comme ce samedi matin !

Ah oui ! Un frapadingue qui pour un oui pour un non s’arrête et alpague les gens pour leur raconter des histoires à dormir debout.

Oui, c’est lui. Il s’appelle Coquillette. Il parle comme un artiste de théâtre, tu sais, il ouvre la bouche tellement grand qu’on voit toutes ses dents. Y cause bien. Il dit des choses qu’on a pas l’habitude d’entendre. Ben oui, vous savez la culture, y’a une ministre qui se dit de la culture mais qui ferme tous les théâtres et les salles de spectacle. Là-haut, à Paris, ces mecs qui sont plus intelligents que nous parce qu’ils sont derrière un bureau, y disent que le culture, c’est pas essentiel, qu’on peut s’en passer, qu’il vaut mieux aller travailler que se divertir parce que le méchant virus, il a même un nom de code comme James Bond, covid-19, il nous veut du mal. Faut pas côtoyer ces gens-là, ils vont te contaminer.

Je comprends mieux pourquoi Coquillette dit : « Prenez soin de vous », tu sais comme la nana de la météo sur TF1 qu’on a l’impression qu’elle va sortir de l’écran pour venir te prendre dans ses bras.

Avec Coquillette, c’est différent. Il est gentil. Lui, il aime se poser aux pieds des gens. Ils n’ont rien demandé mais Coquillette, c’est plus fort que lui, faut qu’il parle. Même les enfants l’écoutent. Tu crois pas qu’il veut prendre la place à Jarrot à la mairie ?

Ces mecs qui ont du bagout, ils ont vite fait de te tourner la tête.

Oui mais Coquillette c’est différent. C’est joli ce qu’il dit même si, je crois, il n’y connaît rien en cuisine. Il veut faire bouffer de la mousse au chocolat avec du ketchup à un gamin. Mais tu rends compte, dire ça chez nous, au pays de la gastronomie ! On voit bien que le gars doit pas manger à sa faim tous les jours. C’est ça les artistes, ils se nourrissent de textes et veut te faire avaler des trucs auxquels tu comprends rien. Tu connais, toi, les racines du mal de Beaudelaire ? Ben non, c’est p’être un joueur de l’OM parce que là-bas, le mal il est dans les racines du stade Vélodrome, c’est profond.

Coquillette, c’est vrai, il est pas comme toi et moi. Il prend ses désirs pour des réalités. Y dit que que le printemps apporte le désir mais moi, mon désir, c’est qu’on me fiche la paix. Qu’on me donne le droit d’aller au ciné, au spectacle, de voir qui je veux quand je veux.

Quand même sympa sa mob.

Tu te souviens quand j’avais la mienne et qu’on partait de bon matin, quand on partait sur les chemins…

Jean Bernard

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