Le RIC par ricochet

Parmi les nombreuses revendications du mouvement des «gilets jaunes », une s’est progressivement imposée : le référendum d’initiative citoyenne (RIC).

Le RIC, plébiscité par les gilets jaunes est une idée au départ plutôt marquée à l’extrême droite. Malgré tout, l’idée figurait dans les propositions de la plupart des candidates et candidats à l’élection présidentielle de 2017. Excepté Macron…

Le RIC, démocratie directe, une bonne idée ?

D’après une recherche récente réalisée par Le politologue Loïc Blondiaux, professeur à l’Institut d’études politiques, il serait préférable de favoriser la démocratie participative plutôt que la démocratie directe (LE RIC).

La démocratie participative est locale, elle incarne les problèmes du quotidien de sa ville, de son quartier, de son village qui ne sont pas forcement les mêmes ici qu’ailleurs.

Elle implique les citoyens et les invite à comprendre les mécanismes du fonctionnement politique parfois opaque au niveau local (la prise de décision conduisant à investir l’argent public par exemple).

La démocratie participative permet de prendre part à la vie politique et implique les citoyens et citoyennes dans le débat politique local au travers de référendums, de budget participatif, de jury de citoyens, de débats publics.

A l’opposé, le RIC est national et a toutes les chances de renforcer ce que l’étude des sondages d’opinion a déjà montré: le poids des arguments idéologiques, interdisant de penser la diversité et la complexité des choses, l’exacerbation des peurs et des émotions, le manque d’informations, la désinformation, les raisonnements trop souvent politisées (les gens qui se sentent plutôt de droite répondent plutôt ça, ceux qui se sentent plutôt de gauche répondent ça, etc.).

Tout cela pourrait très vite mettre en ruine tout véritable débat et le risque de capture par des intérêts privés ou politique risquerait fort d’écraser tout sur leur passage.

Caricaturée par Ségolène Royal, incomprise des intellectuels français, la démocratie participative est pourtant une partie de l’avenir de la démocratie.

« Une conception dans laquelle les citoyens ne sont plus considérés comme des enfants à la recherche d’un père ou destinés à demeurer sous la tutelle d’experts, mais comme des sujets politiques capables de raisonner et de produire des jugements dignes d’être pris en compte.  » (1)

La démocratie participative ne peut exister sans les citoyens et citoyennes qui écoutent, posent des questions et surtout proposent pour leur territoire.

Parole d’andouille

(1) – « Le nouvel esprit de la démocratie, actualité de la démocratie participative « , Loïc Blondiaux, Seuil, « La République des idées « ,

3 commentaires

  1. Je ne suis pas entièrement d’accord avec votre analyse, d’ailleurs Mélanchon, qui est de gauche défend le RIC et l’a même proposé au cours de sa campagne, mais s’il en a parlé sous une forme un peu différente. Aujourd’hui, il est encore plus clair à ce sujet.
    C’est bien le RIC qui permet, au contraire de ce que vous dîtes, aux citoyens d’être réellement acteurs de leur vie. En Suisse, il y a un référendum tous les trois mois et ça marche plutôt bien. En Italie aussi, mais le RIC italien est limité. Les GJ veulent un RIC en toutes matières, ce qui supposera la réécriture d’une partie de la constitution, et une VIe république. Vu que celle de 58 date tout de même un peu, c’est plutôt pas mal.
    Évidemment cela suppose que chacun soit suffisamment responsable, qu’il s’intéresse à la vie de son pays et qu’il oeuvre pour le bien de la collectivité.
    Il y a aussi des risques, forcément, mais ça aussi c’est normal et tout peut être mis en place pour limiter au maximum certaines prises de pouvoir.
    Si la démocratie participative peut fonctionner, le RIC peut fonctionner de la même manière.
    Bien entendu tout n’est pas si simple, surtout qu’aucun d’entre nous, et ce depuis l’enfance, n’est habitué à penser par lui-même et à prendre des responsabilités de taille, mais collectivement, ça peut fonctionner, et cela, de mieux en mieux.
    Même si l’honnêteté n’est pas toujours (euphémisme…) de ce monde, nous avons des exemples parmi d’autres peuples que ce système n’est pas si bête. Ça ne s’appellent pas le RIC, mais ça fonctionne pareil.
    Il est temps que le peuple fasse entendre sa (ses) voix puisque ses représentants ont cesser de le faire.

    • Le peuple le peuple le peuple… Une commodité de langage pour dire qu’on a rien compris au monde !

      La démocratie participative n’est pas confortable, ce n’est pas la solution miracle tant qu’on ne sort pas d’une politique d’assistance au bénéfice d’une politique de responsabilisation en donnant à chacun un revenu minimum décent, pas une perfusion.

      Chaque électeur est aussi éligible !!!

      Peut-on indéfiniment brûler ce que l’on élit sans aller défendre ses idées et proposer ses alternatives lors des élections ?

      Alors, à vos programmes et sortons une fois pour toute du magouille blues à bout de souffle en prenant nos responsabilités d’électeur et d’éligible.

  2. Bonsoir Monsieur,
    Relisez bien le préambule de mon propos.
    Merci de votre commentaire.
    L’Andouille

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