Montceau – Toute la vérité sur Camille Vaillot dit « Le Dus »

Nous publions la réponse aux commentaires calomnieux qui apparaissent sous l’article du 16 février 2020. 

Nous souhaitons rétablir la vérité suite aux commentaires irrespectueux et calomnieux qui ont salit la mémoire de notre père, grand père, camarade, Camille Vaillot, dit « Le Dus », écrit par un courageux anonyme sous l’article du conseil municipal paru le 16 février dernier. Lorsque la mémoire d’un résistant, militant politique et syndical est remise en cause, il est de notre devoir d’apporter des preuves irréfutables sur son engagement! Trop d’esprits malveillants veulent effacer de la mémoire toute cette époque en distillant le doute sur ces héros! Notre devoir est de ne pas laisser faire car celui qui oublie son passé est condamné à le revivre. Nous sommes choqués, tristes et indignés de lire de telles réactions sur un média d’information. Nous devons rétablir la vérité : voici 2 documents qui mettent en lumière la réalité sur la résistance à laquelle Le Dus a participé. Merci à notre  Camarade et Ami J-Paul Fossier de nous avoir très rapidement fait parvenir ces documents ! Chacun peut également retrouver des témoignages dans le livre de Mr Robert Chantin, docteur en histoire « Parcours singuliers de communistes résistants de Saône et Loire » où il parle du Dus mais aussi d’Antoine Tissier, Elsof Leroy, Pierre Grille ou Antoine Bar ou dans le livre de Dus lui-même « Camille Vaillot, Mineur de Montceau les mines, mémoires » aux éditions L’Harmattan. Aucun ancien résistant n’aurait écrit un tel ramassi d’absurdités haineuses comme cela. Nous invitons les gens de l’ANACR , de l’ARAC ou autres représentations de demander un droit de réponse à cet individu qui manque cruellement de courage, d’intelligence et de jugement en pensant que les internés et déportés étaient des planqués !

Notre nom, nous ne le cachons pas, nous en sommes fiers, nous sommes les enfants et petits enfants de Camille Vaillot et ses camarades de lutte.

Marie Jourdieu, Suzanne Vaillot, Rémy Vaillot, Daniel Vaillot, Robert Germain.



Extrait Mineur JPF

VAILLOT Camille (surnommé Dus)

Né le 25 mars 1917 à Saint-Vallier.

Membre du Parti communiste, il est arrêté le 29 août 1939. Libéré le 1er novembre, mobilisé et fait prisonnier il s’évade le 6 août 1940.

Assez vite, il constitue les premiers groupes de l’organisation spéciale. Il participe à la diffusion de tracts dénonçant le régime de Vichy. Ces tracts sont imprimés à Montceau-les-Mines, le papier provient de l’imprimerie ouvrière.

La grève des mineurs, déclenchée en février 1941, est préparée par la diffusion de cinq mille tracts revendiquant un meilleur ravitaillement.

Les actes de sabotage se multiplient. Avec son frère, le 1er mai 1942, il remplace le drapeau allemand par le drapeau français.

Camille Vaillot est arrêté une nouvelle fois le 19 septembre 1942 et interné à Saint-Martin-en-Ré. Sa libération n’intervient que le 20 décembre 1944.

Sources :André Jeannet, Livre mémorial de la résistance en Saône-et-Loire. DOC André Jeannet, Marie-Hélène Velu, René Moreau – Mon chemin au fil des événements-

Œuvres : Mineur de Montceau-les-Mines, L’Harmattan, 1997.La foire aux domestiques.

Sources :André Jeannet, Livre mémorial de la résistance en Saône-et-Loire. DOC André Jeannet, Marie-Hélène Velu, René Moreau – Mon chemin au fil des événements-

Maitron

VAILLOT Camille, Claude

Né le 25 mars 1917 à Saint-Vallier (Saône-et-Loire) ; mineur ; militant syndicaliste CGTU, puis CGT ; militant JC, puis communiste.

Né dans une famille de six enfants, le père de Camille Vaillot, ancien combattant, était mineur aux Houillères de Blanzy, militant communiste, syndicaliste CGTU et délégué mineur. Pour ces raisons, ce dernier ne bénéficia pas des logements attribués par le patronat aux familles nombreuses de mineurs et il dut habiter à 10 kms de la ville. Camille Vaillot quitta l’école à onze ans pour se louer comme commis de ferme. A quatorze ans, il se fit embaucher comme galibot au puits Maugrand et adhéra tout de suite à la CGTU ainsi qu’aux JC.

