Confinement – Commerces, et pourquoi pas un « acheter-creusot-montceau.fr »

La tribune de Charles Landre, conseiller de l’opposition au Creusot.

Quatre propositions concrètes pour le commerce local.

 Le confinement tel que décidé par le gouvernement a certainement ses limites, il est peu lisible, finalement peu contraignant, et, en favorisant la concurrence de plateformes mondiales face aux chaînes locales ou aux indépendants, il sacrifie une part importante du tissu économique du pays et de notre territoire. En premier lieu les restaurateurs et les cafetiers à qui nous devons tous témoigner de notre soutien.

Mais l’explosion du nombre de personnes en réanimation imposait de prendre des mesures. L’histoire jugera si ce sont les bonnes. En attendant, des soignants se battent par milliers face à la maladie.

 

Alors plutôt que l’invective et les postures, nous pouvons mettre en place, localement, des mesures concrètes pour soutenir efficacement le commerce local.

 

La digitalisation des activités économiques et commerciale n’est plus un débat. Elle est l’évolution brutale du monde que subissent violemment les commerçants de nos communes.

 

A l’échelle des communes ou des intercommunalités, il existe depuis longtemps des moyens d’engager la transformation inéluctable du commerce local et de soutenir son évolution. Si elles sont mises en place dès maintenant et efficacement elles permettront à moindre coût de sauver des commerces et d’engager leur transformation structurelle.

 

Première mesure, urgente, installer une plateforme d’achat en ligne commune aux indépendants. Un tel modèle existe niveau national, c’est le modèle lalibraire.com ou à l’échelle intercommunale à l’image d’« acheter-grand-nancy.fr ». Un modèle qui fonctionne. Alors installer ce portail unique d’achat, par exemple « acheter-creusot-montceau.fr » peut être fait très rapidement et à moindre coût. C’est vital.  Ayons confiance dans notre capacité à lutter face aux GAFA et à proposer des plateforme d’aussi bonne qualité.

 

Deuxième élément les livraisons pourraient être assurées pendant trois mois par les services intercommunaux ou les éventuels coûts de livraison pris en charge toute la durée du confinement par la CUCM. Ceci le temps de mettre en place un mécanisme de livraison commun.

Troisième mesure, une communication massive, à l’image des moyens mobilisés régulièrement et forts justement au service de la culture, pour mettre en valeur les commerces locaux. Les moyens de communication jusqu’ici timidement utilisés (diffusion d’un article ou deux dans les magazines municipaux) ne sont pas à la hauteur de la communication de 2020. L’affiche, les réseaux sociaux, la vidéo et une communication personnalisée et incarnée doivent être enfin utilisés.

 

Enfin, alors que de nombreux commerçants essayent tant bien que mal de communiquer nous pouvons les aider à faire mieux. A l’image de ce qui est réalisé dans le cadre des fonds FISAC pour la rénovation des locaux commerciaux, l’intercommunalité peut s’engager sur la base de 500 euros maximum par commerce (soit un montant déjà suffisant pour  l’essentiel des commerces) pour subventionner la mise en place d’un site vitrine performant.

On peut d’ailleurs regretter que cela n’ait ni été fait il y a déjà plusieurs années (alors que la CUCM subventionnait par exemple pour 85000 euros, la mise en place d’une plateforme sans le suivi et la démarche commerciale adéquats, j’avais alerté sur le sujet) ni, encore plus grave, dès le premier confinement (je l’ai proposé également). Il faut faire le constat de l’échec de ces stratégies passées et mettre en œuvre ces solutions rapidement. De leur succès dépendra l’avenir d’une partie du commerce local.

 

Surtout ce sera l’occasion de rompre avec cette forme de populisme qui revient à se féliciter de l’ouverture de nouvelles zones commerciales d’une part et à dire soutenir le commerce indépendant de centre ville lorsqu’il est menacé d’autre part.

 

Le risque pandémique, dans un monde interconnecté, ne cessera de croitre. On le voit, la capacité des sociétés à accepter le risque et la mort est de plus en plus faible. Même si le confinement est évidemment une solution qu’on ne peut répéter indéfiniment, la transformation des rapports sociaux et des modes de consommation induits par ces deux réalités contradictoires ne fait plus aucun doute.

 

Alors face au confinement, plutôt que la passivité ou l’agitation, choisissons d’agir de façon responsable. D’abord en soutenant par le respect des gestes barrières et des mesures de précaution le travail de soignants submergés (125 % de lits de réanimation publics sont occupés en Saône-et-Loire), ensuite en agissant concrètement à l’échelle des intercommunalités pour soutenir le commerce local.

 

Si ce défi est relevé rapidement il permettra de sauver de nombreux commerces dans nos communes. Pour le commerce rural comme le commerce indépendant de ville, les intercommunalités n’ont pas le choix, elles doivent le faire vite et être efficaces. Je les y enjoints.

 

Charles Landre

2 commentaires :

  1. Merci ! Que cela fait du bien de lire des propositions concrètes plutôt que des paroles acerbes. Niveler par le haut plutôt que par le bas, quel changement ! Je ne suis pas commerçante mais me désole des propos des habitants du bassin minier.
    J’espère que ce projet verra le jour.
    Certains rayons de supermarché ferment. Certains doivent crier victoire, pendant que d’autres vont se retrouver au chômage. Et je ne parle pas que des vendeurs de ces rayons. Avant que les produits arrivent en rayon, il faut les produire, les acheminer….
    Mais réfléchir plus loin que son nombril est bien compliqué pour la plupart !

  2. Bravo pour cette idée, totalement en phase avec ce qu’a écrit Virginie.

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