Montceau – L’élection des délégués sénatoriaux éclipsée par l’avenir du conservatoire

Après les municipales, place aux sénatoriales. Le 27 septembre prochain, les grands électeurs seront appelés à renouveler la moitié du Sénat. En Saône-et-Loire, trois sièges sont en jeu. Les sénateurs sortants, Fabien Genet (LR), Marie Mercier (LR) et Paulette Matray (PS-Écologiste), brigueront ou non leur succession devant un corps électoral composé à 95 % de maires et de conseillers municipaux, mais aussi de conseillers départementaux, régionaux, députés et sénateurs.

Première étape du processus, la désignation des délégués municipaux chargés de participer au vote sénatorial. C’est dans ce cadre que le préfet de Saône-et-Loire a convoqué les conseils municipaux ce vendredi 5 juin 2026.

A Montceau-les-Mines, les élus se sont donc réunis pour élire les neuf délégués de la commune issus de la société civile. Trois listes étaient en présence, celle de la majorité municipale, celle de Montceau Passionnément et celle de Relève-toi Montceau (RN). Sans surprise, la majorité a largement dominé le scrutin avec 22 voix, décrochant sept sièges. Les deux groupes d’opposition ont obtenu cinq voix chacun et un siège.

Dès l’ouverture de la réunion, Isabelle Louis a tenu à préciser qu’il ne s’agissait pas d’un conseil municipal ordinaire mais d’une séance exceptionnelle consacrée à un unique objet, l’élection des délégués sénatoriaux.

Conséquence immédiate, la maire a refusé d’examiner la question orale et le vœu déposés par le groupe Montceau Passionnément. « Ils seront examinés lors du prochain conseil municipal, le 8 juillet », a-t-elle indiqué.

Une interprétation qui ne fait toutefois pas l’unanimité. L’arrêté préfectoral précise en effet que le maire peut décider d’inscrire d’autres questions à l’ordre du jour du conseil municipal à la condition expresse que cette faculté ne retarde pas l’envoi au préfet du procès-verbal de désignation des délégués.

La question que souhaitait soulever l’opposition portait sur un sujet sensible, le non-renouvellement de plusieurs contrats d’enseignants au Conservatoire à rayonnement communal.

Dans leur texte, les élus de Montceau Passionnément _ Marie-Claude Jarrot, Gérard Gronfier, Sylvie Lukowitz, Lilian Noirot et Yves Kasmine _ s’inquiètent de la situation de plusieurs professeurs ayant reçu un courrier leur annonçant la fin de leur contrat, sur fond de contraintes budgétaires et de réorganisation du service.

A l’issue de la séance, Isabelle Louis a apporté des précisions à la presse.

« Il s’agit de quatre professeurs dont les CDD arrivent à échéance entre juin et septembre. Si nous les prolongions, nous aurions dû les passer en CDI. Or, ce n’est pas notre orientation aujourd’hui ».

Une réponse qui soulève de nouvelles interrogations : les enseignements concernés vont-ils disparaître ou être maintenus sous une autre forme ?

La maire assure que rien n’est définitivement arrêté. « Nous ferons le point à la rentrée en fonction du nombre d’inscriptions. Si nécessaire, nous créerons des heures de vacation. Les professeurs seront libres de les accepter ou non ».

Au-delà de ces quatre contrats, c’est peut-être l’avenir même de l’offre pédagogique qui se dessine. « Nous devons construire un projet culturel à long terme », explique Isabelle Louis. Parmi les pistes envisagées figure une mutualisation de certains enseignements avec les écoles de musique des communes voisines.

Concrètement, des élèves pourraient demain suivre certains cours à Blanzy ou à Sanvignes lorsque les effectifs ne justifient plus le maintien d’une classe à Montceau.

L’opposition y voit des priorités budgétaires et s’interroge sur l’avenir de l’enseignement artistique à Montceau-les-Mines et pour quelles économies ?

La maire ne le nie qu’en partie. « Ce sont des économies relativement modestes. Mais si nous devions transformer ces contrats en CDI, nous ne serions plus du tout dans les mêmes montants ».

Au total, cinq contrats à durée déterminée disparaissent dans les effectifs municipaux, quatre au conservatoire et un au centre nautique, à l’accueil.

Une décision qui pourrait marquer le début d’une nouvelle organisation des services municipaux, bien au-delà du seul conservatoire.

Qui joue du pipo ?

J.B.

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