L’Andouille Carioca



Rio, son soleil et cette année, son carnaval politisé.

Le Bassin minier, son temps froid et ses carnavals policés. 

Ou comment expliquer le carnaval aux grands.

Sous un soleil de plomb, Rio rugissait d’allégresse la semaine dernière pour son carnaval qui a pris fin samedi dernier. Près de 6 millions de personnes ont participé à la gigantesque fiesta annuelle de la Cité merveilleuse où, depuis le début du mois, les défilés de rue battent leur plein.
Le carnaval manifestation dont les origines remontent à la fin du XIXème siècle est plus politisé que jamais en cette année électorale incertaine au Brésil. Sur les chars du traditionnel défilé des écoles de samba, ont figuré au milieu des plumes et des strass un rat géant symbole du politicien véreux au Brésil, un vampire, une libidineuse ventrue, fumant le cigare nue, et moult créatures effrayantes. Autant de métaphores censées dénoncer les maux qui rongent le pays : corruption, intolérance religieuse, discriminations sexuelles et raciales, inégalités.
Le président grimé en Dracula à cause de sa politique d’austérité
Le président le plus impopulaire de l’histoire du pays, Michel Temer, doit terminer son mandat fin 2018. L’école de samba Paraíso a rendu « hommage », bien malgré lui, avec un char à l’effigie de Dracula, personnage auquel le président est régulièrement associé en raison de sa politique d’austérité sélective et de leur troublante ressemblance physique.
Honni par de nombreux fans du carnaval pour avoir réduit les subventions de moitié cette année et pour ses discours moralisateurs, l’austère maire évangélique de Rio, Marcelo Crivella, réputé allergique à l’exhibition de chair dénudée, n’échappera pas au vitriol. L’école Mangueira paradera son nom tatoué sur un énorme derrière bien bombé… d’autres étaient décorés à l’effigie du géant pétrolier Petrobras ou encore du stade du Maracana, tout deux au cœur du plus gros scandale de corruption de l’histoire du Brésil.
On ne plaisante pas avec le carnaval au pays des Cariocas !
De Rio au Bassin minier, il y a un grand pas… et le carnaval n’a pas tout à fait le même sens et la même saveur. Chez nous, c’est l’hiver et loin des revendications politiques des défilés de Rio. Nos chers bambins : Princesses, Spider Man et clowns divers ont fêté monsieur carnaval dans le froid, la neige et les confettis pour le plus grand bonheur de tous et c’est bien ainsi.
Mais nous, Cariocas du Bassin minier, ne pourrait-on pas rêver d’un carnaval à l’image de celui de Rio qui joue le rôle de « porte-parole » du peuple?
Tous dans la rue avec la caricature, la danse, la musique comme seule arme pour dénoncer ainsi la corruption qui gangrène la classe politique, le marasme moral qui suffoque les plus faibles et l’intolérance qui discrimine et tue.
Dans la bonne humeur, cette utopie serait un retour aux critiques sociales traditionnelles fortes plus que salutaire en ces temps à venir.
Parole d’Andouille

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