Hôpital – Les échos des parapluies

« Nous nous battons pour l’avenir, nous retenons et canalisons notre colère pour être efficace et essayer de sauver ce qui peut l’être comme l’ambulatoire ». Une infirmière.

 

 

 

En ce samedi matin très pluvieux, pendant que le représentant du CODEF haranguait la foule, les commentaires allaient bon train sous les parapluies déployés.
D’Yvette trouvant le discours intéressant, mais « vraiment long », à (nous l’appellerons Paul) qui s’étonnait que « de l’extrême droite à l’extrême gauche ils sont tous là, vous ne croyez pas qu’il y a de la politique derrière tout ça ? », en passant par Robert complètement navré de constater à la fois le fatalisme d’une partie de l’assemblée et des personnels soignants présents et à la fois ce qu’il présume être une récupération politique; tous ces gens, présents à chaque fois, qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il vente ou que l’on étouffe de chaud, tous ces gens affirment être là parce qu’il ne faut absolument pas « lâcher un pouce de terrain ».
Parmi les élus de droite présents le message est clair « il faut se battre jusqu’au bout, même si l’on sait que certains dés sont jetés ». Pour les représentants de la gauche et surtout de l’extrême gauche le message est le même avec encore plus de rigueur pour faire plier le gouvernement, avec en exergue les problèmes inéluctables d’emplois menacés.
Pour Christiane, une infirmière hospitalière, impliquée à deux mille pour cent dans la vie associative, sociale et professionnelle, autre version. Elle juge que les discours tenus se situent au niveau primaire du problème.  » C’est beaucoup plus complexe, beaucoup plus technique et stratégique que les positions prises ici. Nous savons que la chirurgie conventionnelle va partir, c’est décidé, inéluctable ».

Elle est pleinement consciente que « depuis 25 ans on se moque de nous, on nous endort avec de vagues promesses et des plans successifs. »
Pour elle la lutte doit se focaliser aussi sur un point essentiel, la reconversion des services après la disparition de la chirurgie, et ainsi réduire l’impact des suppressions d’emploi en les réorientant.
Un peu plus loin un groupe discute ferme. Certains y croient encore dur comme fer, car ils envisagent avec effroi ce qui leur pend au nez. D’autres en ont fait leur deuil et hochent la tête d’un air désespéré. « 25 ans que ça dure, Monsieur, les élus de droite comme de gauche ont été incapables de rien faire. Regardez aujourd’hui ils sont tous là avec l’écharpe tricolore, vous y comprenez quelque chose vous ? Et le député il est où ?»
Il était là au premier rang.
Cela dit, nombreux veulent y croire et se disent prêt à venir chaque fois que nécessaire.
Gilles DESNOIX

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