Récit d’un fait divers tragique au cœur du Morvan

Il s’agit de l’affaire dramatique du braconnier du Morvan qui passionna la Bourgogne et le France entière en 1850/1851.

Ce fameux braconnier s’appelle Claude Montcharmont, né en 1822 à Saint-Prix, a d’abord été paysan puis maréchal-ferrant. C’est un passionné de chasse qui braconne, vu le prix exorbitant des permis. Le garde champêtre de Saint-Prix, François Gauthey le verbalise, il est arrêté puis condamné à 6 mois de prison. Il s’enfuit et se réfugie dans les bois, faisant, à la tombée de la nuit ou au petit matin, quelques furtives apparitions, chez ses parents ou chez de proches amis.

Jusque là rien de très dramatique, sauf que le 7 novembre 1850, les gendarmes d’Autun, Emery et Brouet se trouvent à la Grande-Verrière pour aller à la Petite-Chaux où demeure le père de Claude.

Là ils aperçoivent un individu suspect portant d’un fusil. Comme il s’enfuit ils le poursuivent et finissent par le rattraper. Il s’agit de Claude Montcharmont qui menace les gendarmes, tire et blesse gravement Brouet, tue Emery et reprend la fuite. Il est donc condamné par contumace.

Deux jours plus tard Montcharmont accroit l’horreur en tuant François Gauthey, qui l’a souvent verbalisé pour non-respect de la loi lors de ses parties de chasse et qu’il tient pour responsable de ses condamnations.

La cavale dure 3 semaines car il est arrêté le 4 décembre 1850. Le 29 mars 1851 débute à Chalon-sur-Saône le procès de celui que la presse surnomme « le braconnier du Morvan ». Il se termine mal pour l’accusé car il est condamné à mort. Son exécution est prévue pour le 10 mai 1851.

Ça ne se passe pas du tout comme prévu. L’exécution est publique et la foule complètement sidérée voit le condamné se débattre avec une telle rage qu’il est reconduit en prison. Il fallut faire venir le bourreau de Dijon pour que la lame de la guillotine coupe enfin le cou de Montcharmont.

Une polémique nait de cette exécution particulière et Charles Hugo dans l’Événement, écrit « Vos guillotines sont aussi mal faites que vos lois. ». Le journal est immédiatement saisi et le fils de Victor Hugo condamné à 6 mois de prison. Il sera d’ailleurs souvent condamné pour ses opinions et sa lutte contre la peine de mort.

Gilles DESNOIX

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