22 août 1864 : naissance d’une utopie

Le fondateur de la Croix Rouge, Henri Dunant a pris l’initiative de faire le siège des pays européens acteurs de guerre et ayant un poids géopolitique ou diplomatique important pour qu’une convention édicte les règles humanitaires s’imposant à tous.

Le 22 aout 1864 il voit ses efforts récompensés et à Genève (Dunant est suisse et la Croix Rouge fondée en 1863 par lui aussi) 12 pays paraphent le traité (le Bade, la Belgique, le Danemark, l’Espagne, la France, la Hesse, l’Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la Prusse, la Suisse et le Württemberg suivis en décembre par la Norvège et la Suède) faisant naître le droit international humanitaire.

Cette première convention de Genève concrétise la volonté du genevois Henri Dunant d’améliorer le sort des blessés sur le champ de bataille. Le texte institue la neutralité et la protection des personnes portant secours aux blessés.

Elle édicte les règles à respecter lors des guerres concernant la protection des civils, des membres d’organisations humanitaires, des blessés ou encore, des prisonniers de guerre.

C’est une avancée gigantesque, une utopie humaniste en marche.

Les 7 textes en vigueur de nos jours sont postérieurs à la seconde guerre mondiale. Il s’agit des quatre conventions de Genève du 12 août 1949 (mondialement ratifiées), des deux protocoles additionnels du 8 juin 1977 (guerres de libération contre colonisateur ou occupant ; guerres civiles) et le troisième protocole additionnel de 2005 (utilisation de signes distinctifs reconnus par les services sanitaires et religieux des Nations unies).

Le Comité international de la Croix Rouge (CICR) est reconnu comme le « gardien du droit international humanitaire » et le défenseur des victimes de la guerre. Mais la mise en œuvre des conventions de Genève relève de la responsabilité des États parties.

Chacun fait à sa sauce et selon les circonstances. L’on s’aperçoit au fil du temps que si les conventions ont un grand poids dans la plupart des conflits, des crimes contre l’humanité ont lieu quand même, encore de nos jours.

Il existe donc dorénavant une Cour pénale internationale (CPI) instituée en juge des crimes de guerre, donc de juger les infractions graves définies comme telles dans les Conventions de Genève. Mais on voit bien les difficultés dressées par les états signataires pour faire appliquer le droit international. Trop de politique en jeu.

La Cour internationale de justice (CIJ) peut être appelée à se prononcer sur l’applicabilité de la IVe convention sur un territoire occupé (exemple Israel/Palestine)

Mais quoiqu’il en soit, le 22 août 1864 une utopie s’est concrétisée et continue d’essayer de rendre le monde meilleur ou moins follement cruel.

Gilles DESNOIX

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