Montceau – « La ville ne dépense pas, elle investit »

Le rituel politico-technico-financier a été respecté lundi dernier au conseil municipal entre la majorité et les oppositions. Ce sont toujours les mêmes palabres qui reviennent inlassablement comme un disque rayé. C’est toujours la même chanson avec des interprètes qui ne changent rien aux paroles.

La mise à jour du plan pluriannuel d’investissement (PPI) a provoqué les mêmes commentaires des oppositions qu’en décembre dernier au moment de sa présentation. D’apprendre que l’ajustement du PPI sur la période 2022/2026 passait de 40 096 000 € à 42 766 000 € a donné des sueurs froides à Laurent Selvez et Eric Commeau et conforté la position de Lilian Noirot qui soutient la majorité.

Un PPI qui augmente car il prend en compte la construction à venir du cinéma avec une enveloppe d’un million d’euros, les 900 000 € affectés au centre de loisirs, la dépense informatique pour se préserver d’une cyberattaque et les ajustements prévisionnels des projets que sont l’école maternelle au Bois du Verne et la réfection du complexe Jean Bouveri.

Inquiet, Laurent Selvez l’était en décembre, très inquiet il l’est aujourd’hui. « Nous refusons de vous donner un chèque en blanc, nous ne voterons pas ce PPI » annonce-t-il. Pas mieux du côté d’Eric Commeau pour qui ce PPI est en réalité de 50 M € avec les lignes hors budget et « vous faites le pari extraordinaire d’un taux de subvention à 50% qui est du jamais vu. Vous maintenez ce cap et cette pensée magique. C’est le sac de Mary Poppins ». Une comparaison que n’a pas du tout apprécié madame le maire, Marie-Claude Jarrot. « Arrêtez de vous en prendre à ma personne ».

Lilian Noirot lui, reste logique dans sa pensée. Favorable au PPI en décembre, optimiste il reste en mars.

Faire croire aux Montcelliens que la ville dépense plus pour les affoler, « c’est parce que vous confondez dépenses et investissement » réplique Marie-Claude Jarrot à Laurent Selvez. « Nous ne dépensons pas plus, nous allons investir ».

Sacrifier deux caméras pour deux défibrillateurs

Le débat d’orientation budgétaire qui a suivi ne changera rien aux idées des uns et des autres ou peut-être vérifier qu’Eric Commeau a une dent contre la communauté urbaine Creusot Montceau « qui investit beaucoup moins sur Montceau » qu’à une époque, celle de Didier Mathus. Il cite le projet de la recyclerie, les pistes cyclables, « à faire ni à faire » dit-il, en somme, il manque une réflexion économique avec la CUCM notamment sur les installations sportives et même le cinéma étant donné qu’il existe deux projets à Montceau et au Creusot. Des paroles en contradiction avec celles d’Isabelle Louis (Energies Citoyennes et vice-présidente à la CUCM) qui a rappelé que la communauté « prend sa part ».

« Vous vous raccrochez aux branches ce qui prouve que vous n’êtes plus au courant des dossiers. Il n’y a pas de problème avec la communauté urbaine si ce n’est le périmètre de l’écomusée » lui répond Marie-Claude Jarrot.

La prise de parole de Laurent Selvez n’est guère plus rassurante en direction de la majorité. « Le budget ne répond pas à la taille de la ville qui se vide de ses habitants à un rythme inquiétant » dit-il. L’élu socialiste propose notamment un plan de relance de 50 000 € pour les associations qui ont souffert avec la crise sanitaire et de mettre les moyens pour doper l’activité économique des commerçants du centre-ville, ou encore de « sacrifier deux caméras de surveillance pour installer deux défibrillateurs cardiaques ».

« C’est votre rhétorique habituelle qui s’appelle du populisme. Opposer caméra et défibrillateur, mais c’est abominable, c’est très moche » lui rétorque madame le maire. « Vous parlez toujours d’argent. Ce n’est pas parce qu’on va mettre des millions qu’on résout les problèmes. Nous mettons les moyens au bon endroit pour une efficacité optimale » lui répond Lionel Duparay, adjoint aux finances. « Monsieur Selvez, vous êtes un homme du passé » en remet une couche Gérard Gronfier, premier adjoint.

Quant à Lilian Noirot, même s’il constate une population en baisse et un centre-ville moribond, il tresse néanmoins des lauriers à la majorité.

Lundi 21 mars 2022, à l’heure du vote du budget, nous savons déjà sur quel air de musique vont se tenir les débats.

Jean Bernard

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