Trois mois. Moins de cent jours passés en soins palliatifs, au centre hospitalier Jean-Bouveri. Pour Jean-Paul Guillemin, comme pour tant d’autres, la fin de vie fut une épreuve, douloureuse pour lui, plus encore pour les siens.
Et pourtant, à l’hôpital de Montceau, loin des idées reçues, quelque chose d’essentiel se joue. Là, le personnel soignant, comme toutes celles et ceux qui œuvrent dans ces murs, semble animé d’une qualité rare, une empathie profonde, presque instinctive. Une manière d’offrir, dans ces instants incertains, non pas seulement des soins, mais de l’apaisement, de la présence, de la bienveillance.
Pascal, son fils, en parle avec une forme d’étonnement encore intact : « Comment peut-on, alors même que l’hôpital manque de personnel, mobiliser deux personnes pour permettre à notre père de sortir, de se promener en fauteuil roulant, de savourer un peu de saucisson, de boire un verre de rosé même s’il a finalement préféré un simple jus de raisin ? »
Dans ces mots affleure une gratitude sincère. Celle adressée à des femmes et des hommes qui, au-delà de leur fonction, n’écoutent que leur cœur. Leur ambition tient parfois à peu de chose, offrir un instant, un sourire, un plaisir minuscule et, dans ce presque rien, faire naître de grands bonheurs.
Au cœur du service des soins palliatifs, ces liens se tissent au quotidien, entre les patients, leurs proches et ceux qui les accompagnent. Et puis il y a cette association, « L’en-vie », présidée par le docteur Alexandre Delevaux, qui semble donner à l’altruisme une dimension que les mots peinent à contenir.
« Nous avons découvert un service d’une générosité rare, profondément humain, capable d’apporter un soutien à la fois psychologique et physique. Nous y avons trouvé une véritable famille médicale », confie Nathalie, la fille de Jean-Paul Guillemin.
Pour elle et les siens, la présence de l’association s’est révélée précieuse, presque essentielle. Alors, le jour des obsèques, une décision s’est imposée naturellement, faire de la quête un geste de reconnaissance, en faveur de « L’en-vie ».
Huit cents euros ont ainsi été recueillis, remis à l’association. Un don qui a profondément touché Alexandre Delevaux, les membres bénévoles et les soignants. « Cela nous permet d’apporter du positif aux patients et de soutenir le travail des équipes » explique-t-il avec simplicité.
« Nous avons trouvé de l’apaisement… et un service apaisant pour nous guider dans cette période si difficile », ajoute Nathalie, comme pour résumer l’indicible.
D’un côté comme de l’autre, la générosité circule, se répond. Et lorsque deux familles _ celle du sang et celle du soin _ se rejoignent dans un même élan de dévouement, alors ne subsiste qu’une évidence, jusqu’au bout, seul compte le bien-être du patient.
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J.B.
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