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Réforme des retraites – De plus en plus compliqué à suivre…

Communiqué de la CGT du bassin montcellien – 

Et si la « réforme retraite » était un tour de passe-passe au profit de la quadrette : État, haute bourgeoisie, Medef et assurances privées ?

En 2017, le montant des pensions de retraite versées pour les fonctionnaires a été de 76 Milliards et 8 Milliards pour les régimes
spéciaux, soit une enveloppe totale de 84 milliards d’euros.

Les pensions légales servies par le régime général en 2017 s’élèvent quant à elles à 312 Milliards, dont 223 Milliards pour les régimes de base et 89 Milliards pour les complémentaires.

Aujourd’hui, tous régimes confondus, il y a (retraite + complémentaire) du côté employeur environ 11 taux différents, idem du côté des salariés.

Autant il y a de caisses de retraite, autant il y a de débats publics au sein de leur Conseils d’administrations. Cette démocratie-là, protège notre système de retraite par répartition qui ne demande qu’à être amélioré sans attendre. Par contre, avec la réforme, il n’y aura plus que la valeur fluctuante du point et un taux de cotisation unique à 28,12%. Réparti entre employeurs et salariés comme l’indique le tableau cité en annexe. La lecture de ce tableau vous permettra d’identifier facilement « ceux » qui vont
immanquablement créer du déficit !

En d’autres termes, l’immense majorité des cotisations patronales va drastiquement baisser, autant de manque à gagner pour notre système de retraite et autant de gains pour le patronat. Ce qui appauvrira fatalement le système universel dès sa mise en place et conduira à une baisse générale des pensions.

Macron jure ses grands dieux que le débat restera entre les mains des partenaires sociaux avant de passer devant le parlement. Mais, en clair, « vous décidez de ce que vous voulez pourvu que vous restiez dans l’enveloppe contrainte fixée dans la limite des 14% du PIB ». Exactement comme lors des négociations sur l’assurance chômage, « vous décidez de ce que vous voulez pourvu que vous nous présentiez un plan avec 3 Milliards d’économies. »

Ce que l’on ne dit pas c’est que l’État, avec ses petites manoeuvres sera, demain, identifié comme un employeur lambda. Si le pourcentage de cotisation baisse comme il a été précisé dans le rapport Delevoye, l’État pourrait voir sa part de cotisation passer de 74,28% à 16,87%. Une belle culbute qui lui fera économiser 40 milliards que les cotisants au nouveau régime universel de retraite devront supporter. 40 milliards à partager entre 20 millions de retraité-e-s, c’est 2 000 € de moins sur la pension
de retraite par an.

Cette réforme universelle tend à simplifier les règles au profit des employeurs, État compris, mais en sacrifiant tous les salarié-e-s toutes professions confondues. Pour bloquer le développement de la contestation, certaines professions ont obtenu « des avancées » comme par exemple le maintien du départ à la retraite à 57 ou 60 ans. Mais ces « concessions » risquent d’être très vite étouffées par le coeur de la réforme, le point et sa valeur. Il est à craindre, demain, un coup de gueule du type : « nous
nous sommes fait avoir ! »

Cette réforme qui devient de plus en plus trouble tend à prouver que les 17 millions de retraités d’aujourd’hui, ou les 23 millions attendus en 2050 devront cracher au bassinet. Dans tout ce tripatouillage, il ne faut pas oublier, nos assureurs privés, les fonds de pensions, les fonds d’investissements comme BlackRock et la haute bourgeoisie qui salivent déjà sur la sacro-sainte
spéculation à venir si chère à notre Président qui n’a pas encore saisi que la finance ne finance pas l’investissement productif.

 

2 commentaires

  1. Un tableau de la CGT vu par ailleurs donne beaucoup d’informations.

    Il met en évidence (peut-être involontaire) que les montants cotisés par les employeurs d’état ou des régimes spéciaux (donc par les impôts, cotisations, taxes, etc de tous les travailleurs et retraités du pays) montrent bien l’absurdité du système actuel ou les gens du régime général payent largement pour les avantages des autres.
    Il est bien temps de venir à plus d’équité.

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