Culture – Et si l’Arc perdait sa flèche « scène nationale » ?

La déclaration de Fribourg sur les droits culturels à 20 ans.

« Sur chaque territoire, les droits culturels des citoyens sont garantis par l’exercice conjoint de la compétence en matière de culture, par l’État et les collectivités territoriales ».
Depuis le retrait en 2014 des compétences culture de la communauté Urbaine Creusot-Montceau, notre territoire a été bien ébranlé au niveau culturel.
Le rideau a été tiré sur le festival de musique actuelle « Les Giboulées » qui chaque année proposait une programmation riche en nouveautés et déplaçait beaucoup de monde extérieur au territoire. Que dire d’un TSB moribond, festival qui donnait à Montceau une reconnaissance culturelle nationale. C’était aussi le rendez-vous des Montcelliens où chaque année nous avions plaisir à nous retrouver à l’ombre d’un chapiteau pour partager de grands moments musicaux loin des derniers promus des victoires de la musique….
Que dire aussi du départ des trois professionnels de la culture du territoire, nous pouvions lire dans certaines plaquettes de saison culturelle que la culture n’était pas une barrière d’ajustement budgétaire, FOUTAISE !
Et si l’Arc perdait son label « Scène nationale » quelles en seraient les conséquences pour le territoire, comment une ville comme Le Creusot pourrait seule financer un tel vaisseau?
La mutualisation et la cohérence de ces différents lieux durant plusieurs années avaient permis bon nombres de projets communs en matière d’actions culturelles pour les plus jeunes ou encore d’accompagnement et de soutien sous forme de coproduction pour les compagnies régionales ( et oui c’est de l’emploi aussi la culture).
Cette cohérence permettait aussi une « circulation » des publics sur ses différentes structures et rendait de fait le territoire plus attractif, résultat , retour à chacun son clocher et la caravane passe….

La Déclaration de Fribourg de 2007 sur les droits culturels promeut la protection de la diversité et des droits culturels au sein du système des droits de l’homme. Elle est le fruit d’un travail de 20 ans d’un groupe international d’experts, connu sous le nom de « Groupe de Fribourg » coordonné par Patrice Meyer-Bisch.
Cette Déclaration rassemble et explicite les droits culturels qui étaient déjà reconnus, mais de façon dispersés dans de nombreux texte internationnaux.
Les droits culturels reconnaissent à toute personne de pouvoir participer à la vie culturelle de son choix et exercer ses propres pratiques culturelles dans une société démocratique.
Le bilan de ce qui existe au niveau local ou régional est mitigé, et une évaluation est plus que nécessaire au vu du bilan.
Il est évidemment possible que nos chèr(e)s élu(e)s aient caché leur jeu en estimant, par exemple, que la reconnaissance des droits culturels seraient destinés seulement à une poignée de « cultureux utopistes » alors qu’ils sont destinés et bénéfiques à tous.
Je comprendrais cette position frileuse si elle était énoncée par un élu du Front National. En revanche, elle est injustifiable pour un Elu Républicain puisque l’enjeu de garantir les droits culturels, au nom des droits humains fondamentaux, consiste, d’abord, à protéger la liberté d’expression artistique.

Le développement de l’accès à la culture passe par une véritable éducation artistique et culturelle dès l’école avec une politique qui se veut être ambitieuse et vertueuse pour tous.

En ce sens, l’enjeu des droits culturels est d’abord politique. Il est le contrepoison démocratique aux extrémismes politiques dont on saisit particulièrement la présence dans les urnes, depuis quelques temps. La loi sur l’organisation de la République ne peut l’ignorer.

Alors sommes- nous en droit d’exiger que l’État et les collectivités respectent les droits culturels de chacune et de chacun et de nous faire grâce des programmations catalogue des grosses boîtes de production parisienne et du vu à la TV ?

Alors un peu d’audace Messieurs-Dames et respecter nos droits culturels avec une vraie politique de territoire, et «faisons humanité ensemble», pour reprendre la définition même de la culture de la Déclaration de Fribourg.

Le territoire a raté son rendez-vous avec l’histoire du service public de la Culture !
Mais il n’est jamais trop tard… parole d’Andouille

La bafouille de l’andouille

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