Département – Médecins : les spécialistes font suite aux généralistes

Tout juste trois ans après l’annonce de la création d’un centre de santé départemental, dispositif unique pour permettre à la collectivité départementale de Saône-et-Loire de recruter des médecins généralistes, le président Accary vient d’annoncer le volet 2, une suite du projet très attendue par les Saône-et-Loiriens, se doter de spécialistes.

Le Département de Saône-et-Loire a refusé la fatalité du déclin des soins de proximité et a proposé, avec la création d’un centre de santé départemental, une réponse coordonnée et garante de l’équité territoriale.
Il est ainsi devenu le premier Département (métropolitain) à expérimenter la création d’un centre de santé à l’échelle de son territoire afin :
• d’apporter une réponse souple et rapide aux besoins des bassins de vie frappés par la désertification médicale ;
• de constituer une offre attractive pour attirer, avec des conditions d’exercice adaptées (salariat des médecins), de nouveaux médecins en Saône-et-Loire, sans générer de concurrence entre collectivités locales ;
• de favoriser la complémentarité entre les acteurs de la prévention et des champs sanitaires et médicosociaux, de développer le travail en réseau et d’améliorer la réponse sanitaire aux besoins croissants liés au vieillissement de la population.
Après trois années de fonctionnement, le centre de santé départemental de Saône-et-Loire fait désormais partie des acteurs importants de l’offre de soins de premiers recours. Ce concept initialement unique en France a fait des émules, au point d’être repris dans certains Départements et Région (Départements de la Corrèze et de l’Orne, et Région Centre Val de Loire).
48 collectivités, dont 33 Départements, ont souhaité découvrir le projet et le fonctionnement du dispositif déployé en Saône et Loire.



3 QUESTIONS À… ANDRÉ ACCARY, PRÉSIDENT DU DÉPARTEMENT DE SAÔNE-ET-LOIRE
La santé ne relève pas des compétences départementales, pourquoi vous y être intéressée ?
La santé est la préoccupation de 81% des Français, selon un sondage IFOP pour le Journal du Dimanche du 10 mai dernier. La désertification médicale, en milieu rural mais aussi dans les agglomérations, est une réalité. Nous avons fait le constat dès 2016 avec 110 médecins généralistes seulement pour 100 000 habitants en Saône-et-Loire, soit 635 libéraux ou salariés et un
nombre prévisible de départs à la retraite pour 35 % d’entre eux. Les nombreux dispositifs déployés tous azimuts montraient leurs limites, nous nous devions d’agir. La santé n’est pas de notre compétence mais devant l’urgence de la situation, nous ne pouvions rester les bras croisés.
Ce constat vous a permis de créer le centre de santé départemental, où en cette solution ?
J’ai en effet pris mes responsabilités en créant en 2017 le premier centre de santé départemental de France. En deux ans, ce dispositif a permis de recruter 55 médecins généralistes salariés et d’ouvrir 24 lieux de consultations.
Aujourd’hui 15 000 personnes ont retrouvé un médecin traitant, 75% des Saône-et-Loiriens disposent d’un lieu de consultation à moins de 15 minutes de chez eux. Nous continuons le recrutement. Pour autant, nous sentons bien dans nos territoires qu’il faut aller encore plus loin.
Aller plus loin, c’est recruter des spécialistes ?
Notamment. Comme pour les médecins généralistes, de nombreuses spécialités sont aujourd’hui en sous-densité en Saône-et-Loire* : 3,4 de dermatologues pour 100 000 habitants contre 5,6 en France ; 8,5 de cardiologues contre 10,4 ; 7,2 d’ophtalmologues contre 8,5 ; 2,3 de gynécologues contre 4,1 pour ne citer qu’eux. Les solutions ? Le recrutement direct, les partenariats avec les libéraux ou établissements hospitaliers, la télé-expertise. D’autres projets sont lancés pour compléter et étendre les heures de garde, renforcer les équipes avec des assistants médicaux ou en formant des étudiants en médecine.



En 2020

Afin de cibler les spécialités à déployer de manière urgente en Saône-et-Loire, une analyse territoire par territoire sera menée au regard de l’offre mais aussi des partenariats possibles.

Plusieurs possibilités sont envisagées pour proposer cette offre de soins en centres de santé :
• le recrutement direct dès octobre 2020.
• la mise en place de consultations avancées : appui sur les professionnels existants, les partenariats devront être poursuivis avec les établissements de santé.
• le recours à la télé-expertise.

Mais aussi… supprimer les ARS et aux Départements de gérer les EHPAD

 

 

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