Disparition – Philippe Akar, parachutiste du SAS, il a participé à la libération de Montceau-les-Mines

Document France Libre.

« L’ENGAMENT, C’EST CE QUI PORTE UNE VIE »

HOMMAGE À MONSIEUR PHILIPPE AKAR

(1919 – 2022)

 

Le Préfet de Saône-et-Loire, Julien Charles, a appris avec émotion le décès lundi dernier, à l’âge de 103 ans, de Monsieur Philippe Akar.

 

Il salue avec respect la mémoire de ce grand résistant.

 

Après des études d’ingénieur dans le corps des Mines de Paris, M. Akar est mobilisé dès le mois de novembre 1939. Il fait ses classes en Angleterre, puis participe à la campagne de 1940. En 1942, il reprend le combat et est capturé en Espagne, où il subit plusieurs mois d’enfermement. Il rejoint l’Angleterre en mai 1943 par Gibraltar et s’engage auprès du Général de Gaulle en tant que parachutiste du SAS (Special Air Service). En août 1944, il est parachuté avec le 3ᵉ Bataillon de SAS en Saône-et-Loire. Chef de la section démolition-sabotage du régiment, il participe à de nombreux sabotages des voies de communication empruntées par les Allemands. Il contribue notamment à la libération des villes de Montceau-les-Mines et de Montchanin en septembre 1944, et à la préservation des équipements industriels du bassin minier. À nouveau parachuté l’année suivante en Hollande, il est capturé par les Allemands et devient prisonnier. Il réussit finalement à s’évader d’un camp près de Breme avant la capitulation nazie. Monsieur Akar s’est ainsi engagé sans relâche pour défendre la liberté de son pays, malgré les enfermements et les blessures, durant toute la durée du conflit.

 

Après la guerre, Monsieur Akar a également joué un rôle essentiel dans la construction de la mémoire de ce chapitre de notre histoire. Il a notamment occupé pendant plus de 35 ans les fonctions de vice-président national de l’Amicale Française des Parachutistes SAS. Il était très connu du monde associatif combattant, grâce à son investissement remarquable et à sa personnalité dynamique et attachante. Une fois retraité de sa longue carrière d’ingénieur dans l’industrie, Monsieur Akar s’est installé à Ameugny, non loin des lieux où il a combattu en 1944. Il a alors raconté ses souvenirs de guerre dans un livre, Parachutistes au 3e SAS, ma guerre 1939-1945 (Atlante Editions, 2007), et participé à des rencontres avec des écoliers.

 

Ce parcours exceptionnel a valu à Monsieur Akar plusieurs récompenses. Il a d’abord été promu Chevalier de la Légion d’Honneur à Lyon en 1944, puis élevé au grade d’Officier en 1961. En 2003, à la demande du Premier Ministre, Philippe Akar s’est vu décerner le grade de Commandeur de la Légion d’Honneur. Enfin, en 2016, il a été élevé à la dignité de Grand Officier de la Légion d’Honneur. Il a toujours insisté pour dédier toutes ses récompenses à ses camarades de combat, vivants ou disparus, qu’il considérait comme aussi dignes que lui.

 

Au mois de novembre 2021, Philippe AKAR a été interviewé par le service départemental de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG) de Saône-et-Loire dans le cadre d’un projet de création de courtes émissions radiophoniques (podcasts) sur les anciens combattants du département, toutes générations du feu confondues. Son témoignage sera ainsi conservé aux archives départementales et pourra servir de support pédagogique pour des projets mémoriels et citoyens à destination des jeunes générations.

 

Comme il le disait lors de cette dernière interview : « Aujourd’hui, beaucoup de jeunes ont peur de s’engager. Je veux leur dire qu’il ne faut pas avoir peur. L’engagement, c’est ce qui porte une vie. »

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