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Confinement – Etre un artiste pour Régis, ce n’est pas du Gateau

Après le 11 mai prochain, tout ne sera plus comme avant. Ce virus bouleverse la vie de milliards de personnes et qu’importe leurs situations sociales, tout le monde est impacté. Rare qu’un ennemi invisible fasse à ce point l’unanimité.

Le confinement concerne tout le monde et touche toutes les couches de la société même les artistes. Petits ou grands.

Depuis le 16 mars dernier, le monde du spectacle est à l’arrêt, celui de l’animation également. Le plus souvent, on les retrouve sur les réseaux sociaux à partager des vidéos, des messages. Pour beaucoup, chanter, jouer quelques jours dans le mois, animer une manifestation, apporter un peu de bonheur chez les personnes âgées, ne les classaient pas au rang de « vedettes », ils partageaient leur passion sans rechercher la notoriété, ils cherchaient ce contact avec leur public, cette petite lumière qui éclairait un quotidien déjà loin d’être rose.

Régis Gateau, dix ans qu’il pratique l’animation, dix ans que les standards de la chanson française emplissent de joie les maisons de retraites et les EHPAD de la région. Du jour au lendemain, « l’activité s’est totalement arrêtée » explique-t-il. « Mais quelques semaines auparavant déjà, dans les EHPAD, les résidents étaient confinés et les contrats annulés ».

Indépendamment du manque à gagner, « c’est surtout ce lien social qui me manque, ces échanges avec les personnes âgées, de leur apporter du bonheur, de les entendre murmurer les paroles avec toi » dit-il encore désabusé.

Pas de contrat, pas de charge, pas de contact non plus

Les maisons de retraite et les EHPAD, Régis Gateau va probablement attendre un moment avant que les murs résonnent de ses chansons. « C’est quand même 50 à 55% de mon chiffre d’affaires lui même amputé des animations dites commerciales, du genre le slalom à Saint-Vallier, le rallye des Gueules noires ou les puces à Saint-Léger-sur-Dheune. Même chose avec les grandes surfaces commerciales. « Je ne sais pas quand ça va repartir mais si rien ne se passe d’ici juillet, on va dire que l’année 2020 est morte, jamais je ne pourrais rattraper ce manque à gagner ».

Avec son statut d’auto-entrepreneur, « j’ai au moins cette chance, pas de contrat, pas de charge et là, je n’ai aucun contrat » précise-t-il.

Animateur, chansonnier, Régis Gateau ne vit pas seulement d’amour et d’eau fraîche. « Heureusement » admet-il, « j’ai un boulot à côté, 70 heures par mois. Alors pour faire bouillir la marmite, les deux ne sont pas de trop ».

Quant aux aides allouées par l’Etat, notamment les 1 500 euros, le dossier est prêt mais c’est le contexte du moment qui l’inquiète davantage. « Je suis optimiste de nature mais là, j’ai des doutes. Je ne vois pas les gens, même après le 11 mai, faire la fête du jour au lendemain. Et dire qu’au début, autour de moi on me disait, ne t’inquiète pas, ça ne va pas durer… »

Néanmoins, malgré ce coup de déprime, Régis Gateau conserve toujours la foi. Chaque jour ou presque, il descend au sous-sol, branche son matos et pousse la chansonnette, « ça me fait un bien fou ».

Si vous le voyez avaler des fleurs du cerisier dans son jardin à Saint-Romain-sous-Gourdon, pas un mot, tout est normal et sous contrôle.

Il s’imagine au temps des cerises.

Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur
Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur

Jean Bernard

Un commentaire

  1. Bravo Régis. Un petit clin d’œil nature et artistique, cela repartira. N’es craintes, courage.
    A bientôt.
    Richard

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