Montceau – Cinéma : des projets, des acteurs, des intérêts divergents

Nouvel épisode. Evelyne Davoine a déposé un permis de construire pour la réhabilitation du cinéma Les Plessis à Montceau-les-Mines. « C’est du vent » assure Marie-Claude Jarrot dont le projet de multiplexe va passer en commission le 10 avril prochain. Et qui compose cette commission…

Dans le projet de réhabilitation du cinéma Les Plessis, l’entrée se fera rue Rouget de Lisle avec un hall de 60 m2.

La semaine dernière, mardi 20 mars 2018 très précisément, la société Ciné Alpes que dirige Evelyne Davoine, a déposé un permis de construire aux service techniques, place Beaubernard à Montceau-les-Mines, un permis de construire pour réhabiliter le cinéma actuel, les Plessis au centre-ville.

Il fallait s’y attendre, Evelyne Davoine n’allait pas rester les bras croisés et ce, pour deux raisons.

Déjà pour commencer, elle n’a pas digéré que Marie-Claude Jarrot, maire de Montceau-les-Mines, vienne lui mettre des bâtons dans les roues dans son projet de multiplexe sur le bassin creusotin avec 7 salles et 1132 places qui avait pourtant reçu l’assentiment de la commission départementale d’aménagement commercial le 3 juillet 2017. Le projet est en stand bye mais tout semble indiquer qu’il va bientôt ressurgir.

Les explications de l’architecte

« Il n’est pas impossible que de 7 salles, il passe à 4 ou 5″ indique l’architecte, Yannick Lecoq. Parce que dans le même temps, Evelyne Davoine va devoir financer la réhabilitation des Plessis à Montceau. Il précise aussi que  » Le groupe Casino ne met pas un centime dans le projet Creusot/Torcy, il vend simplement le terrain. Evelyne Davoine finance avec ses fonds propres ». La maire de Montceau affirme le contraire. « Madame Davoine cherche un porteur de projet ».

Entre temps, fin décembre, MCJ présentait en conseil municipal le projet d’un multiplexe avec 5 salles qui prendrait forme devant l’Embarcadère. De quoi énerver encore davantage la dirigeante de Ciné Alpes qui en réponse, a donc déposé un permis de construire la semaine dernière.

Jointe au téléphone, la maire de Montceau est restée circonspecte: « Oui, je suis au courant ». Après un instant de réflexion, elle reprend: « Le projet propose 5 salles dans l’espace actuel, ça me paraît compliqué ». Puis silence.

« Ce permis de construire, c’est du vent, c’est du bluff. Elle ne le fera pas. Déjà à l’époque de son mari, Gérard Davoine et sous mon prédécesseur, Didier Mathus, le multiplexe ne s’est pas fait. En 2014, j’ai proposé à madame Davoine des investisseurs, sans résultats. Nous avons perdu trois ans ».

Retour avec l’architecte, toujours Yannick Lecoq, à la manœuvre dans la réhabilitation des Plessis. Selon nos sources, il est prévu une salle enterrée ce qui pose le problème de sécurité des spectateurs. « Nous ne dépassons pas plus de 6 mètres en profondeur et vous vous imaginez qu’en matière de sécurité, j’ai pris toutes les précautions. Nous avons fait visé le projet par les services de la préfecture et les pompiers avant de déposer le permis. Vous savez, cela fait 45 ans que je fais des cinémas, j’ai 1300 salles à mon actif ».

Outre l’apparition d’un ascenseur, la capacité d’accueil dans les 5 salles est annoncé 721 places. « Pas du tout, actuellement nous sommes à 680 (3 salles) et va passer à 550 parce que nous privilégions le confort avec des fauteuils club plutôt que la quantité et puis nous nous adaptons au marché du secteur ».

Changement aussi pour l’entrée du cinéma actuellement rue Ferrer avec un large trottoir qui se ferait rue Rouget de Lisle. Le hall d’entrée aurait une surface de 60 m2.

Quand tout s’emmêle

Mais le gros avantage pour ce projet de réhabilitation, il n’est point besoin de passer devant la commission départementale d’aménagement cinématographique. Le permis sera instruit par la communauté urbaine avant de revenir sur le bureau du maire de Montceau. Côté CUCM et de son président David Marti, silence radio. Un président et maire aussi du Creusot qui soutien également le projet de multiplexe de 7 salles qui a été mis à mal par MCJ. Vous voyez l’imbroglio? Réponse d’ici environ 5 mois.

D’ici là, va se produire un autre événement, dès le 10 avril 2018, jour de passage du projet de la municipalité de Montceau porté par Régis Faure (président de l’association Panacéa qui exploite les cinémas de Gueugnon, Digoin et La Clayette) devant la commission départementale d’aménagement commercial et cinématographique à Mâcon.

Et devinez qui compose la commission? La maire de Montceau évidemment mais aussi David Marti en tant que maire du Creusot, ses homologues de Blanzy et Saint-Vallier, un expert désigné par le centre national du cinéma et de l’image, un représentant de l’aménagement du territoire, un représentant de la culture et présidée par la préfecture. Est-il besoin de vous faire un dessin?

Côté Marti, pas de commentaire, Philibert (Saint-Vallier) injoignable et Mazurek (Blanzy), le jour de notre appel, « j’ai le dossier sous les yeux, je le regarde avec attention mais je ne peux rien vous dire ».

Marie-Claude Jarrot a déjà imaginé un recours devant le tribunal administratif de Dijon.

Qui sortira vainqueur?

Jean Bernard

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