Dans l’écrin feutré des Ateliers du Jour à Montceau-les-Mines, un après-midi pluvieux s’est levé comme une respiration venue d’ailleurs, portée par les vents chauds du festival Outremer en Bourgogne.
Elle est entrée presque en silence, Annick Ozier-Lafontaine, avec cette pudeur qui précède les grandes marées celles qui bouleversent sans bruit. « Je vais interpréter mon univers musical », a-t-elle murmuré et déjà, l’air vibrait d’un secret à dévoiler.
Alors, sous ses doigts, le piano s’est mis à parler, non pas en notes, mais en confidences. Chaque accord, une lueur. Chaque silence, une prière. Et dans cet espace fragile entre deux souffles, naissait une émotion pure, presque palpable.
C’était un métissage d’harmonies, un tissage délicat d’ombres et de lumières qui enveloppait l’auditeur comme une étreinte invisible, le guidant vers cet état rare, celui de la grâce.
Sa musique venait du cœur, indéniablement et son toucher… son toucher tombait comme la pluie sur le visage, tantôt caresse tiède d’un soir d’été, tantôt frisson d’une averse vive, douce, forte, chaude ou glacée mais toujours vraie.
Ce n’était plus seulement un concert, c’était une offrande. Toute l’intimité de l’artiste jaillissait, libre et nue, sous ses mains habitées et venait toucher, un à un, les cœurs ouverts dans l’ombre.
Et lorsque la dernière note s’est éteinte, elle a continué à vivre, quelque part entre les battements, là où la musique devient mémoire et où l’émotion ne meurt jamais.
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J.B.
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