Lutter contre les violences sexuelles

Nous avons relaté la séance de dédicace de Céline Chenevière, mais nous n’avons pas pu aborder les sujets de fond, comme la lutte contre la prescription des crimes sexuels, la nécessité pour la loi de revoir le droit en ce domaine. Nous avons donc décidé d’interviewer Céline Chenevière.

L’informateur: La secrétaire d’état Marlène Schiappa proposait que l’âge du consentement sexuel soit fixé à 15 ans. Puis maintenant il serait laissé à l’appréciation des juges.

Céline Chenevière : En ce qui concerne la proposition de loi de Marlène Schiappa, concernant l’âge du consentement sexuel, me convient bien mieux que les 11 ans évoqués par d’autres !!! Mais maintenant le fait que l’âge de consentement sexuel ne soit pas inscrit noir sur blanc sur le texte de loi et soit toujours laissé à l’appréciation du juge, me dérange…

Effectivement, comment peut-on imaginer qu’un enfant de 11 ans, tout juste sorti de l’école primaire, puisse avoir assez de maturité, ou de discernement ???

Quand je regarde mes enfants, et que mon fils de dix ans rit encore aux « pipi, caca, prout », je ne comprends même pas qu’une telle proposition ait été faite !!!

En quoi la distribution de bracelets va faire avancer la cause?

« Stop prescription » est une initiative de la Parole Libérée à laquelle l’association AIVI (Aide aux victimes d’Inceste), s’est associée.

Il représente la lutte contre la prescription judiciaire des crimes sexuels commis sur des mineurs de moins de 15 ans.

Afin de fédérer l’ensemble des acteurs mobilisés sur la protection de l’enfance au cours de la dernière campagne présidentielle, il avait donc été proposé une opération « ruban vert pomme », code couleur que chacun peut porter au poignet, en boutonnière ou autre, sur lequel est inscrite la mention « STOP prescription ! »

Cette opération est celle de tous, sans aucune appartenance, appropriation ou revendication.

« Le ruban vert pomme » est justement là pour tous nous donner la main dans une immense chaîne humaine, entourant en son cœur l’innocence de nos enfants.

Et en ce qui concerne les autres dispositions du futur texte ?

Dénoncer un attouchement, ou une violence sexuelle est déjà compliqué, alors se dire qu’une personne a ce pouvoir de décider pour nous, si nous étions consentant ou pas, à 9 ans par exemple, je trouve ça vraiment aberrant.

Quant à l’augmentation de dix ans de la prescription, elle ne répond pas à mes attentes, mais au moins ça avance, même s’il le chemin sera encore long.

Propos recueillis pour linformateurdebourgogne.com par Gilles DESNOIX

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