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Conseil municipal de Montceau – Marie-Claude Jarrot : Le couvre-feu, « un énième coup dur pour nos bars, restaurants et la culture »

Dans ses propos liminaires en ouverture du conseil municipal ce lundi soir en salle Bourdelle à l’Embarcadère, Marie-Claude Jarrot, maire de Montceau-les-Mines, est revenu sur l’attentat qui a coûté la vie au professeur Samuel Paty, « parce qu’il avait intégré à son enseignement celui de la liberté de penser, de dire, d’écrire et de dessiner » rappelle-t-elle.

Des propos lourds de sens comme ceux à propos du couvre-feu, « Il s’agit là d’un énième coup dur pour nos bars, nos restaurants, générateurs de vie sociale, pour le monde économique dans son ensemble, pour le monde culturel aussi (…) ».

Lire la déclaration ci-dessous.

Mesdames, Messieurs,

Une fois encore, je regrette, mais comment pourrait-il en être autrement, d’avoir à commencer ce conseil par cette triste habitude qui consiste à rendre hommage aux victimes du terrorisme.

Et l’émotion est profonde après ce crime odieux qui a frappé il y a quelques jours, en plein procès des attentats contre Charlie Hebdo, un professeur d’histoire à Conflans-Sainte-Honorine pour le seul motif d’avoir enseigné la liberté d’expression à ses élèves.

S’en prendre à un enseignant, c’est s’en prendre à l’espoir parce que si les journalistes peuvent alerter, si les policiers peuvent assurer l’ordre public, nous ne sortirons jamais de ce cauchemar si les professeurs, eux, ne peuvent plus éclairer les générations futures contre les dangers de l’obscurantisme.

Bien sûr, on pourra polémiquer à l’infini, comme on aime à le faire en France et comme on a l’immense chance de pouvoir le faire, sur les circonstances de ce nouvel assassinat.

Mais là n’est ni le lieu ni le moment et surtout cela ne change rien au fond : c’est un homme qui a été sauvagement tué, de manière préméditée, parce qu’il avait intégré à son enseignement celui de la liberté de penser, de dire, d’écrire et de dessiner.

Ces libertés elles font pourtant partie des valeurs fondatrices de notre pays. Elles sont au cœur de notre histoire, de notre identité et de notre culture. De nos racines.

Ces libertés, elles passent par la laïcité qui, je le rappelle, n’est pas une opinion parmi d’autres mais la liberté d’en avoir une. Elle n’est pas une conviction mais le principe qui les autorise toutes, sous réserve du respect de l’ordre public.

Et puis, après le temps des réactions, il faut maintenant le temps de l’action. Il est plus que temps.

Je crois par exemple que nous n’avons pas prêté assez attention au rapport OBIN de 2004 qui s’attache à la place et aux risques des signes et manifestations d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires.

Je pense aussi dans l’esprit de ce qu’a rappelé hier François Baroin le président de l’AMF dans le JDD qu’il est important de « déclarer l’état d’urgence républicain » non pas pour rajouter une guerre citoyenne à une guerre sanitaire mais, par delà une réforme constitutionnelle sans doute utile, pour agir sans répit contre les activistes et leurs soutiens dans la guerre qu’ils mènent, eux, contre la République

L’esprit de l’article 2 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen qui en appelle à la sureté, nous rappelle que les principes républicains qui sont les nôtres et la conception de la société dans laquelle nous voulons vivre, doivent être un combat de tous les jours.

Ce combat passera peut être par une réponse européenne mais il revient en tous cas au Président de la République de prendre la tête de ce combat. Et il reviendra à nous, élus locaux, de veiller à l’y aider. A la place qui est la notre.

Vous trouverez sur table un vœu présenté par la majorité municipale

Le hasard a voulu que ce nouvel attentat intervienne à la veille de l’instauration du couvre-feu dans neuf métropoles de France, visant à freiner la circulation du virus Covid-19.

En annonçant ces premières mesures il y a 10 jours puis de nouveaux protocoles ce jeudi dernier, élargissant le périmètre du couvre feu, le gouvernement a lancé un appel à l’unité et à la solidarité des Français face à la crise sanitaire.

