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Michelin Blanzy – Bibendum cherche un second souffle, aux salariés de trouver les solutions

Dimitri Fournet-Fayard, directeur du site Michelin Montceau.

C’est le gros avantage, vous crevez mais pour poursuivez votre route. C’est la technique du pneu run flat. Un témoin s’allume sur le tableau de bord, attention Michelin nous avons un problème, mais des têtes pensantes font en sorte de vous ramener à bon port. L’entreprise va perdre 2 300 emplois en trois ans, une crevaison lente mais ce ne sont pas des licenciements. La voiture s’allège pour consommer moins, c’est une logique implacable dont les actionnaires rêvent chaque matin en lisant les cours de la bourse.

Ce mercredi 6 janvier 2021, suite à l’annonce de la suppression justement de 2 300 emplois en trois ans, à la Bourse de Paris, l’action Michelin avançait de 0,14% en milieu de journée, alors que le CAC 40 progressait de 0,8% au même moment.

Le point d’interrogation est surtout de savoir si l’activité de Michelin Blanzy, le directeur du site, Dimitri Fournet-Fayard parle toujours de Michelin Montceau, va être impacté par ces suppressions de postes ? A ce stade du projet, le directeur est incapable de répondre « parce que je ne le sais pas ». A la CGT, syndicat minoritaire chez Michelin, qui tombait des nues ce mercredi matin, « mais bien sûr, il sait ».

On ne sort pas 2 300 suppressions d’emploi comme un lapin du chapeau.

Qu’a tenté d’expliquer Dimitri Fournet-Fayard à la presse ? Qu’en somme, si depuis avril 2019, les salariés de Blanzy en particulier et l’ensemble du groupe en général ne s’étaient pas penchés à trouver déjà des solutions pour améliorer la compétitivité de chaque site, ce ne sont pas 2 300 mais bien davantage de postes qui auraient dû être supprimés.

A Blanzy, les tables de réflexion (une quinzaine) ont fait émerger 850 idées. C’est donc insuffisant ou les idées sont de mauvaises qualités, un peu comme les pneus chinois qui inondent le marché mondial à moins 50% du prix des manufacturiers européens. Imbattables sur le prix mais d’une grande médiocrité sur la qualité. Mais quand vous achetez quatre pneus asiatiques pour l’équivalent d’un ou deux pneus Michelin…

Le site de Blanzy a une belle carte à jouer 

Les salariés vont devoir rectifier le tir, se remettre à réfléchir dès février. Parce que Michelin a besoin d’être plus compétitif sur les prix. Alors si à qualité égale le client paye moins cher, oui Michelin peut regagner des parts de marché. D’après le communiqué de la direction Michelin, « le Groupe compte ainsi moderniser ses sites et renforcer son positionnement sur des pneumatiques haut de gamme et de spécialités, à haute plus-value technologique ».

Ce n’est donc pas le prix du pneu qui compte mais son prix de revient.

Parce que Michelin, c’est du trois étoiles, le haut de gamme.

Dans ce contexte, Michelin Blanzy peut et doit tirer son épingle du jeu. Sur le site montcellien, se fabriquent les pneus pour le génie civil notamment pour des grues qui montent les éoliennes, une niche. C’est aussi les pneus pour l’armée française, « et les pays amis » stipule Dimitri Fournet-Fayard. « Une production en hausse » dit-il sans plus de précision.

Mais là où le bât blesse, c’est la gomme produite à Blanzy pour les autres sites. Car d’après la CGT, la production est en forte baisse. « Nous sommes capables de produire 160 000 tonnes/an mais depuis deux ans, nous sommes à 90 000 tonnes/an ».

Michelin a la réputation de produire un pneu de haute technicité qui prend de plein fouet la concurrence asiatique, principalement des Chinois. « Ils sont très agressifs » souligne le directeur de Blanzy. Il faut donc résoudre une équation qui permettrait à Michelin d’être le meilleur à un prix plus compétitif.

Le bibendum, avec son plan de simplification et de compétitivité renforcé afin d’améliorer significativement l’agilité et la performance globale de ses activités industrielles et tertiaires en France, annonce la couleur.

Autant dire que les résultats Michelin seront encore davantage observés à la loupe. Le point d’usure du pneu sera déterminant.

« La situation n’est pas critique mais si on ne fait rien… » Dimitri Fournet-Fayard a tout dit. Alors pas question que Michelin se dégonfle mais à quel prix ?

Jean Bernard

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