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Confinement – Déportation : rien ne doit être oublié

Journée nationale du Souvenir des Victimes et des Héros de la Déportation.

 A Montceau-les-Mines mais à Blanzy comme à Saint-Vallier, malgré l’annulation des cérémonies en raison de la pandémie du covid-19, les municipalités ont tenu néanmoins à déposer une gerbe en souvenir aux victimes et héros de la Déportation.

En comité très restreint, Marie-Claude Jarrot, maire de Montceau-les-Mines et Gérard Gronfier, adjoint notamment aux manifestations mémorielles, se sont recueillis au monument aux morts au monument de la Résistance et de la Déportation à Bel Air en présence également d’un agent de surveillance de la voie publique.

Un rappel sur cette période dramatique de la déportation.  Il y a soixante quinze ans, au printemps 1945, plus de 700 000 hommes, femmes et enfants étaient regroupés dans ce qui restait de l’univers concentrationnaire et génocidaire nazi à l’agonie.

La moitié d’entre eux devait encore périr, notamment dans les marches de la mort, avant que les armées alliées, dans leur progression, n’ouvrent enfin les portes des camps sur une insoutenable vision d’horreur.

Les survivants de ce drame du genre humain, par leur esprit de résistance, leur volonté et leur profond attachement à préserver leur dignité, ont surmonté des conditions inhumaines malgré la présence et la menace permanentes de la mort.

Le 1er octobre 1946 s’achevait le procès de Nuremberg qui fondait la notion de « crime contre l’humanité » et posait les bases du droit pénal international.

De tout cela, rien ne doit être oublié …

Le message de Marie-Claude Jarrot – La situation à laquelle nous sommes confrontés depuis quelques semaines est inédite. Inédite dans sa forme, dans son étendue mais aussi dans les conséquences auxquelles elle nous contraints.

Qui aurait pu imaginer en effet se résoudre à accompagner nos défunts dans des espaces de recueillement quasi vides, ajoutant du désarroi à la peine des familles et des proches ?

Qui aurait pu aussi imaginer pouvoir honorer la mémoire de nos compatriotes disparus sur des lieux de mémoire laissés à la seule compagnie du premier magistrat de la Ville et d’un porte drapeau ?

Sans doute personne.

Et pourtant, c’est ce qu’il nous revient de faire aujourd’hui. Au nom de toutes les Montcelliennes et les Montcelliens. Au nom du peuple de Montceau.

Ensemble, unis par la pensée et réunis par cette responsabilité collective, nous saluons, comme chaque dernier dimanche d’avril, la mémoire des victimes de la Déportation.

Il s’agit là d’un devoir. Parce que contrairement à un virus contre lequel, et nous l’espérons le plus rapidement possible, la science trouvera un vaccin, il n’existera sans doute jamais d’antidote à toute idéologie violente et destructrice qui se propage, et l’histoire du XXème siècle nous l’a prouvé, telle la pire des pandémies.

Face à cela, nous devons résister et rappeler le parcours ou la mémoire de celles et ceux qui ont porté dans leur chair, dans leur cœur, et pour leur vie entière, les traces indélébiles de ces mois ou ces années de misère à l’issue desquels certains ont pu s’en sortir et reprendre leur vie et leur place dans la société.

Certainement qu’au cœur-même de l’ignominie, les beautés de l’âme humaine et les forces du courage se sont révélées à quelques uns pour s’entraider ou se soutenir durant l’horreur de ces camps où des hommes ont conçu et exécuté le pire des crimes mais où d’autres ont résisté en réinventant chaque jour la solidarité.

Pour ceux aujourd’hui d’entre les Montcelliennes et les Montcelliens, qui se portent le mieux dans cette période de confinement ou d’isolement, puisse le temps qui leur est offert, qui nous est offert, nous permettre de se découvrir ou se redécouvrir des âmes solidaires, des âmes de bonté telles qu’il y en a tant ici sur notre territoire.

Ces mots de bonté et de solidarité qui prennent tout leur sens en ces jours. Ces mots qu’il nous est si agréable de décliner par des actes au quotidien.

A l’inverse de ces mots qui ont manqué aux libérateurs des camps ou se sont refusés à leurs rescapés pour tenter de qualifier cet abîme de souffrance dans lequel ils ont été plongés, les poussant, jusqu’à leur dernière force, à pousser contre leurs bourreaux une clameur que rien n’aurait pu éteindre.

Puisse aujourd’hui en tous cas cette cérémonie donner au mot de souvenir son sens le plus ardent pour que ne jamais s’éteigne la flamme de la mémoire. Cette mémoire dont Paul Valery nous rappelle qu’elle est l’avenir du passé.

 

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