CODEF – Le chef de l’Etat au chevet de l’hôpital de Montceau

Le CODEF communique – Le 13 Mai 2019, le Codef a reçu un courrier de la présidence de la République, une réponse lui a été apportée.

Le contenu de ce courrier contraste avec les précédents dans la mesure où il n’est pas qu’un simple accusé de réception et parce qu’il transmet notre démarche au préfet de Saône et Loire. Du coup le Codef a sollicité une audience auprès de celui-ci.

Monsieur le Président, (du Codef NDLR)

La nouvelle correspondance que vous avez souhaité adresser au Président de la République lui est bien parvenue.
Le Chef de l’Etat m’a confié le soin de vous remercier de votre démarche et de vous assurer qu’il a été pris connaissance de vos préoccupations réitérées concernant la situation du centre hospitalier de Montceau-les-Mines a également été pris bonne note de votre souhait que l’offre chirurgicale soit incluse dans la définition du label « hôpital de proximité » prévu par le projet de loi relatif à l’organisation et à la transformation du système de santé.

Comme vous le savez, l’élaboration du modèle des hôpitaux de proximité a débuté dès cette année dans le cadre du projet de loi susmentionné. En vertu de ce texte, qui est en cours d’examen au Parlement, les établissements labellisés exerceront une activité de médecine qui comprendra, le cas échéant, des actes techniques, et offriront des consultations de plusieurs spécialités, disposant ou donnant accès à des plateaux techniques d’imagerie et de biologie médicale.

A titre dérogatoire, et afin de favoriser l’accès aux soins et au regard des besoins de la population et de l’offre présente sur un territoire concerné, je puis vous indiquer qu’un hôpital de proximité pourra, sur décision du directeur général de l’agence régionale de santé, pratiquer certains actes chirurgicaux. La ministre des solidarités et de la santé fixera par arrêté la liste limitative des actes concernés pouvant intégrer ces dérogations, après avis conforme de la haute autorité de santé.

Par ailleurs, en fonction des besoins de la population et de l’offre de soins présente sur les territoires sur lesquels ils sont implantés, j’ajoute que les hôpitaux de proximité pourront notamment proposer une médecine d’urgence, des activités prénatales et postnatales, des soins de suite et de réadaptation ainsi que des soins palliatifs, et apporter leur expertise aux autres
acteurs par le biais d’équipes mobiles.

Dans ce contexte, je n’ai pas manqué d’appeler de nouveau l’attention de Madame Agnès BUZYN, ministre des solidarités et de la santé, sur votre intervention. J’ai également transmis votre correspondance au préfet de Saône-et- Loire afin qu’il en soit informé.

Croyez bien que Monsieur Emmanuel MACRON connait l’urgence en matière de soins dans certains territoires. A cet égard, si des réorganisations sont parfois indispensables, il a cependant annoncé lors de sa conférence de presse du 25 avril dernier, qu’il n’y aurait plus de fermetures d’hôpitaux d’ici à 2022. Vous pouvez être certain de son engagement ainsi que celui de Madame
BUZYN pour apporter des solutions rapides en même temps que se mettront en place les réformes de plus long terme qu’appelle notre système de santé.

Je vous prie d’agréer. Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

 

A l’attention de Monsieur Emmanuel MACRON,
Président de la République Française

Monsieur le Président,

Nous accusons réception de votre courrier cité en référence dont le contenu a retenu toute notre attention.
Au point de nous donner l’opportunité de rebondir pour rendre plus exhaustive l’analyse de la situation de notre centre hospitalier qui, dans un rayon d’accès de plus ou moins trente minutes, est au centre d’un bassin de vie de plus de 100 000 habitants. Bassin de vie au sein duquel cinquante deux Maires soutiennent nos revendications. Mais venons en à nos remarques induites par votre lettre.
Nous réitérons notre proposition d’inclure l’offre chirurgicale dans la définition du label « hôpital de proximité », ne serait-ce que pour des raisons d’équité à l’échelle nationale. Car dans l’état actuel de la proposition de loi la dérogation permettant d’exercer certains actes chirurgicaux est à la discrétion du Directeur de l’ARS.
Or Monsieur Pribile, Directeur de l’ARS Bourgogne Franche Comté y est farouchement hostile. Comme nous l’avons déjà dit, nous l’avons rencontré avec les quatre Maires du Bassin Montcellien pour lui demander le retour de la chirurgie ambulatoire : « je ne reviendrai pas à un système qui nous a mené à la catastrophe » a-t-il osé nous répondre. Réponse inqualifiable et c’est un euphémisme.
Nous ne voyons donc pas comment nous pourrions obtenir la dérogation qui, objectivement, reprenant vos propres termes, permettrait de « favoriser l’accès aux soins au regard des besoins de la population « . Besoins dont Monsieur Pribile a été informé en interne par la direction précédente de notre CH. Dans un document intitulé  » Reconfiguration Offre de Soins  » du 11/09/2018, l’ex directrice exprimait clairement son choix en s’appuyant sur la réalité sociologique de la population :

