Blanzy – Une conférence ? Une somme, un cours magistral

Dans la salle Coluche ce mercredi soir Gérard Soufflet (Maquisards russes en Bourgogne aux éditions de l’Armançon) et Jérémy Beurier (La bataille de MontSaintVincent – Mary) font face à une vraie foule, la salle est bondée, à la surprise des organisateurs.

Le sujet est passionnant, il parle à beaucoup et nombreux sont les membres des associations patriotiques, d’anciens combattants, résistants et déportés, et membres des familles des disparus.

Le titre de la conférence est « Bassin Minier 1943/1944… la police contre les résistants dans les mois précédant le débarquement ». Le sujet, s’il est connu, répété lors des différentes commémorations de ci et de là, reste parcellaire et ne rend jamais la plénitude de toutes les organisations et de toutes les actions collectives ou individuelles.

Cette conférence commencée à 18h36 n’en n’est pas à la moitié à 20h06. Les deux orateurs n’ont pas encore fini les actions au jour le jour, plus les histoires individuelles, des différents groupes Gaullistes ou communistes. C’est énorme, le maire en exergue a présenté la somme extraordinaire du travail effectué par les deux conférenciers. Il a raison, mais est en deçà de la réalité. Chaque groupe, chaque individu, au jour, à la semaine et dans ses interactions avec les autres, les groupes, les traîtres, les faux amis, les chemins de traverse est analysé, présenté assez exhaustivement. Il ne s’agit pas d’une conférence mais d’une somme, d’un cours magistral, d’un véritable thésaurus pour lequel souvent l’un des deux dit « cela ne sera pas narré car il faudrait une autre conférence ».

Enorme, quasiment un sujet de thèse, mais les présents ne sont pas des sommités de la Fac d’histoire. Heureusement les deux tiers des noms évoqués reportent à des hommes, des femmes, des familles, des lieux du Bassin minier. On éclaire aussi l’action du résistant André Jarrot, rôle organisationnel important. On décrit des événements, on met en valeur des actes.

Puis face à ça la répression, la police française, la gestapo, la milice. Enorme, le récit transposé en 3 épisodes n’aurait peut être pas attiré chaque fois autant de monde. Et puis il y a toujours ceux qui viennent pour écouter, apprendre et ceux qui sont les gardiens du temple et veillent à ce que les récits restent proche de la vérité officielle. Gérard Soufflet et Jérémy Beurier ont réalisé un travail de titan, ils ont aussi ouvert des portes sur les récits individuels qui ne sont pas encore fait de la multitude qui s’est levée dans le Bassin minier lors des années sombres.

Gilles DESNOIX

Un commentaire

  1. Bravo pour votre article:Sobre,efficace et clair.

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