Obsèques – L’hommage au camarade Georges Labonde

Ce jeudi matin 2 septembre 2021, se sont déroulées, aux monuments aux morts de Perrecy-les-Forges, les obsèques de Georges Labonde entouré de ses Camarades. Le cercueil a été recouvert du drapeau tricolore, le drapeau des métallurgiques CGT et les drapeaux des différentes associations d’anciens combattants l’entouraient. L’allocution au nom de la CGT a été assurée par Jean-Pierre Meneghel (lire ci-après).

 

Notre Camarade Georges Labonde, militant associatif, politique et syndicaliste, bien connu des travailleuses et travailleurs du bassin montcellien est décédé à l’âge de 89 ans.
Nous rendons hommage à ce grand militant qui durant toute sa vie s’est mis au service des autres. Tous ceux et celles qui l’ont connu peuvent témoigner de sa générosité, sa compétence dans l’action, son souci du travail en équipe et sa volonté de vouloir se surpasser dans tous les domaines.
Sa vie a été balisée par des valeurs tenaces, des valeurs fortes de solidarité et de fraternité. Très jeune, adhérent du Parti Communiste Français, Georges s’est imprégné de la culture politique nécessaire selon lui pour avancer bien équilibré. Jusqu’à il y a peu, il lisait l’humanité quotidienne.
Journal placé à sa gauche, le Journal de Saône et Loire à sa droite et au milieu son bol de café.
Droiture, intelligence, conscience politique et intégrité résument parfaitement bien ce qu’était Georges. Il avait cette autorité naturelle qui était la sienne, elle n’était pas le fruit du hasard !
Quand Georges prenait la parole, le ton magistral qui était le sien était toujours porteur d’un raisonnement ou d’une vision affûtée que nous, jeunes militants, nous écoutions avec délectation.
Georges est né en 1932 ici à Perrecy-les-Forges et c’est ici en 2021 dans la maison qui l’a vu naître qu’il s’en ira dans l’au-delà rejoindre Andrée son épouse décédée en 2011 avec qui, il aura partagé vingt et une années consacrées à la vie en couple, aux voyages et aux rencontres amicales.
Comme quoi, même à 57 ans, les petites annonces en 1989 sur le Chasseur Français ont permis à deux personnes qui, une journée avant ne se connaissaient pas. Ils se marièrent en 1991. On le voit, les réseaux sociaux n’ont rien inventé.
Dans cette maison de Perrecy, il aura partagé cette petite surface avec ces deux parents, la grand-mère et ses trois sœurs plus jeunes que lui qui était l’aîné.
Tout ce petit monde a su vivre en harmonie malgré qu’il manquait de tout. A cet instant, permettez-moi de saluer en toute amitié, amitié avec un grand A, les proches qui l’ont accompagné tout au long de cette décennie pour que Georges continue de rester debout face à la maladie. Ils se reconnaîtront, nous leur disons : Merci et Respect ! Vous avez partagé ses moments d’égarement mais aussi ses moments de lucidité que vous avez constaté sur sa fin de vie. Nous savons que vous avez été en admiration devant cette force de caractère qui a combattu ses deux cancers et la maladie d’Alzheimer. Et le sourire du matin de sa mort restera en
vous gravé pour toujours.
Georges, avait une double passion pour la chasse à partir de 16 ans et la pêche. Et plus particulièrement pour la pêche, il aura été pendant 50 ans Président de la société de pêche de l’Oudrache. On peut se l’avouer, si Georges n’était pas dans la catégorie des Bons, il n’aurait pas été Président de la société de pêche de l’Oudrache pendant un demi-siècle !
Ces premières expériences dans la nature, il les vivra pendant l’occupation Allemande. Dès l’âge de 10 ans, s’appuyant sur l’expertise de son père, il deviendra un fin braconnier. Une activité quasi obligée pour manger tout simplement. Ne l’oublions pas, l’activité principale sous l’occupation c’était la recherche de la subsistance.
