Montceau – Yasmina Khadra, grand écrivain, grand talent, grande rencontre

Il n’est pas donné chaque jour à une ville de voir un grand écrivain contemporain déposer son empreinte sur sa première de couverture. Accueillir Yasmina Khadra aux Ateliers du Jour fut un privilège rare, partagé par Pascale Martinez, directrice du pôle culture et instigatrice de cette venue, par madame le maire, Isabelle Louis, et surtout par les cent trente lycéens de Paray-le-Monial ainsi qu’une quarantaine d’élèves de seconde du lycée Parriat, à qui fut offerte la chance précieuse de rencontrer l’auteur et d’échanger avec lui.

Tous, naturellement, avaient déjà parcouru l’un de ses ouvrages. Pascale Martinez en soulignait « l’écriture très imagée », tandis que Yasmina Khadra, non sans malice, évoquait une plume « qui rappelle les grands classiques, les chefs-d’œuvre ». Solange Capber, adjointe à la culture, rappela quant à elle que l’écrivain « était déjà venu à Montceau, en 2006, au lycée Parriat ».

Au fil des questions posées par les lycéens, Yasmina Khadra se livra peu à peu, bien qu’il soit déjà une figure incontournable de la littérature contemporaine. « Je suis né écrivain », confia-t-il, lui qui mena pourtant d’abord une carrière de vingt-cinq ans dans l’armée algérienne. Fils de militaire, il intégra dès l’âge de neuf ans l’école des cadets de la Révolution.

Soldat et écrivain, il publia d’abord recueils, nouvelles et romans sous son véritable nom, Mohammed Moulessehoul. Mais pour échapper à la censure, il adopta plusieurs pseudonymes, dont le dernier, Yasmina Khadra _ les deux prénoms de son épouse _, en hommage à celle qui le soutint et l’aida à traverser les épreuves de son existence.

Un écrivain du talent de Yasmina Khadra ne se réclame d’aucune recette pour atteindre le succès. « Moi qui suis Algérien et qui n’écris pas dans ma langue, je dois viser l’exception. Un livre exige rigueur et justesse », expliqua-t-il aux élèves.

A ses yeux, la véritable réussite d’un écrivain réside dans la création d’un personnage universel, capable de toucher chacun, tel le commissaire Llob.

« Je souhaite que vous possédiez cette même créativité », lança-t-il enfin.

Et celui qui demeure l’écrivain français le plus traduit au monde _  présent dans soixante pays _, avec une élégante hauteur d’esprit, se permit une pointe d’autodérision en évoquant son œuvre : « Ce sont des livres merveilleux… et c’est moi qui les ai écrits ».

J.B.

 

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