Mont-Saint-Vincent – Une démission en plein conseil municipal

Au premier plan, Claudine Maréchal, elle a démissionné de son poste d’adjointe.

Jusqu’à présent, Jean Girardon, maire de Mont-Saint-Vincent, avait la réputation de tenir son conseil municipal. Ainsi, fin 2020, le projet d’enfouissement de déchets amiantés dans la carrière de la commune n’avait pas fuité.

Aujourd’hui, du moins ce lundi soir à la mairie, Claudine Maréchal lui a dit ce qu’elle avait sur le coeur et, dans la foulée, dans une salle bondée d’opposants au projet, elle a démissionné de son poste d’ajointe, « mais je reste conseillère municipale » lance-t-elle alors qu’elle quitte la salle.

Non seulement le projet d’enfouissement de déchets amiantés rassemble un grand nombre d’opposants et pas seulement sur la commune mais, désormais, divise le conseil municipal.

D’ailleurs, quand il a fallu voter la délibération pour inclure dans la convention entre la commune et la société Rougeot, une condition suspensive (lire par ailleurs), Claudine Maréchal demande un vote à bulletin secret, « les conseillers seront ainsi plus à l’aise pour s’exprimer » adresse-t-elle à Jean Girardon surpris par cette doléance qui déclare alors tout de go, « je demande aux uns et aux autres de bien prendre conscience de leur vote ». A-t-il eu peur d’un vote de défiance ?

Sur dix bulletins, cinq conseillers disent « oui », cinq autres votent « blanc ». Comme quoi, toutes les explications du maire n’ont pas convaincu le conseil municipal. Néanmoins, la délibération est adoptée.

Le maire appelle au calme et à la sérénité dans le village

Claudine Maréchal, comme l’admet le maire, est opposée au projet. Déjà elle n’a pas accepté de découvrir la délibération une heure avant le conseil. « Nous n’avons jamais eu de vrai débat de fond sur ce projet d’enfouissement, de nous positionner. Vous avez toujours réclamé la neutralité du conseil municipal ». Elle rappelle que l’Etat français, l’Europe et même le maire, tout le monde reconnaît la dangerosité de l’amiante et « pourtant, nous allons à l’encontre de ces dispositions ».

Alors, « signer ce document (la convention) ne donne que des droits à Rougeot » estime Claudine Maréchal qui regrette aussi que la commune « ne prenne pas ses responsabilités envers ses habitants et ceux des autres communes. Si nous ne signons pas, l’instruction de la DREAL s’arrête ».

Chacun reste courtois alors que la tension est palpable.

Elle monte d’un cran lorsque Jean Girardon évoque le communiqué que nous avons publié en supprimant des passages, signé de l’association « Préserver Mont Saint Vincent et ses alentours ». « C’est un torchon, je ne tolère pas qu’on mette en cause mon honneur ». Aussi se réserve-t-il le droit de saisir le procureur de la République.

Il prétend encore et ce n’est pas la première fois, que l’amiante n’est qu’un prétexte « pour être calife à la place du calife ». Il met également en exergue, les bons rapports qu’il entretient avec le collectif  « Un poison dans l’eau » qui « apporte des arguments » alors que d’autres « sortent un torchon ».

Et c’est ainsi que Jean Girardon, après avoir « remis les pendules à l’heure », appelle à « retrouver la sérénité dans le village, au retour au calme ».

Dehors, la pluie, le vent et le brouillard n’en font qu’à leur tête. 2021 s’annonce mouvementée à Mont-Saint-Vincent.

Jean Bernard

6 commentaires

  1. Bravo à Madame Maréchal pour son courage et sa lucidité.

  2. Voilà au moins une conseillère qui a le courage de ses opinions. Elle n’est pas Ben y oui oui .Félicitation à elle.

  3. Mme Maréchal a fait un choix de se retire d adjoint ,mais de rester conseillère, il faut absolument savoir pourquoi la CCM brille par son silence , il ne faut rester aux reproches faits à mr Girardon mais savoir la stratégie de la Ccm concernantl enfouissement des dechets comme ceux liés à l amiante..TORCY FERME IL FAUT UNE AUTRE ALTERNATIVE…LES CARRIERES OU SITES DANS LE SECTEUR NE SONT PAS NOMBREUX… ALORS Mme Maréchal il faut creuser le sujet…

  4. Bravo à cette femme pour son courage. Elle va au bout de ses convictions. Bien dommage qu’elle soit seule. Peut se regarder dans la glace!

  5. La cucm ne va sûrement pas s’opposer au projet, ça sera une aubaine d’avoir un centre d’enfouissement à proximité, surtout quand le dementelement de la central de Lucy va commencé et on sait très bien qu’il y a un volume considérable d’amiante à traité !
    C’est juste honteux de vouloir enfouire ces déchets en pleine nature d’ autre alternative existe mais c’est sur cela à un coût plus élevé.

  6. Le seul moyen qu’on connaisse aujourd’hui pour se débarrasser définitivement de l’amiante est de passer ce minéral fibreux à la torche à plasma, qui transforme les fibres d’amiante très dangereuses en matériau inerte vitreux. Seulement voilà, cela coûte cher et les volumes à traiter sont immenses. L’État, talonné par « le scandale de l’amiante », a trouvé dans l’urgence un pis-aller, qui est l’enfouissement, assorti de contraintes administratives plus ou moins sévères en fonction de la nature des déchets à traiter. Mais cela ne règle pas le problème pour autant. Il est d’ailleurs fort probable que l’enfouissement soit un jour interdit lorsque les volumes d’amiante à traiter commenceront à diminuer.
    À Mont-St-Vincent, il s’agit de créer un dépôt de déchets d’amiante sur un relief qui est aussi le château-d’eau du secteur. Aucune mesure technique ne peut garantir que les fibres d’amiante ne se retrouveront pas un jour dans la nature. Ce n’est qu’une question de temps. Faire un dépôt à cet endroit, c’est poser une bombe à retardement.

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