Passe sanitaire – Marie Mercier défend les cafés-hôtels-restaurants

Communiqué de Marie Mercier, sénateur de Saône-et-Loire.
Depuis le début de la crise sanitaire, je suis régulièrement intervenue auprès du Gouvernement pour soutenir la filière des cafés-hôtels-restaurants (CHR), particulièrement éprouvée par la pandémie de Covid-19.
Nous partageons tous l’envie de sortir de la situation difficile dans laquelle nous vivons depuis 16 mois. Les mesures annoncées par le président de la République hier soir (lundi soir) appellent néanmoins des précisions. Aussi, j’ai écrit aujourd’hui au ministre de la Santé pour obtenir des informations complémentaires pour les professionnels des cafés-hôtels-restaurants (CHR) :

Monsieur le Ministre,

Le Président de la République a décidé d’élargir l’usage du passeport sanitaire dans l’objectif d’offrir une meilleure protection de nos concitoyens face au variant delta. Dans un esprit de responsabilité collective, ces mesures contribuent déjà à motiver les Français à poursuivre l’effort commun et à se faire vacciner massivement.

Ce matin, le porte-parole du Gouvernement a annoncé que le passeport sanitaire serait obligatoire pour l’ensemble des professionnels de la filière des cafés-hôtels-restaurants (CHR) à compter du 1er août. Je comprends le souci d’égalité invoqué : comment les clients pourraient-ils être soumis à une obligation qui ne s’appliquerait pas à ceux qui travaillent dans les établissements recevant du public ? Aussi, pour les professionnels des CHR qui ne seront pas à quatorze jours post deuxième injection au 1er août, ils devront réaliser des tests PCR dont la durée de validité est de 48 heures. Le porte-parole du Gouvernement a lui-même reconnu l’inconfort d’une telle situation.

Or, beaucoup se sont déjà engagés dans le processus de vaccination avant les annonces présidentielles, sans contrainte et en toute bonne foi. D’autres ont pris leur rendez-vous pour une première injection dès hier soir ou vont le faire dans les jours qui viennent.

Toutefois, à la différence des clients des restaurants pour lesquels une sortie est un loisir et qui disposent donc d’une liberté de choix, les professionnels des CHR font face à une véritable injonction puisqu’ils ne peuvent s’arrêter de travailler.

De ce fait, n’y aurait-il pas moyen d’envisager pour ces professionnels un passeport sanitaire spécifique et provisoire qui s’appuierait sur la preuve soit d’une première injection reçue, soit des rendez-vous vaccinaux pris ? Ou bien pourrait-on substituer pour ces professionnels les tests antigéniques ou salivaires aux tests PCR, car bien moins contraignants ?

Les interrogations à ce propos sont réelles sur le terrain.

Je vous remercie pour votre réponse, et vous prie de recevoir, Monsieur le Ministre, l’expression de ma plus haute considération.

Marie MERCIER Sénateur de Saône-et-Loire
Secrétaire du Sénat Membre de la Commission des lois
Maire honoraire de Châtenoy-le-Royal

2 commentaires

  1. Un message de bon sens de la part de notre sénatrice. Cependant, il n’aborde pas un problème essentiel qui se posera, à mon sens, aux restaurateurs. Je veux parler de l’obligation de contrôle du passe sanitaire imposée aux restaurateurs.
    45 000€ d’amende ?!?! pourquoi pas 100 000 ou 1million d’euros pendant qu’on y est ? Franchement, il y a lieu de s’interroger sur l’état de santé mentale de ceux qui ont fixé ce montant (g)astronomique (lol). Pour certains petits établissements, cela représente plus de 2 années de BENEFICES. Donc, c’est la fermeture assurée.
    De plus, encore une fois on voit bien que nos gouvernants sont totalement déconnectés des réalités. Nous ne devons pas fréquenter les mêmes restaurants. Dans les restaus ouvriers qui proposent le midi un menu du jour complet à 12-13 €, vous constaterez comme moi que les clients déboulent tous en même temps et sont pressés de manger pour reprendre le travail le plus vite possible pour pouvoir rentrer chez eux à une heure décente. Comment contrôler cet afflux avec un personnel déjà au taquet ? D’autant que, au hasard des rencontres, il arrive même que certains consommateurs changent de table. J’ai pris cet exemple mais on peut l’étendre à la grande majorité de la profession qui a déjà un mal de chien à trouver du personnel compétent et stable.
    Pour moi, si contrôle il y a, il est du ressort de la police Nationale et pas de celui d’un cuisinier, ni de celui d’un garçon de café ou d’une serveuse.
    Sauf que à l’image de tous les services publics la police manque de moyens…
    Je vous laisse réfléchir la dessus.

  2. Une dernière réaction de ma part :
    1) Il est vraiment dommage que je sois le seul à m’être emparé du sujet alors qu’en Bourgogne la sortie restaurant (quand on en a les moyens) est sans doute l’une des distractions les plus appréciées de toutes et tous.
    2) J’imagine que dans la profession hôtellerie restauration, certains vont baisser les bras. Qui rachètera leur affaire ? Selon moi, personne.
    Qui peut accepter de jouer à un jeu dont les règles changent en 2 semaines ? Je vous rappelle que la restauration a subi 3 taux de TVA différents en 3 ans.
    La clientèle se repliera donc sur les grandes chaînes (Mac Do, courte paille, Buffalo etc.). Entendons nous bien. Je ne crois en aucun cas que ceci était prémédité. Ce sera juste la conséquence de 30 ans de soumission à la loi du marché. Il ne faut donc pas s’étonner. Dans la jungle, les petits, les vieux, les malades sont mangés…
    3) J’attire votre attention sur les effets pervers de ce dogmatisme intellectuel qui prône l’initiative individuelle quand la réalité factuelle en même temps la tue.

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