Confinement – Les Galipotes sont en sommeil mais ne se laissent pas endormir

 

C’est l’une des plus importantes associations du Bassin minier et, comme toutes les autres, petites et grandes, le 17 mars dernier, « nous avons arrêté toutes nos actions » stipule Fabiola Giorgi, la président de l’Abreuv’Art des Galipotes.

Un sérieux coup d’arrêt. Du jour au lendemain, le confinement a tout détraqué et tout bloqué. « Nous sommes passés à presque trop à pratiquement rien » souligne Pascal Trentin, le trésorier avec ses cheveux hirsutes. Il n’aura aucun mal à reprendre son rôle dans la pièce « Le pire village de France » que l’association devait jouer le 3 avril et logiquement repoussée au 20 septembre prochain à Saint-Romain-sous-Gourdon. « Enfin, peut-être » soupire-t-il. « Il nous faudra aussi répéter ».

Encore une activité, le théâtre, que les Galipotes ont mis de côté comme les boeufs musicaux à la salle de la Trèche à Sanvignes. Qu’il paraît loin le temps où plus de 400 personnes venaient écouter musiciens et chanteurs, partager un verre, prendre du bon temps… Et toujours en faveur d’une association, lui donner un coup de pouce.

L’excitation est tombée comme un soufflé. Malgré le confinement, Fabiola et Pascal gardent un lien avec les adhérents. Pas tous évidemment, ils sont 1226, mais « grâce à Facebook, nous échangeons régulièrement même si, au fil des jours, les contacts sont plus espacés. C’est un peu normal, il ne se passe pas grand-chose non plus » admet Fabiola. « Comment ça va ? ça va, bref rien de transcendant.

Du temps, la présidente et le trésorier en ont. Alors ils bricolent, façonnent, réhabilitent des objets pour le théâtre ou le boeuf. « Toujours avec de la récup' » tient à souligner Fabiola. Un manche de pioche avec un embout de tringle à rideau et quelques paillettes se transforment en brigadier. « J’ai toujours voulu avoir ce genre d’objet pour frapper les trois coups avant le lever de rideau ». Il servira, c’est certain, mais quand ?

« S’ennuyer est tellement tristounet » (Fabiola Giorgi)

C’est aujourd’hui la question que tout le monde se pose quand bien même la date du 11 mai 2020 devrait être le coup d’envoi du déconfinement progressif. « Nous sommes dans l’attente, que pouvons-nous faire d’autre, nous n’avons aucune lecture de l’avenir » raisonne un Pascal Trentin putatif. Relancer les ateliers du savoir-faire, les balades avec moins de dix participants. « Nous pouvons tout envisager ».

« Forcément la vie de l’association est bouleversée, la nôtre également, mais nous ne sommes pas démoralisés pour autant » note Fabiola et son sourire communicatif.

Dans leur quartier à Saint-Vallier, chaque soir « nous sortons pour applaudir celles et ceux qui veillent sur notre bien-être et notre santé ». Un élan de générosité bien dans l’esprit des Galipotes. Au même titre que les marchés drive, à Ciry-le-Noble et Sanvignes. « C’est chouette ce que les gens sont capables de mettre en place ».

Bientôt deux mois que la France est confinée et même si tout le monde a hâte de recouvrer la liberté, Fabiola s’interroge néanmoins sur l’avenir des associations. « Cette peur du virus ne va-t-elle pas nous empêcher de reprendre notre vie d’avant et notamment moins fréquenter les associations et leur de notre temps ? »

Oui, non, difficile de trancher. « Ne nous laissons pas abattre, s’ennuyer est tellement tristounet » assure Fabiola.

Avec son brigadier, elle est prête à frapper les trois coups. Qu’un prince charmant d’un doux baiser vienne sortir l’association de son sommeil. Aux Galipotes, l’avantage, c’est de croire toujours aux contes de fées.

Jean Bernard

Un commentaire

  1. Pour rompre la morosité, écoutons les bons conseils du Docteur Marcel :
    https://youtu.be/RIA0wKF8Q6Q
    Bonne journée à tous

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