La CGT dénonce : après les masques, voici l’oxygène médical

Communiqué de la CGT du bassin montcellien.

Il y a pénurie de masques respiratoires, mais pas que…

 

La planète entière vit actuellement une crise sanitaire sans précédent qui contraint les gouvernements à prendre des mesures difficiles pour répondre à l’urgence. La Chine, l’Italie et l’Iran comptent malheureusement un nombre important de morts causé par la propagation du Coronavirus. Ces pays ont déjà fait part de leur difficulté d’approvisionnement sur le matériel
médical et notamment sur l’oxygène médical.

Aujourd’hui, c’est l’Europe qui devient l’épicentre de la pandémie de ce Coronavirus et la France fait partie des pays les plus touchés. Ce virus déclenche de nombreux dysfonctionnements respiratoires dont les symptômes peuvent être atténués par l’oxygène médical. L’actualité est aujourd’hui focalisée sur la pénurie de masques respiratoires, mais il n’y a pas que ça… Nous dénonçons les ravages de ce capitalisme débridé…

L’usine LUXFER de Gerzat (Auvergne – Puy de Dôme) est (était) la seule usine en Europe à fabriquer des bouteilles de gaz d’oxygénothérapie de haute pression et de très haute qualité pour les pompiers, les hôpitaux et les malades.

Le groupe LUXFER Gas Cylinders a décidé de transférer cette activité dans les usines de Nottingham (Royaume-Uni) et de Riverside (États-Unis) et de fermer l’usine de Gerzat.

Il faut savoir que LUXFER a racheté, en 2001, pour un euro symbolique, cette usine à Pechiney (entreprise nationalisée). Ce sont donc les contribuables qui ont financé les machines et le savoir-faire de cette entreprise.

L’entreprise a touché du crédit d’impôt (CICE) à hauteur de 250000 euros par an, et en touche toujours, étant donné que les règlements des commandes fabriquées par les ex-salarié-e-s continuent à tomber.

L’État finance donc une entreprise qui a licencié en toute impunité… Une honte! Et pendant ce temps-là, les actionnaires font travailler cet argent par des fonds d’investissement privés tels que BNP ou encore BlackRock. Eh oui: il faut bien financer les licenciements illégaux devant les prud’hommes, même si Macron les a plafonnés…

Cette entreprise se trouve donc depuis plusieurs mois à l’arrêt. La raison, c’est que le groupe LUXFER qui la détient, a décidé en 2018 de licencier tous les effectifs de l’entreprise provoquant ainsi la fin de la production de bouteilles de gaz respiratoire pour créer une pénurie, forçant ainsi ses clients à acheter des produits de plus basse qualité à un prix plus élevé. Ce groupe a ainsi enregistré cette même année des bénéfices en hausse de + 55 % par rapport à l’année précédente. Les joies du capitalisme, No limite…

Pour améliorer ses profits, LUXFER ne s’est pas contenté de spéculer en créant cette pénurie, il a mis en danger la sécurité de l’approvisionnement des systèmes de santé mondiaux.

Le Covid-19 se rapproche des 15 000 morts alors que la crise sanitaire n’est qu’à son début. Les ex-salarié-e-s du site de Gerzat avec leur syndicat CGT protègent leur usine pour éviter que des bulldozers détruisent leur outil de travail, dénonçant depuis des mois les risques de pénurie ou de qualité sur l’approvisionnement en bouteilles d’oxygène médical et des Appareil Respiratoire Isolant (ARI) pour les pompiers européens.

Mais, afin de respecter les mesures de confinement imposées par l’épidémie du Covid-19, les salariés en lutte ont décidé de suspendre l’occupation de leur entreprise LUXFER. Ils exigent de la Préfecture du Puy de Dôme qu’elle prenne toute responsabilité qui est la sienne dans la poursuite de la protection du site, de l’outil de travail, des salariés et de leurs représentants, dans la perspective de la nationalisation de l’entreprise, afin de répondre aux besoins urgents et vitaux imposés à tous par la crise sanitaire. Les compétences et le savoir-faire des salarié-e-s, l’outil industriel qu’ils ont construit et protégé doivent être mis au service de l’intérêt général et des professionnels de santé et des populations.

Monsieur Macron, rappelez-vous votre allocution du 12 mars : « Ce que révèle cette pandémie, c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché. » Nous sommes bien d’accord Monsieur le Président ! et après, vous faites quoi… ?

Un commentaire :

  1. La délocalisation s est faite grâce à qui ? Posez vous les bonnes questions? Merci la cgt comme chez Terex a l époque où elle a pris des décisions sans l accord de la majorité des salariés qui par ailleurs était non syndiquée.
    C est facile de tout jeter sur les pouvoirs publiques , vous êtes comme les insoumis vous savez critiquer mais pour proposer et prendre ses vrai responsabilités y a plus personne.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.