Présidentielle – Cyrille Politi, maire de Blanzy, entre rose socialiste et parfum de 2027

Photo fournie par Cyrille Politi.

La veille, il se trouvait dans une ferme où l’ambiance ne sentait pas vraiment la rose, pour accueillir le député Lionel Duparay et le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, venus faire leur rentrée politique. Le lendemain, le maire de Blanzy, Cyrille Politi, prenait la direction de Frangy-en-Bresse pour être aux côtés de l’ancien président de la République, François Hollande, là où, cette fois, la rose exhalait pleinement le parfum du Parti socialiste ou du moins l’une de ses nuances.

Le lendemain encore, mais à Blanzy cette fois, il retrouvait un autre parfum, plus local et sans doute plus consensuel, celui de l’andouillette au vin blanc, à l’occasion de la fête de l’andouille.

Ne cherchez pas forcément à comprendre. Ou plutôt si. Cyrille Politi se définit comme un social-démocrate, « socialiste dans l’âme », même s’il précise, « je n’ai pas la carte du parti ». Un temps proche des idées d’Emmanuel Macron, le maire de Blanzy se dit aujourd’hui davantage séduit par celles de François Hollande.

L’ancien président n’est pas encore officiellement candidat à l’élection présidentielle de 2027. Mais il occupe le terrain, multiplie les déplacements, écoute, observe et attend son heure. Et, sur le terrain, justement, il peut désormais compter sur un relais en Saône-et-Loire.

Cyrille Politi est devenu le référent de François Hollande dans le département. « C’est plus une fonction technique de politique », explique-t-il pudiquement. C’est lui notamment qui a contribué à organiser le déplacement de l’ancien chef de l’État à Frangy-en-Bresse. Il en ressort avec la conviction d’avoir rencontré « un homme qui a vraiment envie de savoir ce qui se passe sur le terrain ».

Une fois par mois, François Hollande anime des visioconférences avec ses référents. « Nous lui faisons remonter des informations », poursuit le maire de Blanzy. Une manière, pour l’ancien président, de prendre le pouls du pays, mais aussi, peut-être, de mesurer les conditions d’un éventuel retour dans le jeu politique.

Car Cyrille Politi ne cache pas sa proximité avec celui qui fut locataire de l’Élysée de 2012 à 2017. « Moi, j’aime bien Hollande. C’est un social-démocrate expérimenté et, à gauche, il remplit toutes les cases. Sera-t-il candidat à la présidentielle ? C’est à lui de le dire. Mais je suis sensible à l’idée de construire une gauche républicaine ».

Une gauche républicaine, donc, qui entendrait se tenir à distance des extrêmes et renouer avec une confrontation politique plus classique. Sur ce point, Cyrille Politi rejoint la vision défendue par Sébastien Martin, qui espère voir s’affronter « une droite républicaine à une gauche forte ».

Le maire de Blanzy pose ainsi les termes d’un paysage politique qu’il voudrait débarrassé de ses marges les plus radicales, « On écarte du coup les extrêmes ».

Entre la ferme, la rose socialiste, les visioconférences avec François Hollande et, au détour d’un week-end, une andouillette au vin blanc, Cyrille Politi trace donc son propre chemin. Socialiste sans carte, macroniste d’hier, hollandais d’aujourd’hui, en politique comme à table, il semble surtout vouloir choisir ce qui lui paraît le plus digeste.

J.B.

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