Catastrophe au puits Plichon – Claude Prost avait pourtant alerté la direction du danger

Il avait 16 ans quand il est descendu au fond de la mine. Claude Prost est né en 1922 et toute sa vie, il a exercé le métier de mineur au puits Plichon puis à Darcy avant de prendre sa retraite en 1971.

Sa vie a été marquée comme beaucoup d’autres sur le Bassin minier, par cette terrible catastrophe le 16 janvier 1958 au puits Plichon où un tir à l’air comprimé va provoquer une boule de feu de plusieurs centaines de degrés qui parcourt la galerie. Le bilan est lourd, très lourd. Vingt mineurs vont mourir des suites des graves brûlures.

« J’avais 13 ans à l’époque et je me souviens de l’inquiétude à la maison et chez les voisins, de la ville en deuil, de la foule immense aux obsèques, de la colère des mineurs qui avait appelé à la grève dès le lendemain de la catastrophe mais aussi de l’immense mouvement de solidarité dans toute la France et même dans d’autres bassins miniers en Europe » se souvient Mauricette Januszewski, la fille de Claude Prost que la ville de Montceau a tenu à honorer en ce jour de commémoration, dimanche 16 janvier 2022 sur l’emplacement même du puits Plichon au Bois du Verne, juste à côté de la centrale de Lucy.

Claude Prost a 36 ans au moment de cette tragédie. Syndiqué très tôt à la CGT, « il était à cette époque délégué mineur et comme tous ses camarades ayant cette fonction, il était très soucieux de la sécurité » rappelle sa fille. Fin 1957 justement, soit quelques semaines avant la catastrophe, dans un rapport rédigé en sa qualité de délégué mineur, il notifie : « Non, la sécurité n’est pas assurée ».

Claude Prost n’avait que faire d’une prime de 1000 francs

Madame le maire de Montceau le rappelle, « Claude Prost pointait un certain nombre d’anomalies qu’il constatait au puits Plichon et, en particulier, le risque lié au grisou dont il avait, avec un autre camarade, constaté un léger dégagement ».

« Il avait mis en garde la direction sur les dangers d’un secteur qu’il connaissait bien, un quartier grisouteux et poussiéreux » ajoute Mauricette Januszewski. L’ingénieur en avait convenu et a accordé à Claude Prost et son camarade, une prime de 1000 francs. La réponse de son papa fut sans équivoque : « Je ne demande pas des remerciements ni une prime, seule pour moi la sécurité de mes camarades compte d’autant plus que je suis un militant ouvrier cégétiste ».

La suite, le 16 janvier 1958, lui donna raison. En vain. Vingt de ses camarades perdront la vie.

Claude Prost dont le nom est désormais associé aux souvenirs du puits Plichon, a toujours eu un engagement fort en solidarité des mineurs par son action syndicale mais également en sa qualité de conseiller municipal de 1953 à 1959 sous la mandature du docteur Mazuez dans le groupe communiste.

Sur le site du puits Plichon, le givre recouvre le lieu d’une pellicule blanche qui tranche avec cette noire et funeste journée de 1958, soixante-quatre ans après. Ici à Montceau-les-Mines, personne n’a oublié.

Jean Bernard

Vendredi 17 janvier 1958, dans Le Courrier de Saône-et-Loire (document archives départementales).

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.