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Samedi soir, au marché nocturne de Blanzy, il serait presque passé inaperçu. Assis tranquillement sur un banc, Guillaume Warmuz partageait le verre de l’amitié avec quelques proches et sa maman, loin de l’agitation et des projecteurs.
La veille pourtant, vendredi 22 mai, l’enfant du bassin minier, celui qui, à cinq ans à peine, foulait déjà la pelouse du stade municipal qui porte aujourd’hui son nom, a vécu un moment d’éternité : le sacre du RC Lens au Stade de France.
Lens, c’est son club. Celui où il a grandi, mûri, brillé durant dix années intenses au point d’y devenir un gardien de légende. « Je suis lié à ce club, il est en moi, je suis en lui », souffle-t-il avec une émotion intacte.
Alors, à l’approche de cette finale historique face à l’OGC Nice _ une Coupe de France que les Sang et Or n’avaient jamais soulevée en cent vingt ans d’existence _, Guillaume Warmuz a ressenti le besoin d’être là. Lui qui, en 1998, avait vu le trophée lui échapper après une finale perdue 2-1 contre le PSG, a rejoint, à la veille du grand rendez-vous, la mise au vert du groupe de Pierre Sage au château de Chantilly.
Face aux joueurs et au staff, l’ancien portier lensois a livré bien davantage qu’un discours, il a transmis une mémoire, une cicatrice, une espérance. « J’ai partagé mon expérience de cette finale perdue, ce que j’ai vécu dans la déception comme dans ce qu’elle peut apporter », raconte-t-il.
Les joueurs ont écouté religieusement les paroles de celui qui incarne une part de l’âme lensoise. « Il nous a fait comprendre à quel point ce serait historique. Si nous la gagnions, il la gagnerait avec nous », a confié Pierre Sage sur le site Lens.com.
Guillaume Warmuz avait quelque chose à transmettre. Et ce qu’il n’avait pu accomplir en tant que joueur du RC Lens, il l’a finalement vécu autrement, dans ce rôle qu’il définit modestement comme « une sorte d’ambassadeur ».
Car son histoire avec Lens ne s’est jamais interrompue. Dix années au club, l’amour indéfectible des supporters, et désormais sa GWS Academy, ouverte depuis un an à deux pas du centre d’entraînement et du centre de formation, tout cela lui confère une place singulière dans la maison sang et or.
« Il existe un lien particulier dans la famille des gardiens de but. Pierre Sage l’a été lui aussi et, comme je n’ai jamais coupé les ponts avec le RCL, les affinités se sont renforcées », explique celui que beaucoup surnomment « Gus ».
Alors, naturellement, les dirigeants se sont rapprochés de lui. Parce qu’au-delà des fonctions et des générations, ils partagent le même socle, l’amour du club.
Le Blanzynois se souvient encore de cette année 1998 où tous les rêves semblaient permis. Championnat, Coupe de la Ligue, Coupe de France, il pouvait tout gagner. Il lui manquera finalement un trophée. Pendant vingt-six ans, cette absence est restée là, discrète mais tenace.
Jusqu’à ce soir de mai.
« J’ai gagné par transmission », analyse-t-il avec pudeur. « Il y a un peu de moi dans cette victoire contre Nice. J’ai apporté ma petite pierre à l’édifice. Voilà… j’ai bouclé la boucle ».
Et comme si le destin avait voulu parfaire le symbole, ce triomphe lensois coïncidait avec son anniversaire. Difficile d’imaginer plus beau présent.
Pourtant, une fois les célébrations lancées dans le Nord, Guillaume Warmuz a choisi une autre route. Pas celle des fumigènes et des chants interminables, mais celle qui ramène à l’essentiel. « J’ai préféré redescendre en Bourgogne pour voir ma maman », dit il simplement.
Dans sa voix demeure encore la joie de ces heures suspendues. Et surtout ce souhait adressé aux Lensois, « qu’ils savourent, qu’ils partent heureux en vacances. Parce que la saison prochaine, ils seront attendus partout, en Ligue 1 comme en Ligue des champions. Il faudra confirmer ».
L’ancien gardien, qui a tant marqué les années de sa présence sur les terrains, peut désormais regarder l’histoire avec sérénité. Le RC Lens a enfin inscrit son nom au palmarès de la Coupe de France.
Et lui, quelque part, y a trouvé sa propre victoire.
« Maintenant, j’ai tout gagné », glissait-il avant de reprendre la route des vacances.
En juillet, sa GWS Academy reprendra ses quartiers d’été. Mais, au fond, quelque chose s’est définitivement apaisé ce soir-là au Stade de France.
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J.B.
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