Montceau/Saint-Vallier – Des tirefonds qui en disent long pour ERION

C’est au tour d’ERION France de s’implanter sur le Mecateamcluster et de construire son premier centre dédié à la maintenance de locomotives de forte puissance. Un investissement de 10.25 M€.

Une fois n’est pas coutume, les invités de marque en guise de pose de première pierre ont eu la surprise d’insérer un tirefond (une grosse vis) pour fixer un rail. Tout un symbole quand on se trouve sur le site du Mecateamcluster situé à cheval sur les communes de Montceau-les-Mines et Saint-Vallier.

En ce mercredi 11 juillet, pas de Belges à l’horizon mais des Espagnols et notamment le président d’ERION France, Daniel Martinez Alonso qui a choisi ce site pour se développer en France et rappelait néanmoins « nous sommes sur un axe ferroviaire qui va de la Belgique à l’Espagne ». Mais personne n’a évoqué le sort funeste de la Roja en Coupe du monde. Dans les affaires, on sait faire preuve de diplomatie.

Après l’inauguration de la halle du mecatealplatform, du lancement du chantier du campus, c’est au tour d’ERION d’établir sa base sur le mecateamcluster. D’ici avril 2019, s’élèvera un bâtiment dédié à la maintenance des locomotives sur le site même où du temps des houillères se trouvait l’atelier de maintenance.

Un projet qui a mis deux ans pour se finaliser entre les différents partenaires, tant publics que privés. « Nous leur avons fait sentir (aux dirigeants d’ERION) qu’ils étaient les bienvenus » soulignait David Marti, président de la communauté urbaine qui parle parfaitement la langue de Cervantes ce qui, dans les affaires, est toujours gage d’un signe probatoire.

Dans leurs interventions respectives, Guy Souvigny, maire adjoint de Montceau-les-Mines, le président d’ERION, Jean-Claude Lagrange, PDG de la Semcib, Pierre Chavelet, DG Batifranc, David Marti, Lionel Duparay pour le Département et Laëtita Martinez, vice-présidente de la Région, se sont réjouis de la réussite du projet, « un magnifique dynamisme commun » indiquait Guy Souvigny, « une belle opération industrielle » ajoutait Jean-Claude Lagrange.

Jean Bernard

REPERES

ERION France: est une filiale du constructeur ferroviaire helvétique Stadler et des chemins de fer espagnols Renfe. Elle est spécialisée dans la maintenance du matériel roulant ferroviaire dédié au fret et s’est implantée en 2012 en France notamment avec ses bureaux à Blanzy.

En 2018, la filiale assume la maintenance d’un parc de 58 locomotives.

La branche française compte aujourd’hui une quarantaine de salariés avec un chiffre d’affaires avoisinant les 5 M€. Elle vise en 2020 un CA de 8 M€ et un effectif de 60 à 80 salariés.

Un bâtiment extensible: disposé sur un terrain de 14 580 m2, le centre de maintenance ERION France occupera 4 153 m2 soit la moitié d’un terrain de football (on y revient toujours). Il pourra maintenir jusqu’à 150 locomotives par an. La société a d’ores et déjà prévu en prévision de son développement de doubler la capacité d’accueil. Des extensions sont possibles.

Le tour de fosse: le centre de maintenance sera équipé d’un tour de fosse dédié au reprofilage des essieux des locomotives. Coûteux et rare, le tour de fosse va permettre de regénérer les essieux directement sur la locomotive sans les démonter. Il n’existe qu’une dizaine de tours de fosse en France dont la plupart est installée dans les ateliers SNCF.

Coût de l’opération: 10.25 M€ dont 4.75 M€ pour le bâtiment via un crédit-bail qui lie ERION France à Batifranc, 3 M€ pour l’outillage et 2.5 M€ pour les infrastructures et aménagement extérieur (financement Semcib).

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