 » Le bassin de population drainé par le Centre Hospitalier de Montceau les Mines est une population vieillissante, isolée socialement dont le recours à une chirurgie ambulatoire de proximité reste un recours essentiel. »

Un recours essentiel ! Nous avons remis une copie de cet avis à Monsieur Pribile ainsi qu’une pétition ayant recueilli 4525 signatures sans pour autant susciter la moindre prise en compte de sa part. Enfermé dans sa tour d’ivoire il reste sourd à tous les acteurs de terrain. C’est tout de même quelqu’un qui a fait l’unanimité du Conseil Régional de Bourgogne Franche Comté
contre son Plan Régional de Santé, sans pour autant que cela l’émeuve !

Monsieur le Président, les directeurs d’ARS sont les représentants de l’Etat et nous ne pouvons pas penser qu’ils agissent sans votre aval ou celui de la Ministre des solidarités et de la santé. Et dans toutes les mesures prises nous ne voyons guère de solidarité mais essentiellement des fermetures de lits et de services.
Monsieur le Président il n’y a aucun débat constructif possible avec Monsieur Pribile. C’est d’ailleurs presque un exploit d’avoir obtenu une courte entrevue avec lui.

Nous voulons bien croire que vous connaissez « l’urgence en matière de soins dans certains territoires…que nous pouvons être certain de votre engagement ainsi que celui de Madame Buzyn pour apporter des solutions rapides », mais comme sœur Anne nous ne voyons rien venir.

Monsieur le Président vous ne pouvez pas affirmer d’un côté votre intérêt pour le débat et de l’autre ne pas retenir les contributions de tous les acteurs, de toutes les forces vives de la nation.

Monsieur le Président, « nous voulons bien croire », mais surtout nous attendons des actes. Nous attendons de vous la réparation de ce gâchis (le terme est celui d’un chirurgien interrogé par FR3) induit par la fermeture du bloc chirurgical de notre Hôpital. Rien ne s’oppose à ce que les chirurgiens qui y donnent des consultations avancées ne puissent pas y pratiquer les actes qu’ils prescrivent. Rien ne s’oppose, ce sont les professionnels qui nous le disent. Le bloc de chirurgie fermé depuis un an est d’ailleurs maintenu à minima pour la pratique d’actes tels que coloscopie , pose de chambre ou pacemaker.

Monsieur le Président, « nous voulons bien croire ». Alors nous attendons votre soutien pour répondre aux attentes de la population de notre bassin de vie.

Monsieur le Président, « nous voulons bien croire » car nos attentes ne sont pas antinomiques aux débats parlementaires en cours.

Monsieur le Président, « nous voulons bien croire » qu’il n’y aura plus de fermeture d’hôpitaux, mais les vider de leur contenu par la fermeture de services et de lits est une fermeture déguisée.

Monsieur le Président, « nous voulons bien croire » que vous prendrez les mesures nécessaires pour redonner vie à notre hôpital et assurer à la population de notre bassin de vie une offre de soins de proximité de qualité.

Dans l’attente,
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos sentiments citoyens.

Michel Prieur
Président du Codef

2 commentaires :

  1. c’est une reponse electorale!! certains actes de chirurgie?? recoudre un doigt??, plus de fermeture d’ici 2022? et ceux qui ont récemment fermés?? j’ai transmis votre demande au préfet!! etc etc
    le père noël est loin!

  2. Jean-François GAGNE

    Bonsoir,
    Du Bla Bla Bla , les élections ne sont plus très loin (Municipales).

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