L’écomusée Creusot Montceau, une pièce de musée à dépoussiérer

A l’énoncé de la conférence, « Quelle perception de l’écomusée Creusot Montceau ? », l’intérêt était grand, d’ailleurs la salle de réception de château de la Verrerie au Creusot affichait complet ce mardi soir. Même Marie-Claude Jarrot, maire de Montceau-les-Mines qui n’a jamais caché son désaccord profond sur le périmètre même du rayonnement de l’écomusée, a écouté avec attention, l’introduction de la directrice, Morgane Moëllo puis Pauline Corrias, chargé de recherche et de la conservation qui a donc dressé un état des lieux.

L’étude engagée par un questionnaire auprès des visiteurs, des entretiens auprès de professionnels de la culture et des élus, donne des résultats à la fois encourageants mais aussi qui doivent interroger, conduire à se poser les bonnes questions.

Dans la majorité des réponses, il ne fait aucun doute que l’écomusée Creusot Montceau est vu comme un musée pour préserver et transmettre la mémoire du territoire, qu’il est un outil de compréhension et permet d’expliquer sur quel territoire nous sommes et comprendre son évolution.

Déjà, l’écomusée, c’est quoi ? Il représente deux entités, le musée de l’homme et de l’industrie au Creusot au château de la Verrerie et la villa Perrusson à Ecuisses. Déjà l’appellation Ecomusée n’est pas nécessairement comprise, éco… logie, éco… nomique ? Tout ça est un peu brouillon, pas toujours clair même pour la population de la communauté urbaine. « L’intitulé est difficile à comprendre » touristiquement parlant. « La villa Perrusson n’est pas toujours associée à l’écomusée » indique Pauline Corrias.  Pas mieux pour la Briqueterie à Ciry-le-Noble. « C’est poussiéreux et peu vendeur ».

Avec 50 ans d’âge _ très jeune pour un musée _ , « il a pourtant un passé illustre » affirme-t-elle, »principalement dans le monde de la profession » car en dehors, la perception est bien différente. « La muséographie est vieillissante et l’institution est difficile a identifier sur son propre territoire » admet-t-elle.

De la place pour tout le monde ?

Même si ce n’est pas une généralité, l’écomusée, pour certains, n’est pas adapté aux enfants et il est même réservé à une élite. C’est bien le drame du mot « culture », pas nécessairement de l’écomusée.

« L’écomusée Creusot Montceau est pourtant la porte historique de la culture du territoire » a retenu Pauline Corrias des entretiens mais « il a une image peu visible sur le territoire » bien que son rôle est de faire le lien entre le passé, le présent et le futur.

Alors quels liens faut-il tisser avec le musée d’école à Montceau-les-Mines, du musée du prieuré _ aujourd’hui fermé_ à Perrecy-les-Forges, de celui à Mont-Saint-Vincent, entre autres ? alors que Pauline Corrias, fait ressortir des entretiens, « le souhait de fédérer les associations culturelles ».

C’est d’ailleurs le sens de l’intervention de Marie-Claude Jarrot. « Nous devons réfléchir au périmètre, qu’il soit élargi pour fédérer toutes les associations. Nous souhaitons être intégrés à l’écomusée pour donner au territoire toute sa dimension ».

En question subsidiaire, madame le maire demande : « Qui sont les deux élus interrogés dans le cadre des entretiens ? »

Réponse de Pauline Corrias : « Philippe Baumel (NDLR : vice-président de la CUCM chargé de la culture et du patrimoine sous le mandat précédent) et David Marti (NDLR : président de la communauté urbaine Creusot Montceau). « La liste était déjà établie à mon arrivée » précise-t-elle.

L »écomusée Creusot Montceau est sans nul doute un très bel outil de préservation et de transmission de la mémoire du territoire. Il a besoin d’un bon dépoussiérage, être innovant, s’intéresser à tout le territoire et le valoriser.

Jean Bernard

Pour information

https://journals.openedition.org/ephaistos/7679

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