Blanzy – Marie-Thérèse et Daniel Mercier : des premiers bonjours aux noces de diamant

A 22 ans, Daniel travaillait dans une usine à Saint-Laurent-d’Andenay. « J’étais chaudronnier-soudeur », se souvient-il. Elle, Marie-Thérèse, habitait juste en face, dans le quartier de la cité du Quartz. « On a commencé par se dire bonjour et, quand il faisait chaud, elle nous apportait à boire ».

Il aura suffi de quelques bonjours, de quelques verres apportés les jours de chaleur, pour qu’une histoire commence. C’est ainsi que Marie-Thérèse et Daniel ont fait connaissance, puis se sont aimés.

Le 13 août 1966, les cloches de l’église ont carillonné pour célébrer leur mariage. Deux ans plus tard, en février 1968, ils débarquaient à Blanzy, rue de la Communauté. Ils y habitent toujours, même s’ils ont depuis changé d’adresse. Soixante ans ont passé, mais le fil de leur histoire ne s’est jamais rompu.

« Je me suis mariée à 17 ans », raconte Marie-Thérèse. Daniel en avait 22. Il lui a dit oui à son retour d’Algérie. Aujourd’hui encore, il reste très attaché à sa ville. « Je suis porte-drapeau à Blanzy », précise-t-il avec fierté.

De leur union sont nés trois enfants, Sylvie, Jean-Luc et Christine, bien connue à Blanzy où elle s’occupe du jumelage avec ses homologues allemands.

Les années ont filé, mais les souvenirs, eux, sont restés intacts.

Marie-Thérèse se souvient d’une époque où elle avait choisi de rester à la maison pour élever ses enfants. Une époque où les familles ne disposaient pas des services qui paraissent aujourd’hui aller de soi. « On n’avait pas de crèche, pas de centre aéré, on n’avait rien du tout ».

Rien du tout… sinon le temps, la présence et l’amour d’une mère auprès de ses enfants. Et c’était finalement beaucoup.

Daniel, lui, n’a pas oublié sa première voiture, à l’époque, elles étaient encore rares. C’était une Peugeot 203. Lorsqu’il regarde le monde d’aujourd’hui, il lui arrive de penser que sa jeunesse avait quelque chose que celle des jeunes générations possède peut-être moins. Une vie faite de choses simples, de moments partagés et de souvenirs qui, avec le temps, prennent une valeur inestimable.

Il se souvient notamment de ces quatre mois passés à Simandre, au bord de l’eau, avec son épouse et leur caravane. Ils partaient pêcher, prenaient le temps de vivre au rythme de l’eau et des saisons. « J’ai attrapé au moins cinq sandres de plus d’un mètre », raconte-t-il.

La pêche, Daniel y va toujours, « mais de temps en temps ». Il a aussi son jardin, dont il aime s’occuper. Sa vie professionnelle aura, elle aussi, été longue. Il a travaillé à la SNE jusqu’au jour où l’entreprise a déposé le bilan et n’a plus voulu de lui. Il avait alors 56 ans. Après plus de quarante années de travail, il était sans doute temps de tourner la page. « J’avais commencé à travailler à l’âge de 14 ans », rappelle-t-il.

Mais la retraite n’allait pas signifier l’inaction. Daniel est alors entré au comité des fêtes de Blanzy. Il y restera trente ans, dont seize comme président. C’était le temps des carnavals et des cavalcades, des chars qui défilaient dans les rues. « J’ai réalisé 62 chars dans ma vie », indique-t-il avec cette modestie qui n’empêche pas la fierté. Soixante-deux chars, autant de morceaux de vie, d’heures de travail, d’imagination et de moments partagés avec les habitants.

Et puis, au fil des années, la famille s’est agrandie. Aujourd’hui, leur plus grand bonheur, ils le vivent au présent, entourés de leurs enfants, de leurs six petits-enfants _ que des filles _ et de leurs quatre arrière-petits-enfants, trois garçons et une fille. Daniel ne cherche pas de grands mots pour dire ce que représentent ces générations réunies autour d’eux. Il dit simplement, « ce sont des trésors, c’est notre richesse ».

C’est entourés de cette famille, devenue au fil du temps leur plus belle œuvre, que Marie-Thérèse et Daniel Mercier ont célébré leurs 60 ans de mariage, leurs noces de diamant.

On dit que les diamants sont éternels. L’amour, lorsqu’il traverse six décennies et continue de s’épanouir au milieu des enfants, des petits-enfants et des arrière-petits-enfants, possède peut-être une autre forme d’éternité.

Une belle histoire, tout simplement.

Que du bonheur.

J.B.

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