Techernobyl – 35 ans, un triste anniversaire pour la CAPEN 71

COMMUNIQUE DE LA CAPEN 71.

L’insécurité permanente du nucléaire occultée

Le 26 avril 1986, le réacteur 4 de la centrale ukrainienne de Tchernobyl explosait, entraînant le pire accident nucléaire connu, produisant un panache radioactif qui pollua une bonne partie de l’Europe et de la Russie. Des centaines de milliers de personnes durent abandonner leur lieu de vie dans une zone d’exclusion de 2600 km2, la plus contaminée. Sans le sacrifice de dizaines de milliers de « liquidateurs » intervenant depuis sur la centrale, les conséquences de l’accident auraient été encore plus
catastrophiques.
En France, la nucléocratie était dans le déni : la pollution s’arrêtait à ses frontières. Grâce à l’indépendance de la CRII-RAD, les français ont néanmoins été informés des conséquences sanitaires et agricoles.
Un accident comparable à Tchernobyl peut survenir en France n’importe quand, comme dans tous les pays exploitant le nucléaire. Les leçons de la catastrophe, comme celles de Fukushima en 2011, n’ont pas été retenues. La France reste le pays le plus nucléarisé du monde où, relativement à sa superficie, il y a le plus de probabilité d’un accident (erreur humaine, terrorisme, climat ..).
Jusqu’à présent l’illusion d’une industrie nucléaire française plus « sûre » que les autres ne survit que grâce à l’omerta imposée sur la situation réelle, et parce qu’elle a échappé par miracle à un accident majeur.
L’état du parc nucléaire vieillissant et rafistolé est inquiétant : 21 tranches à l’arrêt, des incidents qui se multiplient, le refroidissement menacé par le climat, la sous-traitance aggravant le déficit des compétences. Le lobby s’enfonce dans une aventure dont les français et leurs voisins seront les cobayes.
Aucune mesure ne serait en mesure d’assurer la sécurité des populations riveraines d’un accident majeur : ni sanitaire, ni d’évacuation. Et les contribuables et clients d’EDF paient cette gabegie : l’industrie est en faillite dissimulée, surendettée. La fuite dans les EPR aggravant cette situation.
Dans un pays, une planète, qu’un virus prévisible suffit à plonger dans la panique, révélant son incapacité à prévoir, à anticiper, un accident nucléaire aurait des conséquences inimaginables, irréversibles. Avant Tchernobyl ou Fukushima, les « experts » nous garantissaient que c’était impossible, impensable…Ce danger permanent nous est imposé, il est sans aucun fondement démocratique ; alors qu’il est encore possible de programmer la sortie du nucléaire et la transition nécessaire.

T. GROSJEAN – porte-parole collégial

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