Il s’agit là d’un énième coup dur pour nos bars, nos restaurants, générateurs de vie sociale, pour le monde économique dans son ensemble, pour le monde culturel aussi en direction duquel, comme nous l’avons fait depuis le début de la pandémie, nous essayons et nous essaierons toujours de trouver des solutions.

Et puis, c’est, encore une fois, plus qu’une privation de liberté, la sensation que nous sortirons difficilement de cette situation à la fois anxiogène et dont nous ne connaissons pas l’issue.

Les mesures fortes prises par le gouvernement et le Préfet impactent fortement la vie de nos concitoyens montcelliens et des entreprises de notre territoire. C’est un fait.

Et il nous revient de tout faire pour les accompagner au plus près.

Reste à savoir si le gouvernement avait le choix ou pas là encore, ce n’est pas à nous d’en juger. Sauf que la réalité des chiffres de la contamination n’est quand même effectivement pas bonne et s’aggrave de jour en jour.

Et même si toutes les communes de Saône et Loire ne connaissent pas la même circulation du virus, les taux de positivité et le nombre de patients hospitalisés ne cesse de croitre.

C’est la raison pour laquelle je suis de nouveau en contact hebdomadaire en ma qualité de maire et présidente de l’AMSL, avec Monsieur le Préfet qui nous détaille les mesures préconisées pour protéger au maximum et permettre au minimum ce qui est autorisé.

Des mesures que nous essayons, comme depuis le mois de mars, de décliner avec en ligne de mire à la fois la sécurité sanitaire et médicale des Montcelliennes et des Montcelliens.

Pour autant les chantiers avancent. Les réflexions stratégiques aussi. J’en veux pour exemple notre participation très enrichissante à la 3édition des Rencontres nationales « Action Cœur de Ville » début septembre quelques jours après que le Premier ministre a présenté un Plan de relance qui fait plutôt la part belle aux territoires.

Cœur de Ville à Montceau,

C’est la boutique éphémère avec un calendrier complet jusqu’en mars prochain.

C’est la fin de la phase test très concluante de la démarche Click and collect qui s’oriente à présent sur un premier commerce en ligne sur la base de 27 autres qui ont montré leur intérêt pour cette démarche qui peut s’avérer une véritable priorité dans cette période de contraintes sanitaires fortes.

C’est la fin de la phase 1 pour le déploiement du WI FI gratuit en centre ville et le début d’une deuxième phase sur d’autres quartiers de la ville.

C’est la fin de l’étude sur l’éclairage public qui sera l’un des chantiers phares de ce mandat.

C’est la poursuite de la procédure de requalification du site Loison avec le 16 novembre, le rendu des candidatures.

C’est le travail d’étude et d’expertise qui continue pour Salengro. Nous commençons à y voir plus clair. Ce sera là aussi un immense chantier pour ce mandat.

Il en est de même pour l’étude sur le déplacement et les fonctionnalités urbaines de la Ville lancée le 6 juillet notamment avec le schéma cyclable en lien avec la CUCM. Ce sera très bientôt la mise en place de pistes cyclables expérimentales de la fin de l’avenue de Lattre de Tassigny jusqu’au rond Point de la Coudraie.

Avec Cœur de Ville, nous inscrivons Montceau sur un chemin qui m’incite à vous rappeler cette belle phrase de Charles Péguy : « Deux mille ans de labeur ont fait de cette terre / Un réservoir sans fin pour les âges nouveaux ».

Pour y parvenir il y a aussi une volonté et des moyens.

Des moyens supplémentaires notamment mis en avant dans cette DM qui correspond aux séquençages budgétaires habituels à hauteur de 133 000 euros sur le budget général pour répondre aux demandes et aux besoins d’ajustement.

C’est cela aussi le devoir et l’honneur d’une équipe municipale de poursuivre le travail entrepris contre vents et marées pour participer à faire de notre ville celle que nous avons annoncé qu’elle deviendrait c’est à dire une ville de son époque.

Et ceux qui souhaitent le contraire, ceux qui l’appellent de leurs vœux, ceux qui passent leur temps à vouloir détruire plutôt que construire, à vouloir dénoncer plutôt qu’informer, en seront pour leurs frais.

