Rencontre – Le Valloirien Stéphane Vilpoux, commandant de bord de « bus volant »

Moi, je veux être pompier ! Non, gendarme. Attendez, plutôt pilote de course ou encore découvreur de trésor, etc., etc.

Stéphane Vilpoux, contrairement à beaucoup d’autres, l’a fait. Depuis dix ans, il est pilote de ligne d’hélicoptère, pas ici à Pouilloux, ni à Paris ou Monaco, là-bas, tout là-bas, en Afrique, en Asie. Il vole de plateforme pétrolière en plateforme pétrolière offshore. Son job est d’emmener, ramener le personnel. « On fait la navette, on nous appelle le bus volant » souligne de Valloirien qui d’ici quelques jours, après les fêtes passées à la maison aux Bois Perrauds, va reprendre du service au Gabon.

Devenir pilote de ligne a un coût

Originaire de Montceau-les-Mines, Stéphane Vilpoux a usé ses mines de crayon au lycée Parriat et, surtout, accompagné papa à l’aérodrome de Pouilloux. « Papa faisait de l’aviation, j’ai volé avec lui et la passion est née » raconte-t-il les deux pieds collés au sol. Sauf qu’on ne devient pas pilote de ligne d’hélicoptère, « j’ai hésité avec pilote de ligne d’avion »,  en trouvant un brevet au fond d’une pochette surprise.

En 2000, il débarque à l’école Héli Bourgogne qui est devenue Protéus Hélicoptère. Outre les capacités physique et intellectuelle, « d’ailleurs aujourd’hui il est impératif de parler anglais », la formation a un coût: 45 000 € pour pilote professionnel, genre Michel Drucker, et 200 000 € pour pilote de ligne. On redescend vite sur terre.

Mais pour ceux qui ne reculent devant aucun sacrifice tel Stéphane Vilpoux, une convention est possible. « J’ai déboursé 140 000 € avec l’aide de mes parents » soupèse le Valloirien. 70 000 € de sa poche, 70 000 a rembourser sur les cinq premières années de contrat et 60 000 € offerts si on va au bout du contrat. « J’ai touché aussi 25 000 € de prime à la reconversion ».

Courir le monde et se poser à la maison

C’est véritablement en 2007 que la carrière de Stéphane Vilpoux décolle quand il entre à la compagnie Héli Union à Paris qui traite des contrats avec les pétroliers. Première mission, le Gabon en tant que co-pilote, puis le Cameroun, six ans en Birmanie où il a rencontré sa compagne (ils ont une fille qui aura bientôt trois ans) et, le 10 janvier, à nouveau le Gabon. Il est désormais commandant de bord avec un salaire de 85 000 € par an. Le sacrifice financier en valait la chandelle sans être un salaire exorbitant pour autant.

Se poser sur une plateforme en mer sur un cercle de 20 mètres de diamètre avec onze personnes à bord de l’hélico, redécoller, survoler une étendue d’eau avec toujours « le coup » de la panne, Stéphane Vilpoux maîtrise parfaitement. « Nous sommes préparés à toutes éventualités, même l’amerrissage ».

A 36 ans, sa vie est faite ainsi. Il vit de sa passion, quitte la maison pour quarante-deux jours et revient pour quarante-deux jours. Et il compte bien la vivre encore et encore. « Mais à 65 ans, c’est fini ». Il reste de la marge.

Jean Bernard

Un commentaire

  1. Super reportage et très belle photo !!
    Bravo à toi Stéphane
    Ta cousine Colette

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