Macron et les gilets jaunes du Magny, rien de changé

Ils l’attendaient sans trop y croire, mais « bon un miracle est toujours possible » entend-on juste avant l’allocution du président de la République.

Dehors, il tombe des cordes. Sous la tente au camp du Magny, il fait humide, un peu froid même. Un bouquet de muguet et de jonquilles ornent la grande table, une petite touche féminine plutôt bienvenue. Presque sans importance ce jeudi soir. Autour du poste de télévision, ils sont une trentaine. Ils scrutent l’arrivée d’Emmanuel Macron qui dans quelques minutes va tirer les conclusions du grand débat national, sans grand espoir néanmoins.

Le chef de l’Etat parle, très bien comme à son habitude. Un bel exercice de style  bien maîtrisé sur son action menée depuis deux ans. Silencieux jusque-là, les gilets jaunes vont réagir quand Emmanuel Macron s’adresse aux Français : « Faut-il tout arrêter ce que nous avons fait depuis deux ans ? Je me suis posé la question » dit-il.

Réaction de GJ: « Casse-toi »

Devant la télévision, les oreilles se tendent quand il est question du vote obligatoire. « Je ne retiendrai pas cette option ». Le vote blanc ? « Même réponse. Les sifflets fusent sous la tente.

« Nous ne sommes pas assez intelligents pour comprendre » (un gilet jaune)

Les minutes s’égrainent, les paroles du président sont sans effet. « Ou il nous endort, ou il nos énerve » délivre un gilet jaune. D’autres : « On ne peut pas zapper ? », Un café, on s’endort », « Un mars et 100 balles », « J’étais en train de faire du fromage de tête, j’aurai mieux fait de continuer », « C’est trop long, il s’éparpille, il n’est pas structuré », « Il ne raconte que des conneries ».

Une heure que le président parle, l’attention sous la tente tombe. La pluie est toujours aussi drue. Les premières analyses émergent. « On va monter une maison en dur. Il est toujours arrogant dans sa manière de s’exprimer. Mais il est très fort, il a parlé de tout le monde, même des gilets jaunes mais sans rien dire. Il n’a pas répondu à nos attentes. J’ai compris que nous ne sommes pas assez intelligents pour comprendre ».

Moins catégorique et avec davantage de maîtrise, « je vais regarder ça à tête reposée et voir où sont les entourloupes » déclare un gilet jaune. A côté de lui, un autre enchaîne: « Je pensais qu’il allait lâcher un morceau pour calmer la rue, mais rien ! »

Ce 25 avril 2019, le mouvement des gilets jaunes vient de retrouver son second souffle.

Jean Bernard

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Un commentaire

  1. Pour moi, la solution n’est pas dans une nième distribution de becquée. Plutôt que de donner, il faut apprendre aux gens à se développer professionnellement pour pouvoir ensuite accèder à des emplois mieux rémunérés. Nous sommes 65 millions sur une planète de plus de è milliards de personnes. La France et les français ne décident de rien. Il faut donc s’adapter.
    Pour cela, dès le plus jeunes age, les enfants doivent comprendre que sans travail à l’école, point de salut. Vous me donnerez toujours des exemples de gens qui ont réussis sans l’école, c’est vrai, mais c’est une infime minorité.
    Donc, plutot que de buller à l’école, raconter qu’on est pas fait pour l’école, clamer que l’école ne fait rien pour vous, mettez vous à bosser. Tout le monde est capable de décrocher un CAP/BEP, un diplôme proffesionnel qui valide un savoir faire et qui sera recherché par une entreprise. Et pour ceux qui sont meilleurs, et bien, le superieur (BTS, IUT, Université, écoles spécialisées) octroit moulte diplômes qui permettront d’accèdes à moultes métiers. Mais il faut bosser. L’Etat octroit des bourses pour les moins fortunés.
    Ensuite, tout au long de la vie, il faudra se former, apprendre, se mettre à jour, voir changer de métier si le siens devient un métier à faible valeur ajoutée (donc faiblement payé) ou s’il devient concurencer par les pays en voix de developpement.
    Pour cela, la becquée ne sert à rien, il faut apprendre à apprendre et à se remettre en question. Dans la vie, rien n’est acquis, et les tuiles sont fréquentes. Mais avec un bagage scolaire, et professionel que l’on maintient à jour, on se donne plus de chances de s’en sortir. Prendre des décisions, si possible les bonnes, et ne pas attendre la becquée ….. Si on se croise les bras, ils faut alors croiser les doigts et ne pas compter sur les autres ……
    Ce que j’attendais du discours du Président, c’était des décision fortes sur l’école, la formation professionnelle. Mais cela ne fut pas le cas, ou alors je n’ai pas tout compris. J
    Quant à la remarque « Nous ne sommes pas assez intelligents pour comprendre », elle est inacceptable. Trè peu de personnes ne sont pas intelligentes. L’intelligence, cela se travaille, par la curiosité, la découverte, la recherche de la compréhension, comment ça marche, que se passe t’il si je fais comme cela, comme ceci etc …. Bref, être « intelligent », c’est une attitude, une volonté, quelque soit le niveau auquel on se trouve. Oui, tout le monde n’est pas Einstein, chercheur en physique ou médecin, mais 99% des personnes peuvent se mettre dans une situation de compréhension du monde qui l’entoure, comprendre les interactions, faire preuve d’ingénuosité dans la vie de tout les jours (bricolage, optimisation de son budget, et à ce titre, nous avons eu un magnifique article sur Sylvain je crois de Joncy, qui fait preuve d’une remarquable intelligence pour amélioerer son quotidien et celui de sa fille face à ses problèmes personnels), d’anticipation et de reflexion. J’ai l’impression que beaucoup de personnes ne se mettent pas d’elle même dans cet état d’esprit, et attendent qu’on leur donne la becquée.

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