Commune 1871 – Hommage du PCF à Jean-Baptiste Dumay

Jean-Baptiste DUMAY, symbole de la révolte ouvrière.

Il y a 150 ans, le 18 mars 1871, la Commune de Paris fut proclamée, prit des mesures importantes en faveur du peuple puis fut sauvagement réprimée par les forces réactionnaires de Mr Thiers et prit fin le 28  mai 1871 ( plus de 30 000 morts).

 

Le Creusot proclame aussi la Commune le 26 mars 1871. Ses animateurs principaux furent Adolphe ASSI, Benoit MALON, Jean Baptiste DUMAY et bien entendu les ouvriers de l’usine Schneider et une grande partie de la population.

 

La proclamation de la Commune du Creusot fut précédée par les grandes grèves de janvier et mars 1870, grèves des ouvriers métallurgistes et des mineurs. La troupe fut envoyée (3000 hommes) mais fraternisa avec les ouvriers. La grève prit fin le 24 janvier , 60 ouvriers furent renvoyés de l’usine. A noter qu’à cette période ASSI avait élaboré déjà un projet de forge coopérative.

 

En mars 1870, VARLIN (grand communard Parisien) vint au Creusot créer les bases d’une section de l’Internationale. Le 21 mars 1870, nouvelle grève des mineurs cette fois-ci, le gouvernement envoie 3 régiments contre les mineurs grévistes. Benoit MALON, ouvrier teinturier parisien, prend la direction de la grève. Les femmes sont très engagées dans le mouvement. Après 23 jours de grève, le 15 avril, le travail reprend. Les grévistes n’ont pas gagné mais la Commune arrivera bientôt,

 

Le 8 août 1870, la population du Creusot manifeste contre la déclaration de guerre à la Prusse du 19 juillet 1870, Jean Baptiste DUMAY, qui a préparé cette manifestation (4000 manifestants), est le nouveau symbole de la révolte ouvrière. Début 1870, il avait des problèmes de santé et ce sont surtout ASSI et Malou qui avaient conduit les grèves de janvier et mars. Cette fois-ci il est le principal responsable de l’activité révolutionnaire qui va se dérouler.

 

Dès le 9 août il est renvoyé de l’usine suite à son action dans la manifestation du 8 août

 

Mais le 2 septembre 1870 le peuple parisien renverse l’empire : Eugène SCHNEIDER (président du corps législatif) s’exile en Grande Bretagne car le 4 septembre la République est proclamée.

 

Au Creusot, lutte pour le pouvoir local. Un comité républicain est créé. Une garde nationale est créée également mais les ouvriers en sont écartés. Un comité de défense nationale finalement élit  Jean Baptiste DUMAY pour président. Puis  Jean Baptiste DUMAY est nommé maire provisoire par le préfet . Une garde nationale populaire (cette fois) est composée de 3 bataillons. Dumay et ses amis prennent déjà des mesures sociales telles que le crédit chez les boulangers aux familles ouvrières, couvert par la commune.

 

Le 31 octobre , à Paris, le peuple manifeste contre le gouvernement bourgeois réactionnaire. Le 30 octobre, les Creusotins volontaires partent vers Dijon pour aider Garibaldi à l’appel de DUMAY.

 

Le 26 novembre, Gambetta blâme Dumay qui démissionne mais devant le soutien de Creusotins, DUMAY revient.

 

L’armistice est finalement signée le 28 janvier 1871. Le 8 février 1871 aux élections législatives, la liste républicaine obtient 77 % des voix.

 

Le 26 mars proclamation de la Commune du Creusot. Elle tiendra 3 jours. Jean Baptiste DUMAY doit se cacher puis fuir. Idem pour ses camarades. Il fuit à Genève le 10/07/1871 et sera condamné aux travaux forcés le 9 septembre 1871.

Il est amnistié en 1879, milite  à nouveau au Creusot et en Saône et Loire de 1879 à 1882 puis part à Paris et obtient 24 % des voix aux élections municipales de 1884. Il milite à la fédération des travailleurs socialistes puis au parti ouvrier socialiste.

 

Il est élu conseiller municipal avec 36 % à Belleville puis député en 1889. Il fut régisseur de la bourse de Paris de 1896 à 1905.

 

La Commune du Creusot (3 jours) ne put réaliser ce que fit la Commune de Paris dont l’œuvre sociale fut importante : règlement du problème des loyers, remise des dettes et suspension des poursuites , dégagement gratuit du mont de piété, achat en gros de denrées pour les vendre à prix coûtant, interdiction du travail de nuit des ouvriers boulangers, interdiction des amendes et retenues sur salaire….., naissance de coopératives, telle la marmite, coopérative alimentaire rattachée à l’internationale.

Enfin, appliquant le principe de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, la Commune voulait que l’enseignement soit laïc, gratuit et obligatoire.

 

Jean Baptiste DUMAY partageait toutes ces orientations démocratiques et de justice sociale et y est resté fidèle tout au long de sa vie militante au service du peuple.

 

 

 

Nous nous reconnaissons en lui et poursuivrons, à notre époque, ce que fut son combat.

 

 

 

 

La section PCF du bassin Creusotin

4 commentaires :

  1. Ah ! Robespierre et la Commune de Paris

    Ou quand le communisme réécrit l’histoire

  2. Bonjour camarades. Si il est juste de rendre hommage à Jean Baptiste Dumay il ne faut pas pour autant en faire un héros.
    Vous oubliez sciemment de préciser que profitant de sa position sociale et de sa fortune il se sauva en Suisse en 1871 pour échapper à la répression en laissant à leurs destins funestes les pauvres bougres ( petit peuple) qu’il avait appeler à mener la révolution.
    De même qu’en 1890 il se rangea du côté des Allemanistes .
    Il est donc de ceux qui comme beaucoup ont appelé le peuple à se soulever et qui déguerpissement dés que les évènements sont en leur défaveur.
    Rendre un tel hommage à un homme puissant, riche et protégé alors qu’il a abandonné le peuple du Creusot à une Mort certaine est un peu fort de la part des Camarades mais aujourd’hui plus rien ne m’étonne de leur part.

    • Bonjour Camarade,
      Un peu comme De Gaulle planqué en Angleterre lors de la seconde guerre mondiale et chez son ami Massu à Baden-Baden en mai 68.

  3. De la bonne récupération des anniversaires..
    Celui de la Commune de Paris (150 ans) et de celle du Creusot ne devrait pas occulter celui de la Commune de Cronstadt (centenaire) écrasée dans le sang du peuple révolté, elle aussi, en mars 1921. Mais là les tueurs étaient les Bolcheviks qui marquaient la fin des espoirs nés de la revolution de 1917 et le début de la tyrannie totalitaire.

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