Le rosé ce n’est pas tout blanc

Les globules blancs défendent l’organisme, les globules rouges transportent l’oxygène, mais les globules rosés ? : s’interrogeait Gouriot dans les brèves de comptoir… Maintenant on le sait, les globules rosés transportent à grande échelle de l’escroquerie. Pas tous, mais quand même…

Un petit ballon de rosé, bien frais, bien agréable, comme l’encensait Muriel Robin dans son sketch du BBQ, c’est l’été, le farniente, le plaisir, l’hédonisme… et il y a des gougnafiers outre Bidassoa qui s’immiscent en fraude dans nos bouteilles et cubis à l’étiquette promettant, croix de bois-croix de fer, un nectar français.

J’en frémis, et je n’ose plus trinquer avec vergogne.

La DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) renifle l’arnaque depuis fin 2015, elle a lancé des enquêtes tous azimuts, (producteurs, importateurs, distributeurs, restaurateurs). Résultats, ce n’est pas tout rose, les enfants. 1 établissement sur 5 présente une anomalie d’étiquetage sur la francisation pure et simple de la bouteille. « Vous préférez Côte du Rhône, Provence ? … vous aurez de l’espagnol ! »

Si nous prenons la peine de vous en parler, à vous esthètes de la dive bouteille, c’est qu’il ne s’agit pas de quelques milliers mais de millions, 10 millions de fausses bouteilles découvertes chez quatre très gros négociants français de vin … alors pensez donc chers leveurs de coude conviviaux, les dizaines de millions non découvertes.

On se récriera, oui, bon, bien sûr, mais bien frais… et où est l’arnaque  en dehors de l’appellation ?

Dans votre portemonnaie, tout simplement, vin espagnol à 0,30 le litre contre 0,90€ pour du rosé français, vendus tous deux 3 ou 4 euros en cubis, mais 16€ le litre en moyenne en carafe de 50cl au restaurant.

Vous faites comme vous voulez, mais c’est un peu rageant tout de même et cela pénalise nos vignerons, pèse sur la répartition des aides européennes et sur la collecte des taxes, donc sur nos impôts.

Mais, bon s’il est bien frais…

A votre santé

Gilles DESNOIX

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