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Peinture – Un Montcellien découvre les signatures cachées du peintre Auguste Renoir

Dans le parc de Saint-Cloud, d’Auguste Renoir. Ses signatures cachées, sur le tronc d’arbre à  hauteur d’épaule de la femme en blanc au centre et complètement en bas à gauche, toujours sur le tronc, la signature est verticale, assure Ali Zenasni.

C’est tout un art que parler d’art. Devant une oeuvre d’art, on se contente le plus souvent d’un « j’aime », « j’aime pas ». Vous avez cependant  des passionnés qui sans signes ostentatoires, plongent leurs yeux dans la vie des grands maîtres de la peinture et étudient leurs oeuvres, les décortiquent pour comprendre leurs techniques et en apprécier la beauté.

C’est ainsi qu’Ali Zenasni, un passionné d’art, « j’aime la peinture » dit-il, pendant le premier confinement, s’est penché avec grand intérêt sur le peintre impressionniste Auguste Renoir, qu’il adore. « 4 500 de ses oeuvres sont référencées alors j’ai pris le temps d’en regarder certaines. Elles sont signées, d’autres pas », précise-t-il.

La découverte de ce Montcellien ne va pas mettre sa ville en ébullition mais dans le monde de la peinture, elle va très probablement et fortement secouer le microcosme artistique.

« Je me suis aperçu qu’Auguste Renoir signait ses toiles autrement que par sa traditionnelle griffe. Son nom apparaît, encore faut-il avoir un regard exercé, dans ses compositions, un paysage comme un portait. C’est parfois minuscule » assure-t-il, « de l’ordre du millimètre voire moins ».

Toute la technique et la subtilité de Renoir est d’apposer sa signature qui se fond, par exemple, dans l’écorce d’un arbre comme « Dans le parc Saint-Cloud ». Renoir profite des ombres, des nuances, un trait, un vide, des contours du pli d’un vêtement, du branchage, de l’herbe, pour faire ressortir sa signature, lettre après lettre.

« Ma théorie », stipule Ali Zenasni, « toutes ses toiles même si je n’ai pu le constater que sur une centaine, elles sont toutes signées dans cette forme stylisée. Et quand bien même le tableau n’est pas signée de sa main en bas, son nom se dissimule dans la composition parfois jusqu’à dix fois et même des dizaines. Sur la technique du peintre, cela ne va pas changer grand-chose mais sur l’expertise, c’est une découverte parce que les faussaires ne connaissent pas cette finasserie chez Renoir.

« Cette technique existait déjà la Renaissance mais celle atteinte par Renoir est d’une finesse exceptionnelle » affirme notre passionné d’art.

C’est en fixant La Promenade  et Jardin à Fontenay qui « m’a mis mis la puce à l’oreille et donné l’envie de faire des recherches plus intenses » explique-t-il.  « Dans ces deux toiles il y a plusieurs signatures » (voir entouré en rouge).

 

 

Aussi, sa découverte va permettre d’identifier s’il s’agit d’un Renoir ou pas. Une découverte qui pourra ainsi rendre un immense service au Villeurbannais Ahmed Ziani qui, en 2016, pensait avoir retrouvé Soirée d’été du peintre impressionniste. Il en est même persuadé : « Les observations approfondies dévoilent le monogramme “A. R.” apposé au niveau de l’herbe. Ses signatures – ou monogrammes – sont multiples et se confondent parfois avec l’œuvre, et peu importe son emplacement sur le tableau : il pouvait signer en bas à gauche, en bas à droite, en haut à gauche, etc. », explique Liliane Poul, graphologue » dans le Progrès en janvier 2019.

« En effet, Renoir utilisait le monogramme AR ou le paraphe REN  qui se fondait dans la composition du tableau » précise justement Ali Zenasni. « Ce tableau, Soirée d’été, il faudrait l’observer à l’oeil nu et regarder si d’autres signatures ne se cachent pas dans la composition de l’oeuvre. Aucune machine ne remplacera l’oeil de l’homme ». Et d’après un premier examen sur photo du tableau en possession d’Ahmed Ziani, « sincèrement, pour moi c’est un Renoir, je pense avoir trouvé une signature stylisée de la même calligraphie que sa signature manuscrite » affirme le Montcellien.

Montceau-les-Mines devient un petit coin extraordinaire avec cette découverte sur Auguste Renoir. Une tranche de l’art bien délicieuse à déguster.

Jean Bernard

 

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