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Rencontre – Madeleine, Renée et Dédé, regards sans détours

Lundi de Pâques, place Beaubernard à Montceau-les-Mines. Le soleil est timide mais encore agréable en cet après-midi. Madeleine et Renée assisent sur un siège de métal, dissertent tranquillement. De quoi ces dames, habillées sur leur 31, peuvent-elles parler ?

« Nous parlons de notre jeunesse, de nos souvenirs » dit Madeleine.

Elles ne refont pas le monde, ne parle pas politique ou des problèmes récurrents de tous les jours. Juste admettent-elles qu’elles ont reçu leurs deux doses de vaccin, le Pfizer. « Moi, je suis allée me faire vacciner à Chalon-sur-Saône. A la résidence, ce n’était pas encore à l’ordre du jour alors ma fille a pris les choses en main » révèle Renée.

Arrive André, dit Dédé. Comme ces dames, il réside à Henri Mallot. Lui aussi a été vacciné. « Nous n’avons eu aucun effet secondaire, même pas de fièvre » précisent les dames. « Vous savez, à l’âge que nous avons, nous n’avons plus rien à perdre » raille Madeleine.

Elle a 90 ans, Renée 86 et Dédé 85 ans. Presque un jeunot « le Dédé ». C’est un fan de sport surtout devant la télé. « Oui mais j’ai joué au foot jusqu’à 35 ans au CS Magny. Je jouais en numéro 10, un peu comme Giresse » s’orgueille-t-il. D’après son gabarit, ce n’est pas faux.

Dédé a été mineur de fond et du Montceau d’avant, il s’en souvient. « Sur cette place, là, dans cette immeuble (juste à côté du France), il y avait un cinéma, le Pathé ». Le cinéma ravive de bons moments à Renée. « Oui, après le film on allait au bar du ciné rue Barbès, juste en face ».

« On ne peut pas être et avoir été »

« Eh oui ! c’était avant » reprend Madeleine. « Nous n’avons pas eu à nous plaindre alors qu’aujourd’hui, c’est quand même le désastre ». Car ces dames regrettent les sorties limitées, « nous marchons beaucoup » soulignent-elles, « mais nous ne pouvons plus aller au restaurant ».

Alors évoquer le passé, leur jeunesse, les fait encore rêver. Les souvenirs remontent à la surface sans trop en abuser. « On ne peut pas être et avoir été » glisse malicieuse  Madeleine, Montcellienne depuis deux ans. « Je viens de Montchanin mais j’ai préféré venir à Henri Mallot. C’est mieux ».

Dimanche, nos deux « coquettes » ont profité du déjeuner en famille, « pas plus de six » avancent-elles aussitôt. « J’ai cherché les oeufs avec mes petits-enfants » précise Renée les yeux brillants. « J’ai quatre enfants, huit petit-enfants et huit arrière-petits-enfants, alors j’en ai acheté du chocolat, j’en ai mangé beaucoup aussi » rigole-t-elle.

Voilà qui change des occupations habituelles, la lecture, les mots croisés et la télévision, surtout pour Dédé. « Nous avons droit aussi à de la gym une fois par semaine, de la gym douce ». Un peu trop au goût de Madeleine.

Le soleil a baissé du nez. Dédé décide de poursuivre son chemin jusqu’au jardin du Petit Bois. Ces dames ont encore besoin d’intimité. Des histoires de femmes à se raconter.

Jean Bernard

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