Au lendemain de la seconde guerre mondiale, en 1946, à l’âge de 14 ans, il entre en apprentissage chez Ponceblanc à Génelard. Il deviendra grâce à une formation sur le tas, tourneur sur métaux. Mais 5 ans plus tard, à l’âge de 19 ans, il est appelé sous les drapeaux, direction l’Algérie pour une première période de 16 mois. Il en revient, mais il est rappelé pour une seconde période de 16 mois. Georges aura été l’un des rares soldat à faire 32 mois et pour cause entre les deux périodes il a eu la mauvaise (ou la bonne) idée de manifester à Montceau contre la guerre d’Algérie. Il a été, vous le pensez bien dans le collimateur des observateurs militaires….
Il nous dira : « j’ai été appelé, j’ai été rappelé, j’ai été militaire contre mon gré. J’avais 20 ans, j’entendais siffler les balles toutes les nuits, je crapahutais, sous le soleil qui te brûle la peau, j’étais dans les Aurès, en Kabylie, dans l’Ouarsenis et ailleurs. J’ai été sur des pitons, j’ai été dans les sables du désert. J’ai marché sous la pluie, j’ai grelotté de froid. J’ai sué tout le sel de mon
corps. On buvait n’importe quoi tellement la soif nous tenaillait… »
La guerre d’Algérie restera à jamais gravée dans sa mémoire et c’est pour cette raison, pour ne pas oublier, qu’en qualité d’Ancien combattant AFN, il adhérera à l’ARAC et à la FNACA.
Souvenez-vous, il est entré chez Ponceblanc à 14 ans, et à 17 ans en 1949 il adhère à la CGT. Il prend sa toute première carte syndicale un peu comme un électron libre car il n’y a pas de syndicat à l’intérieur de l’entreprise. Et c’est en 1952 avant de repartir une seconde fois pour l’Algérie qu’il crée avec d’autres Camarades le Syndicat CGT Ponceblanc, il sera élu Délégué du
personnel mais aussi Secrétaire général du Syndicat CGT Ponceblanc jusqu’au dépôt de bilan en 1976. Pendant ces 20 années, Georges a mené toutes les luttes pour défendre les revendications et ce n’est pas pour rien que sur un effectif de 210 salariés, plus de 50% d’entre eux étaient syndiqués à la CGT.
1976, l’aventure Ponceblanc prend fin, Georges entre dans une longue période de chômage.
C’est au cours de cette période qu’il se mettra bénévolement à la disposition de la CGT du bassin minier pour animer le syndicat des métaux cgt du bassin minier en qualité de Secrétaire Général. Il enchaînera avec la prise en charge du secrétariat général de l’Union locale CGT du bassin minier pour ensuite prendre les rênes du secrétariat général de l’Union Syndicale CGT des
métallos du département de S&L. Pendant cette période, il réussit quand même par décrocher un emploi chez Cothenet. Mais ça ne dure pas, il est sous un contrat précaire.
Mais l’idée de retrouver un emploi stable est bien ancré en lui et la CGT. Et il fini au début des années 80, par décrocher un poste à la CUCM Creusot/Montceau. Et devinez, que fait-il ? il devient secrétaire général du syndicat CGT des communaux de la CUCM Sud. Il aura cette responsabilité syndicale jusqu’en 1994 année de son départ à la retraite à l’âge de 62 ans.
Georges, aujourd’hui avec ta Chère Andrée, on vous imagine voyager dans les nuages du département de l’Ain, votre département d’évasion et d’adoption pour toi, sur l’invitation d’Andrée qui en était originaire. Mais pour nous, tu voyageras surtout dans nos pensées et elles vont être nombreuses.
Le privilège des hommes d’exception c’est de demeurer une référence, Georges, tu es une référence. Dans le grand livre du syndicalisme du bassin minier, tu occuperas toujours une place prépondérante. Ton action en tant que dirigeant syndical fût précieuse : tu as su faire de ton syndicat, la CGT, un outil novateur et efficace.
Pour tout cela, et tant d’autres choses encore ;
Pour la belle personne que tu étais ;
Merci, Camarade.

Un commentaire

  1. C’était le petit-fils du frère du grand-père de mon grand-père. J’ai quelques photos anciennes de ses sœurs mais je ne connaissais pas toute cette histoire et l’engagement de Georges. Toute mes pensées à la famille.
    Fabien Labonde

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