Saint-Vallier – Conseil municipal : l’opposition passe à l’offensive, le maire acculé

Il fallait bien crever l’abcès. C’est fait depuis hier en conseil municipal à Saint-Vallier qui portait essentiellement sur le vote du budget primitif 2019 mais qui, à l’occasion des questions diverses posées par l’opposition, a bifurqué sur l’affaire de l’embauche par le maire Alain Philibert de son fils à la mairie.

Une affaire qui soulève question suite au courrier du préfet (lire plus bas) où Jérôme Guitton indique: « j’ai constaté des irrégularités dans la procédure de recrutement (…) ».

Les termes employés par le préfet sont suffisamment explicites et l’on donc conduit « à demander le retrait de l’arrêté _ d’embauche _ en question en date du 19 mars 2019 ».

Qu’attendait l’opposition, notamment Martine Durix (sans étiquette) et Denis Beaudot (LR) du maire ? Qu’il reconnaisse les faits reprochés par le préfet. L’erreur est humaine, une faute pardonnable. Or pour sa défense, Alain Philibert a tout simplement fait porter le chapeau à ses opposants.

C’est la faute… du courrier adressé au préfet

Ainsi, malgré les remontrances de la section communiste du Bassin minier  _ c’est une faute morale et politique _  l’alerte lancée par Martine Durix et Denis Beaudot accompagnée d’une lettre de l’avocat Claude Vermorel au  préfet, le maire de Saint-Vallier, pour sa défense, déclare au conseil municipal: « C’est la première fois que je vois deux conseillers municipaux avec l’aide d’un avocat, faire un courrier au préfet ».

Dès lors, l’ambiance, déjà tendue, même sur le budget, empire. L’opposition passe à l’offensive et accule le maire dans les cordes.

« Vous inversez les rôles. Le courrier du préfet est clair, il a constaté des irrégularités » répond Denis Beaudot.

« Je ne suis pas dans l’irrégularité, je m’en suis expliqué avec le préfet » se défend le maire.

« Vous vous faites passé pour une victime, assumez votre erreur » relance de plus belle Martine Durix.

« Vous mettez la parole du préfet en doute ? » s’interroge Denis Beaudot.

Alain Philibert ne craque pas et tente la parade ultime. « Votre courrier a tout déclenché ». Il va même encore plus loin, plaide l’affectif. « Je pense que vous avez voulu me salir, salir ma personne. Vous avez essayé de détruire ma famille. Je ne le tolère pas ».

« C’est vous qui avez embauché votre fils » rétorque Denis Beaudot. « Vous avez fait une erreur, reconnaissez-là ».

« C’est ça que vous appelez la justice sociale ? » lui demande Martine Durix.

« Embaucher son fils, c’est du copinage » (Mentre)

Sans arbitre dans la salle, Alain Philibert se permet alors des coups bas. En politique on ne se fait pas de cadeau même avec les femmes. « Avec Mallot (et Durix), vous vous êtes battus dans cette salle, le jour des élections régionales ». C’est mesquin.

Entre dans la danse, Loïc Mentre (opposition avec Denis Beaudot) qui raille les « grands discours » de Richard Taiclet (majorité) sur les copinages de la droite, les Fillon et compagnie, alors que, estime-t-il, « embaucher son fils, c’est du copinage. Reconnaissez que vous avez fait une faute ».

Alain Philibert ébranlé mais stoïque ne baisse pas pavillon. « Je ne pensais pas que des élus de la République en arrivent là. Ce que j’ai lu dans la presse, c’est une honte ».

Face à une majorité silencieuse sur le sujet, Martine Durix souhaite connaître son avis.

« On ne va pas s’exprimer auprès de vous » lâche Richard Taiclet avec dédain.

« Mais vous perdez complètement les pédales monsieur Taiclet » réagit l’opposante.

C’est le maire qui décide comme le directeur de l’ARS

De son côté le maire rumine sa dernière salve. « Quand vous me parlez monsieur Beaudot, vous êtes tout rouge, madame Durix vous êtes en colère. Quand on a perdu cinq élections, la rancoeur, je la comprends ».

« Quand on est avec des gens honnêtes, je n’ai pas peur de perdre » lui assène Denis Beaudot.

Au conseil municipal de Saint-Vallier, il y aura un avant et un après cette affaire d’embauche. « Le maire est le seul responsable du choix de l’agent » insiste Alain Philibert. « Je peux donner ça à une commission mais je ne suis pas obligé de suivre son avis » précise-t-il encore.

Un maire n’est donc pas obligé de suivre un avis mais quand le directeur de l’ARS (agence régionale de santé) ne tient pas compte de l’avis des communes qui ont rejeté en très grande majorité le PRS (plan régional de santé), Alain Philibert s’en offusque.

Jean Bernard

 

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