Et puisque je parle de frais, je voudrais d’ailleurs dire à Monsieur Commeau qui avait passé beaucoup de temps à tenter de convaincre les élus de son groupe que la délibération relative au remboursement des frais des agents proposée au vote des élus au dernier conseil municipal était illégale, qu’il aurait mieux fait de garder son énergie à d’autres tâches.

J’ai en effet saisi les services de la préfecture qui m’ont confirmé je les cite : « que la délibération ne décèle aucune irrégularité ».

Plutôt que de clamer haut et fort comme il l’a fait le 7 septembre dernier que les élus de la majorité allaient je le cite «  faire prendre des risques à la Ville et aux agents » il aurait été mieux inspiré de s’abstenir de cette remarque et de ne pas s’abstenir dans son vote. Cela aurait été sans doute plus apprécié par les agents municipaux qui méritent quand même que l’on rembourse correctement leurs frais de déplacement.

Nous, en tous cas, nous continuons à avancer et à construire.

C’est l’aventure des Jeux Olympiques Paris 2024 avec la fierté d’avoir été retenue pour l’accueil de gymnastes, c’est un skate park qui, enfin, est bel et bien à la disposition des jeunes qui l’ont adopté.

Et avant de passer à l’ordre du jour de ce conseil qui verra aussi la présentation du rapport d’activité de la CUCM dont nous voterons j’en suis certaine, tous ensemble, les modifications des statuts, dans un esprit de mutualisation, je souhaiterais que l’on puisse avoir une pensée toute particulière à la mémoire de deux Montcelliens qui viennent de nous quitter.

L’un d’entre eux, Jean-Claude Rey, personnage haut en couleurs mais aussi pétri d’humanisme et de ce besoin d’engagement. Ce n’est pas si courant. Joueur et entraineur au RCMB, professeur de gym à Jean Moulin, il a été conseiller municipal puis maire adjoint sous les mandats d’André Jarrot et du Docteur Thomas. Il était en charge de la communication et s’était donné pour véritable mission de moderniser l’image de la Ville, de sa ville.

Une ville à laquelle il était très attaché. Homme de conviction, homme de colères, grande gueule un peu soupe au lait, militant gaulliste, homme de foi, fervent partisan de la cause animale, il défendait une certaine idée de la France et de Montceau.

Nous adressons à sa famille et en particulier à sa fille qui travaille ici à la Mairie, notre meilleur et fidèle souvenir.

Tout comme nous adressons nos pensées les plus tristes à la famille de Laurent Bylebyl qui est parti il y a quelques heures, laissant derrière lui un immense vide.

Il était au cœur de sa ville, il était au cœur de l’animation de la ville qu’il aimait tant. Il était dans le cœur des Montcelliens qui se souviendront sans doute de «la plus grande discothèque du monde» qu’il avait lancée pendant le confinement pour tenter de mettre en musique les soirées du samedi. Il était la gentillesse et la générosité. Avec lui, nous perdons l’un de ceux qui se battait pour apporter le sourire aux autres. Le notre est absent aujourd’hui. Sa disparition nous affecte toutes et tous je le sais. Nous pensons fort à lui.

4 commentaires

  1. et ceux qui ne sont ni journalistes ni professeurs ?

    oublié comme tous les politiciens, pourtant c’est tous les jours qu’il y en a qui se prennent des coups de couteaux mortels, suffit de rechercher avec internet; et il faut les laisser faire et continuer à voter pour ceux qui les laissent faire depuis 50 ans

  2. Tous les jours meurent des montcelliens ou montcelliennes ( hélas) Au prochain conseil Mde la maire fera-t-elle aussi l’éloge de ses disparus ? Ils sont aussi dignes que ceux cités ce soir

  3. L’exploitation du Covid par tous les politiques…..

  4. Bien beau tout ça Madame le Maire mais pour « protéger  » vos montceliennes et montceliens il faudrait peut-être un peu plus de contrôles et sévérité avec tous ceux qui dans la rue ne portent pas de masque (arrêt de bus, étang du plessis, sortie du chien, aller aux containers à ordures, etc…) et les voitures qui vont et viennent sur les parkings d’immeubles oubliant le couvre-feu. Si on en est là en France il y a des raisons malheureusement.

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