Le 10 février 1934, il participa pour le syndicat CGTU des mineurs à la réunion de Chalon-sur-Saône qui organisa la grève générale antifasciste du 12 février. En juin 1936, Camille Vaillot fut l’un des organisateurs des grèves ouvrières dans le bassin minier et fit partie des groupes de mineurs envoyés dans les usines de textile à main-d’œuvre féminine pour renforcer les piquets de grève face aux antigrévistes soutenus par la municipalité de Montceau-les-Mines. Après la réunification de la CGT, il devint membre du bureau syndical de 1936 à 1939 et secrétaire des JC à Saint-Vallier pendant la même période. Il était surnommé « Le Dus ».

Arrêté avec une dizaine de ses camarades une première fois le 29 août 1939, relâché le 1er septembre, Camille Vaillot fut arrêté à nouveau le 3 septembre, emprisonné à Châlon-sur-Saône puis conduit par les gendarmes à son unité militaire à Dijon. Au cours d’une permission, le 8 mai 1940, il fut arrêté par les gendarmes alors qu’il discutait avec les mineurs de son puits et ramené à son régiment à Dijon. Fait prisonnier le 19 juin 1940, il s’évada et revint à Monceau-les-Mines. Licencié par les Houillères, il travailla sur des chantiers de travaux publics et participa à la réorganisation du PCF clandestin avec Charles Terrenoire*, Elsof Leroy*, Louis Aublanc*, Lucien Fournier*. Arrêté avec cinq autres militants par la police française à la suite d’une distribution de tracts le 27 novembre 1940, ils furent conduits à la Kommandantur puis relâchés. Il fut arrêté à nouveau le 3 juillet 1941 lors de la grande rafle des communistes en Saône-et-Loire, emprisonné à Chalon puis remis en liberté le 7 octobre.

Employé plusieurs mois dans le Charollais, en zone libre, Camille Vaillot revint dans le bassin minier en mars 1942 pour organiser des distributions de tracts chez les mineurs. Arrêté le 1er mai et relâché le 28, il fut arrêté le 22 septembre, à la suite d’une distribution de tracts dans les cités de mineurs à l’occasion du 150e anniversaire de Valmy. Interné au camp de Pithiviers puis transféré au pénitencier de l’Ile de Ré, il y restera jusqu’au 15 décembre 1944.

Revenu à Monceau, Camille Vaillot fut réembauché au puits Pichon et devint le premier secrétaire du comité d’entreprise des Houillères de Blanzy de 1945 à 1946, délégué mineur en 1946, secrétaire de la section du PCF à Montceau de 1945 à 1951 puis secrétaire du PCF à Rozelay (puits de mine de Perrecy-les-Forges). Il fut un de ceux qui dirigèrent les grandes grèves de mineurs de 1948 au cours desquelles plusieurs centaines de CRS furent encerclés par les manifestants, capturés, désarmés et enfermés dans les douches de la mine jusqu’à la reconquête de la ville par l’armée. A cette occasion, il fut emprisonné. Il sera à nouveau arrêté et emprisonné en 1950 lors de la campagne pour la paix en Indochine.

Membre du PCF, Camille Vaillot était en 1991 président de l’ANACR de Montceau-les-Mines.

Pour citer cet article :

https://maitron.fr/spip.php?article133400, notice VAILLOT Camille, Claude par Jean-Yves Boursier, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.

4 commentaires

  1. Vraiment respect.
    Amitiés à la famille Vaillot

  2. je n’ai connu, et pour cause, ces temps noirs de Vichy, retournons nous à ces temps de haine stigmatisant le voisin juif, noir, homo et j’en passe, je pense que oui, le plafond de verre a sauté. je n’ai pas lu ce post et veux dire à tous ceux, libres, qui voudrons assister à la découverte de la plaque commémorative venez vous réchauffer, venez nombreux, j’applaudis avec émotion cette initiative qui doit rassembler, un point c’est tout.Que la mémoire reste intact et vive.
    Delugale

  3. Laissez parler les mauvais esprits…
    Dus Vaillot mérite largement l’hommage qui lui est rendu.
    Et bravo à la municipalité d’honorer des citoyens méritants, et de montrer ainsi que notre ville à une histoire autour de la mine, de la Résistance et des luttes sociales.

  4. Vous avez parfaitement bien rétabli la vérité.
    Cela dit, il faut aussi relativiser ce genre de commentaire visant à salir la mémoire de nos anciens. L’idée est souvent fécondée dans les esprits torturés d’anciens collaborateurs de l’époque.
    Je suis prêt à soutenir ma « thèse » les yeux dans les yeux avec ce L’Benoit s’il ose se dévoiler. Mais ne rêvons pas.

    Ayons une pensée digne pour le Dus et tous les courageux militants partout dans le monde et de toutes les époques.

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