Montceau – 80 ans après, la médaille de la Résistance n’a rien perdu de son éclat

Quatre-vingts ans. Une médaille. Et derrière elle, des femmes et des hommes qui, dans les heures les plus sombres de notre histoire, ont choisi de ne pas plier. En cette année 2026, Montceau-les-Mines se souvient. Dimanche 6 septembre, la commune célébrait déjà le 82e anniversaire de sa Libération. Quelques jours plus tard, elle ouvrait une nouvelle page de ce devoir de mémoire avec les 80 ans de la remise de la médaille de la Résistance à la ville.

Une distinction qui, huit décennies plus tard, résonne encore avec une force particulière. Car derrière le métal et le ruban, il y a des destins, des sacrifices, des engagements. Il y a celles et ceux qui, au risque de leur vie, ont refusé l’occupation, la peur et la résignation. Il y a une ville qui, dans la tourmente, a su rester debout.

Pour marquer cet anniversaire, la ville a imaginé plusieurs temps forts destinés à transmettre cette mémoire, mais aussi à rappeler les valeurs portées par la Résistance, la liberté, le courage, la fraternité et le refus de l’oppression. Une mémoire que l’on ne conserve pas seulement dans les livres d’histoire, mais que l’on fait vivre auprès des générations d’aujourd’hui et de demain.

Montceau sur les traces de la Résistance

Le premier rendez-vous a eu lieu mercredi 9 septembre avec le lancement de « Montceau sur les traces de la Résistance », à l’Atelier du Jour. La maire, Isabelle Louis, est venue découvrir une exposition aux multiples facettes, construite comme un véritable voyage dans le temps.

Dès l’entrée des ADJ, le ton est donné. Sous les panneaux, des documents d’époque plongent immédiatement le visiteur dans cette période où chaque mot, chaque engagement, chaque geste pouvait avoir des conséquences dramatiques. On y retrouve notamment le diplôme attestant que Montceau-les-Mines a été décorée de la médaille de la Résistance, mais également des documents rappelant combien la ville avait célébré avec faste, le 14 juillet 1946, le retour de la liberté.

A l’intérieur, l’exposition se déploie et raconte l’Occupation autrement à travers des documents, des photographies, mais aussi des dessins d’enfants issus du Musée École. Des regards d’enfants sur une époque qui, pour eux, était simplement leur quotidien. Des dessins qui, des décennies plus tard, prennent une dimension bouleversante.

Puis viennent les visages. Ceux des Résistantes et des Résistants, de ces femmes et de ces hommes dont les noms pourraient n’être aujourd’hui que des lignes dans un manuel d’histoire, mais qui furent bel et bien des acteurs de la liberté retrouvée.

Parmi eux, Lucie Aubrac. Ses parents avaient travaillé au château du Plessis et elle-même a fortement contribué au développement du groupe Résistance Libération. Son parcours rappelle que la Résistance ne fut pas seulement une affaire de grands discours, mais aussi d’engagements personnels, de courage et parfois de décisions prises dans l’urgence, avec la conscience du danger.

L’exposition réserve également une étonnante surprise avec les photographies d’un garçon de seulement 12 ans, Louis Malle. Le futur grand réalisateur de cinéma a séjourné quelques mois au château du Plessis. A cet instant, rien ne laisse encore deviner qu’il deviendra l’une des grandes figures du septième art français. L’histoire de Montceau et celle du cinéma se croisent ainsi, presque par hasard, au détour de quelques photographies.

Au fil des panneaux, le visiteur découvre également les noms des douze Compagnons de la Libération nés en Saône-et-Loire. Autant de destins exceptionnels qui viennent rappeler que le département, lui aussi, a payé son tribut à la défense de la liberté.

Une mémoire qui ne doit jamais s’effacer

Cette exposition raconte finalement bien davantage qu’une période de guerre. Elle raconte une ville, ses habitants et leur capacité à résister lorsque tout semblait perdu.

Elle raconte les heures noires de l’Occupation, mais surtout celles où des hommes et des femmes ont décidé que l’histoire ne pouvait pas s’écrire sans eux. Elle raconte la peur, les risques, les sacrifices, mais aussi l’espoir d’un jour où les drapeaux pourraient de nouveau flotter librement.

Quatre-vingts ans après l’attribution de la médaille de la Résistance, Montceau-les-Mines n’oublie pas.

Et c’est peut-être là l’essentiel. Parce que le temps efface les visages, les voix et les souvenirs personnels, il appartient aux générations présentes de les faire revivre. De raconter. De montrer. De transmettre.

Pour que les jeunes générations sachent que la liberté dont elles héritent n’est jamais totalement acquise. Pour qu’elles comprennent qu’elle a parfois un prix. Et qu’à Montceau-les-Mines, comme ailleurs, des femmes et des hommes ont un jour décidé de le payer.

La soirée s’est achevée par une conférence consacrée à Geneviève de Gaulle-Anthonioz, autre grande figure de la Résistance, dont le parcours fait l’objet d’un article à lire par ailleurs.

Parce que 80 ans après, la médaille est toujours là.

Et avec elle, une question essentielle : que ferions-nous, nous, si l’histoire venait un jour nous demander de choisir entre nous taire et nous tenir debout ?

J.B.

 

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