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Déconfinement – Alors le vélo, ça marche ?

Deux mois de confinement vont-ils changer le comportement de la population, notamment dans ses modes de déplacement ? Le vélo a-t-il une chance de supplanter l’automobile pour se rendre au boulot par exemple ?

A en croire les médias nationaux, de partout poussent des pistes cyclables, les magasins de cycles sont dévalisés, « il y a une telle demande que vous ne pouvez même pas choisir la couleur… » crachait France Info dans la radio en ce jour nouveau.

Ce lundi 11 mai 2020, premier jour de déconfinement, la bicyclette, même quand on partait de bon matin avec Paulette, c’est comme Zidane qui remporte le 100 mètres nage libre aux Jeux olympiques de Tokyo ou comme Amédée Lepoilu, vainqueur du tour de l’Himalaya en apnée. On rêve, c’est beau de rêver.

Paris, c’est Paris et ici, chez nous, dans le Bassin minier, version plate vallonnée de la terre ronde, le vélo va-t-il gagner ses galons ?

Un seul grand spécialiste du deux roues à pédales a sa petite idée sur la question d’autant que le gouvernement a lancé l’opération « 50 euros pour faire réparer son vélo », inciter le Français à délaisser les transports en commun par crainte du virus.

Maxime, le gérant de JM Cycles, 6 rue Rouget de Lisle à Montceau-les-Mines, est inscrit sur la plateforme de l’opération « 50 euros ». Effectivement, « on m’appelle pour avoir des informations ou me dire : mon vélo fait crac crac ou cric cric. Mais je ne répare pas par téléphone » rigole-t-il. « Et 50 euros, c’est juste une heure de main d’oeuvre, c’est sans compter le prix des pièces. Malheureusement, nous n’avons pas beaucoup d’informations sur cette opération » précise-t-il encore.

Avec le confinement, les mentalités vont peut-être changer

En fait, ressortir son vieux biclou de la cave et en faire d’un coup de baguette magique une fusée à pédales, c’est juste pas possible.

Pour l’heure et après pas loin de deux mois de fermeture, Maxime, quand bien même est-il le roi de la réparation, il est aussi un commerçant et espère bien remonter la pente sur le grand braquet quitte à se faire mal aux jambes. Quand il pense aux 60 000 € de chiffre d’affaires en mai 2019…

A vrai dire, pour ce premier jour de déconfinement et malgré un temps à ne pas mettre un cycliste ordinaire dehors, Maxime est plutôt satisfait de sa journée. « J’ai vu du monde, pas loin d’une vingtaine de personnes » souligne-t-il avec le sourire. Encourageant. Outre la vente de patins de frein, d’un casque, de l’huile, il a à son tableau de chasse 2 VTT enfant, 1 VTT adulte et un vélo électrique. « Ce sont des achats repoussés à cause du confinement » tempère-t-il. Ils auraient pu ne pas venir aussi.

De là à voir les rues de Montceau-les-Mines envahies par les vélos même après deux mois à penser autrement, à prendre de bonnes résolutions, personne n’y croit vraiment. « Alors oui, les mentalités peuvent changer, le vélo présenter une alternative aux déplacements urbains. Moi, je fais tous les jours 4 km aller retour pour venir bosser. Mais déjà faudrait-il des pistes cyclables » analyse Maxime. « J’ai peur que rien en change mais attendons, peut-être que d’ici quelques semaines… »

Et pourtant, aujourd’hui pédaler, devient presque un plaisir avec l’assistance électrique. « C’est 80% du chiffre d’affaires » assure le gérant de  JM Cycles.

On commence demain !

Jean Bernard

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