Saint-Vallier/Génelard – Metalliance : Jean-Paul Meunier, l’homme qui a le pouvoir d’arrêter

Il frise les 70 ans. Dans quelques jours, Jean-Paul Meunier va tirer sa révérence. Le vendredi 31 août 2018 au soir, Metalliance sera orpheline et quand bien même son départ a été planifié, c’est une figure emblématique qui va partir à la retraite.

« Alors, c’est bientôt les grandes vacances ! » Combien de fois ne l’ a-t-il pas entendu ces derniers temps. Et, toujours avec le sourire qui le caractérise, Jean-Paul Meunier acquiesce et rétorque, « je suis encore là ». Ce n’est pas qu’il s’accroche à son poste de directeur délégué de Metalliance, il veut tout bonnement profiter jusqu’au bout, grappiller la moindre miette, le moindre instant où, sans le dire, sans le montrer, on le voit s’imprégner de ce qui fut à la fois sa vie de patron et son passé d’homme.

Entre Saint-Vallier et Génelard, c’est tout un pan de sa vie qui s’y trouve gravé, où tout a commencé, où comme sur une partition, tout s’achève d’une double barre. Même le plus bel opéra a une fin. Seul l’air vous trotte dans la tête pour prolonger le plaisir.

Fils d’ouvrier forgé par ses pairs

Génelard, il y est né et toute son enfance et sa carrière ont été jalonnées par des rencontres qui ont fait Jean-Paul Meunier. Ces parents d’abord. « Mon père a fait de moi un homme. Avec ma mère, il m’a inculqué les valeurs humanistes, la générosité, l’honnêteté, les respect envers les autres », dit-il d’un air plus grave. De merveilleux professeurs de vie, « même avec un père ouvrier et adhérent CGT ». Et comme un symbole de l’éclosion sociale, lui, Jean-Paul Meunier a été le patron de son père chez NOFEM avant que Metalliance ne vienne absorber NOFEM et ADVENS en 2000.

Fils d’ouvrier, Jean-Paul Meunier se démarquait par ses capacités à étudier ce qui n’échappa pas à son instituteur Monsieur Jeanin. « Il voulait absolument que je réussisse » se souvient-il. D’autres, les professeurs Bernard Pommelet et Fernand Fraizy ont beaucoup compté, alors que Jean Bletton _ il a créé NOFEM _ a été « mon père économique. C’est lui qui m’a appelé quand j’étais encore à l’armée ».

Evoquer la carrière de Jean-Paul Meunier, notamment ses 20 ans à la direction bicéphale de Metalliance avec Jean-Claude Cothenet pour PDG, même un livre ne suffirait, encore moins pour retracer ses 46 années de carrière. Sans compter son passé de maire de Génelard et de conseiller général du canton de Toulon-sur-Arroux.

Il a parcouru le monde et maintenant sa cave

C’est l’homme qui nous intéresse, passionné par son travail, infiniment proche des autres, féru d’art, de théâtre et d’opéra, « je vais avoir de quoi m’occuper » lance-t-il avec ravissement. Cet homme combatif quand il devait négocier un contrat à l’autre bout du monde et qu’arrivait cette poussée d’adrénaline en pensant aux 140 emplois de l’entreprise qui pesaient sur ses épaules. « C’est jouissif » admet-il.

Cet homme qui reconnaît que « le fric n’a jamais guidé mon action » mais que le pouvoir, celui de créer, innover et de gérer s’est imposé à lui, que Metalliance a fait le pas à l’international par la volonté de ses dirigeants _ en 2007 notre chiffre d’affaires était de l’ordre de 7% à l’étranger,  en 2017 il représente 67% du CA, souligne-t-il _ , qu’il est plus un homme de produit avec un bon relationnel, que tout cela, finalement « va me manquer ».

Jean-Paul Meunier a parcouru le monde, « je suis allé partout ». Du 8 août au 20 décembre 2017, il a passé 237 heures dans l’avion pour aller négocier les contrats en compagnie de Patrick Dubreuille. Aujourd’hui, les trajets entre Saint-Vallier et Génelard lui paraissent dérisoires. Il pense alors au futur proche, qu’il va enfin pouvoir ranger sa cave à vin, être disponible pour sa femme Catherine, voir davantage ses enfants et petits-enfants et attendre patiemment que le prochain naisse le 28 octobre, comme lui.

Il y est presque « en grandes vacances » et puis non, pas tout à fait. Avec fierté il ajoute:  « Metalliance a vendu les deux premiers exemplaires du train sur pneus tout électrique pour le Grand Paris. C’est une première mondiale ». On ne se refait pas !

Jean Bernard

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