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Déconfinement – La Bouquinerie du BDV, une nourriture de première nécessité

Le dimanche, il n’y a pas pléthore de boutiques ouvertes à Montceau-les-Mines. Au Bois du Verne surtout l’après-midi, La Bouquinerie est bien la seule à accueillir les amoureux des livres. « Nous avons rouvert le 12 mai après comme pratiquement tout le monde deux mois de confinement » souligne Corinne Lardenois.

Elle prépare quelques livres pour un client qui ne va pas tarder. « Nous faisons également du drive » précise-t-elle.

Comme partout, la vie reprend, doucement. Cette période de pause forcée, Corinne Lardenois l’a traversée avec circonspection. « Cela faisait cinq ans que je n’avais pas pris de congés alors je me suis totalement détachée des bouquins. J’ai fait comme tout le monde, j’ai regardé des séries. Et ne rien faire, c’est presque un luxe dans ces conditions » avoue-t-elle.  « Pas d’horaire, on se pose ».

En revanche, José, son compagnon, impossible de mettre sur pause. « Il faut qu’il bouge alors il a même fait un jardin. C’est exceptionnel » dit-elle avec un grand sourire.

Repos certes mais infos aussi. « Il a quand même fallu se débrouiller pour savoir à quelles aides nous pouvions avoir droit. J’ai pris part à un forum avec des commerçants de toute la France. J’ai beaucoup appris ».

Deux mois d’arrêt, deux mois sans vente alors pas simple de régler les factures et encore le loyer. A La Bouquinerie, on ne roule pas sur l’or. « Le gouvernement a dit qu’on pourrait décaler les loyers » rappelle Corinne Lardenois. Alors elle a appelé le bailleur social pour « demander au moins un geste commercial ». En fin de compte, deux mois sans régler le loyer, « après nous ferons un échelonnement ».

Pendant le confinement, La Bouquinerie aurait voulu participer au marché-drive à Sanvignes mais « nous n’avons pas eu l’autorisation, le livre n’est pas un produit de première nécessité » peste-t-elle. Elle ajoute encore, « Je suis révoltée, les grandes surfaces sont restées ouvertes, elles vendent de tout, des livres, des fringues que des produits de premières nécessités » soupire Corinne. « Mais un grand merci aux cinq femmes du drive à Sanvignes, elles nous ont soutenus ».

La Bouquinerie a réouvert du mardi au dimanche, pas le Bouquine bar. C’était pourtant devenu le rendez-vous des gens du quartier qui venaient boire un café. Un monsieur arrive, chaque jour il vient chercher un peu de chaleur humaine. Il sait qu’il n’aura pas droit à son p’tit noir mais prend place sur une chaise à l’entrée. Quand Corinne aura un moment, elle viendra lui tenir compagnie. Ici, tout se partage, même le temps.

Quant aux puces du BDV, elles aussi sont restées confinées. Quand reprendront-elles le premier dimanche du mois ? « Je n’ai pas de date. Nous avons des projets pour cet été dont un festival en août. J’ai envoyé un mail à la mairie de Montceau mais je n’ai pas eu encore de réponse ».

Doucement La Bouquinerie reprend place au BDV. Le livre n’est-il une nourriture de l’esprit ? Une absolue nécessité et à tout petit prix.

J’ai faim.

Jean Bernard

Un commentaire

  1. Courage vous êtes un de ses premiers soutiens, Mme le maire ne vous oubliera pas, il y a 1 deuxième tour, continuez à faire campagne pour elle !

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