Fait du jour – Depuis septembre, ils vivent dans leur voiture et à Montceau, la solidarité n’est pas un vain mot

Le sol est humide, le froid s’infiltre partout. Recroquevillé sur un bout de plastique, un parapluie à portée de main, bonnet sur la tête, il fait la manche à l’entrée d’un supermarché boulevard Maugrand à Montceau-les-Mines.

Il y a la covid, le couvre-feu, l’interrogation des Français sur les bienfaits ou pas du vaccin, ceux qui gueulent de peur qu’on leur enlève un bout de liberté, ces lois liberticides, d’autres et souvent les mêmes qui un jour adulent les flics quand ils interviennent au Bataclan et leur crachent à la gueule un jour de manif quand ils reçoivent une pluie de lacrimo alors que dans un coin de Montceau-les-Mines, que des milliards et des milliards sont injectés dans l’économie, un couple est à la rue en décembre 2020. Drôle d’époque !

Cet été, Victor (nous avons changé son prénom) vient de rompre avec sa compagne. La fracture s’est mal passée. Plus de logement, plus de boulot, il part donc faire les vendanges à Meursault. C’est inespéré, « le patron m’embauche, je signe un contrat, il part en vacances en Croatie, il n’est toujours pas revenu ». Galère.

Entre temps, Victor rencontre Florence (qui n’est pas son vrai prénom) qui elle-même vient de vivre une séparation. Lui a 33 ans, il est originaire de Chalon-sur-Saône. Elle, a 43 ans et a vécu au Creusot.

L’un et l’autre sont sans revenus, sans logement et n’ont qu’une voiture dans laquelle ils vivent. « Jamais je n’aurai imaginé en arrivé-là, ça vous tombe dessus sans prévenir » murmure Victor la tête basse. « On s’y fait, on n’a pas trop le choix ».

Le sourire de l’espoir

Dans leur voiture, ils ont fait Beaune, Dijon avant d’arriver à Montceau-les-Mines. Bientôt trois semaines qu’ils sont là et aussi bizarre que cela puisse paraître, ils ont retrouvé, même si c’est un bien grand mot, le sourire. « Nous avons rencontré des gens qui veulent nous aider. Des personnes nous ont invités le 24 décembre, ont nous a offert un repas au fast food; le soir, une famille nous accueille dans sa cour avec notre voiture et nous met à disposition un chauffage électrique pour ne pas avoir froid dans l’habitacle ».

Victor est confiant. « Bientôt avec l’association du Pont, nous aurons un logement et en janvier je vais toucher le RSA, enfin, c’est ce qu’on m’a dit. C’est ma copine qui s’occupe des papiers ». Ils ont aussi appelé le 115, « mais on voulait nous séparer, l’un à Paray-le-Monial, l’autre à Dijon, ce n’était pas possible ».

Toute leur vie tient dans une voiture. Tout leur espoir repose sur la solidarité qui une fois encore se manifeste à Montceau plus qu’ailleurs.

Victor a été cariste et chaudronnier-soudeur et avec Florence, après ces mois de galères, ils ont décidé de s’en sortir. La nuit dernière, le CCAS leur a fourni un appartement du côté de Salengro, mais seulement pour une nuit. Un vrai toit avec un vrai lit. Une petite lueur. « Les gens sont plus généreux à Montceau » témoigne-t-il.

Il fait toujours aussi froid et Victor esquisse un sourire. « On est sur la bonne voie ».

Jean Bernard

19 commentaires :

  1. Merci Jean-Bernard pour cet article…
    Accrochez-vous Victor et Florence !

  2. Bonjour, comment est il possible d’aider ces deux personnes ? Avez-vous une adresse à me communiquer afin de pouvoir leur offrir un petit quelque chose. Merci et joyeuses fêtes à vous

  3. Le 115 sépare les couples, je l’avais déjà expérimenté avec un couple de SDF que j’ai provisoirement hébergé et qui avait rapidement pu être pris en charge par les services sociaux locaux. Les démarches auprès des acteurs locaux comme le pont ou le CCAS sont bien plus efficace que les numéros nationaux qui amènent bien peu de solutions. Bel article.

    • Malheureusement pour eux, le CCAS ne les a dépanné qu’une seule nuit en mesure d’urgence et l’association le pont n’a rien de libre avant quelques semaines…

  4. Je ne pense pas que mme Jarrot reste insensible à cette triste affaire a-telle été contactée?

  5. Comment on peut être sans avec ce métier dans les mains ?
    Sur pôle emploi il y a 5 offres proposées en un mois sur Montceau, je n’ose pas imaginer combien il y en a sur Dijon !
    Pour info si vous composez le 115 en Saône et Loire vous tombez sur l’association Le Pont.
    Ce monsieur a dû être sans emploi depuis quelques années déjà pour obtenir le rsa maintenant car il faut épuiser la totalité de ses droits au chômage avant de pouvoir prétendre au RSA et chaudronnier soudeur on en demande à la pelle, allez voir en agence d’interim !!!!!

    • Je me suis fait la même remarque. La période est très difficile pour nombre d’entreprises qui n’embauchent plus, mais ce Mr semble avoir un savoir faire recherché par les entreprises. Mais il faut pouvoir avoir les outils pour les contacter et ensuite se déplacer pour les rencontrer. Et c’est la que le bat blesse.

    • Trouver un job alors qu’il vit dans sa voiture je voudrais bien vous y voir…

  6. Désolé *sans emploi

    • Estelle, on ne connait pas le parcours de vie de Monsieur alors on ne peut se permettre de juger et de donner des leçons. Toucher le fond peut arriver à tout le monde et plus vite que nous croyons. Pour l’association le pont, rien de disponible dans l’immédiat et autrement le 115 leur propose des foyers séparés, donc voilà…. D’autres questions ?

  7. Et oui ils ne sont pas migrants….. ils n’ont droit à rien
    Pauvre France je suis écœurée

    • Tout à fait je l’ai déjà dit..les migrants sont mieux vus que les retraités qui ont cotisés 40 ans..et en plus ils avaient de quoi payer les mafieux passeurs…voilà ce que soutiennent les socialos gauchistes…!!!!

  8. Il ne faut pas être écœurée, rendez-vous sur le parking du magasin action et faites un joli chèque ……… !! Il me semble qu’en FRANCE, nous faisons LARGEMENT bien assez dans le social. Et effectivement, dans « sa branche » il ne manque pas travail. Mais bon certainement la faute de « pôle emploi » qui ne vient pas lui prendre la main !!
    Enfin bref vous avez tout à fait raison, PAUVRE france !!!!

  9. Non, pas PAUVRE France, mais saloperie de putain de système économique qui génère la misère en même tant que l’opulence et instille la médiocrité et l’égoïsme autant que la solidarité et la révolte…. Comme on le lit avec consternation dans ces commentaires !

  10. moi je suis passé a action et j ai fait un petit geste pour eux
    si tout le monde faisait pareil ce serait bien pour eux

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